Le Temps Pascal
Bien que sommet et fondement de toute l’Année liturgique, le
Temps Pascal semble moins retenir l’attention des fidèles, et ne pas les
mobiliser autant que l’Avent et surtout le Carême.
Cela tient sans doute au fait que la Cinquantaine pascale
paraît à beaucoup comme une longue marche plate qui s’accommoderait d’une
certaine nonchalance, après une montée ayant requis énergie et dynamisme.
Une telle manière d’envisager et de vivre ce Temps liturgique
fait passer à côté de la grâce dont il est porteur. La vie chrétienne
est en effet tout entière sous le signe de la Pâque du Christ – qui est au cœur
de chaque célébration de l’Eucharistie et des sacrements.
• La première Lecture de chaque dimanche est empruntée
au Livre des Actes des Apôtres. C’est une sorte de chronique de l’Eglise
apostolique. Son auteur, saint Luc, y relate un certain nombre d’événements
qui s’étendent de la naissance de la première communauté chrétienne à Jérusalem
jusqu’à la fondation de celle de Rome.
Il en dégage le sens, et en fait ressortir l’importance pour l’Eglise
entière et son avenir. Il montre en particulier comment la foi en la résurrection
du Seigneur et la docilité à l’Esprit Saint animaient les Apôtres, les nouveaux
convertis, et les diverses communautés. Là se trouve l’explication du
développement rapide de l’Eglise et de son extension dans le monde.
Voilà pourquoi le Livre des Actes des Apôtres reste, aujourd’hui
encore, une référence précieuse et stimulante. Les circonstances ont
changé, les défis qu’il faut affronter sont inattendus, souvent inédits. Que les Eglises et les communautés chrétiennes
d’aujourd’hui – en particulier les nôtres, en Occident – comme celles dont parlent
les Actes des Apôtres, soient à l’écoute de l’Esprit, qu’elles fassent preuve d’un
zèle et d’une audace missionnaires comparables, sans se replier frileusement
sur elles-mêmes, ni se crisper sur leurs problèmes internes !
• La deuxième Lecture est tirée d’un écrit apostolique :
- Les années A – La Première Lettre de saint Pierre, sorte
de circulaire pastorale, sans doute écrite peu avant la persécution par Néron
(en 64), est adressée aux chrétiens dispersés dans « le Pont, la Galatie,
la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie » – régions qui correspondent au Nord
et au Nord-Ouest de la Turquie actuelle. La conduite de ces disciples, qui ne sont
certainement pas des néophytes, intrigue et irrite leur entourage. Qu’ils ne se
laissent pas abattre, qu’ils se réjouissent plutôt : ils ont part à la
gloire du Christ, et ils témoignent de sa résurrection.
- Les années B - La Première Lettre de saint Jean
révèle une évidente parenté littéraire et doctrinale avec le IVème évangile :
pas de plan développé de manière logique, linéaire, déductive – ni davantage de
raisonnements. Comme dans les grands discours de son Evangile, saint Jean
reprend sans cesse les mêmes sujets fondamentaux, qui s’articulent autour d’une
idée centrale : nous sommes en communion avec Dieu dans la Foi et la
Charité (= l’amour de Dieu dans le prochain). C’est donc de la vie chrétienne
« ordinaire » qu’il s’agit de bout en bout.
- Les années C – L’Apocalypse
de saint Jean relève d’un genre littéraire qui n’est représenté dans aucun
autre écrit du Nouveau Testament. Livre étrange avec ses nombreuses visions d’un
surréalisme souvent déconcertant (si l’on n’a pas été familiarisé avec ce genre
littéraire dans les écrits du Premier Testament). Au-delà d’un climat
incontestablement catastrophique, c’est un message d’espérance que proclame
cette Révélation. Elle s’ouvre et s’achève sur une grandiose évocation de la
manifestation du Fils de l’Homme, le Christ ressuscité dont la victoire est
célébrée au ciel, et à laquelle participent ceux qui ont cru en lui.
• Quant aux évangiles du dimanche, ils sont empruntés à
saint Jean, celui du deuxième dimanche de Pâques étant commun aux trois Années liturgiques (Jn 20, 19-31) – à l’exception de celui du troisième dimanche (années
A et B), tiré de saint Luc : récit de la rencontre de Jésus avec
les deux disciples qui faisaient route vers Emmaüs (Lc 24, 13-35 :
années A ; Lc 24, 35-48 : années B).
A travers ce parcours, le Temps Pascal offre la possibilité de découvrir et de contempler
– à des hauteurs différentes et de plusieurs points de vue – l’inépuisable richesse et les innombrables
implications du Mystère central de la Foi chrétienne, afin de l’intégrer, progressivement
et de mieux en mieux, dans la vie quotidienne.
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Deuxième Dimanche de Pâques
Commentaire patristique:
De saint Augustin (sur saint Augustin, voir note en cliquant
ici), in Sermon aux jeunes
baptisés :
Je m’adresse à vous, enfants nouveau-nés, tout petits dans le
Christ, nouvelle postérité de l’Eglise, grâce du Père, fécondité de la Mère,
pieux bourgeon, nouvel essaim, fleur de notre parure et fruit de notre labeur,
ma joie et ma couronne, vous tous qui vous tenez debout devant le Seigneur.
Aujourd’hui, c’est l’octave de votre naissance.
Aujourd'hui est achevé en vous le sceau de la foi, qui se
faisait chez les anciens pères avec la circoncision de la chair, le huitième
jour de la naissance charnelle. Car c’était en figure le dépouillement
de la mortalité dans ce membre humain par où l’homme naît pour mourir.
C’est pourquoi le Seigneur lui-même, en dépouillant
par la résurrection la mortalité de la chair, en réveillant un corps, non pas
différent certes, mais pourtant à jamais immortel, a marqué de sa résurrection
le jour dominical, le troisième après le jour de sa passion ; mais dans l’ordre
des jours après le sabbat, le huitième qui est aussi le premier.
C’est pourquoi vous aussi sans le faire encore dans la
réalité, mais déjà par une espérance assurée – à la fois parce que vous tiendrez
le sacrement de cette réalité et parce que vous avez reçu en gage l’Esprit – « si
vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où le
Christ demeure assis à la droite de Dieu ».