Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Textes tirés du
Nouveau Testament





Les Actes des Apôtres






• Ac 1, 1-11
 
En plaçant au début du Livre des Actes des Apôtres, comme à la fin de son Evangile, une notice sur l’Ascension du Seigneur, saint Luc fait entendre d’emblée que la mission de l’Eglise continue celle de Jésus. La tradition a surtout retenu qu’au moment de son départ le Seigneur a institué les Apôtres témoins de sa résurrection et prédicateurs de la Bonne Nouvelle dans le monde entier. Saint Luc ne manque pas de le rappeler. Dans le Livre des Actes, il situe la promesse de l’Esprit et l’ordre de mission dans le cadre d’un ultime repas que le ressuscité a pris avec ses Apôtres avant de disparaître à leurs yeux : ce qui rappelle l’apparition aux deux disciples d’Emmaüs, et donne à ce repas d’adieux une coloration eucharistique.

Le contexte:
Sur Ac 1,1-26: Luc reprend le cours de son récit de l'histoire de Jésus et de l'Esprit là où il l'avait abandonné dans son premier livre, l'évangile: le départ de Jésus lors de l'Ascension annonce la venue de l'Esprit lors de la Pentecôte (Lc 24,49-53).
Ce temps inauguré par la Pentecôte sera celui du rassemblement du peuple du Royaume dans le monde entier, à partir de Jérusalem (Lc 24,47-48; Ac 1,8).
Les verrous de la Samarie et des nations païennes sauteront avant que le Royaume éternel de Dieu ne soit établi sur terre (v.7). Mais avant la Pentecôte elle-même, il faut que les "chefs des tribus" de l'Israël nouveau, qui bénéficiera de l'accomplissement des promesses du PT soient tous nommés (vv.15-26).

Commentaire rhétorique sur Ac 1,1-3:
On oppose souvent la rhétorique biblique – qui est une branche de la rhétorique sémitique – à la rhétorique dite « classique », gréco-romaine. Roland Meynet résume la nette différence entre ces deux façons de s’exprimer par la formule « le Grec démontre, le Juif montre ». La binarité, la parataxe, les constructions concentriques que nous avons souvent rencontrées en hébreu sont en effet bien différentes des développements linéaires de la rhétorique « occidentale ».
Cependant, on trouve bon nombre d’hébraïsmes dans la LXX, ainsi que dans nombre de textes qui ont été rédigés en grec. En revanche, la culture grecque, ses catégories, et surtout sa logique – donc sa rhétorique – ont certainement exercé une influence sur ceux qui, par la force des choses, se sont inculturés dans le monde grec du seul fait qu’ils écrivaient dans sa langue.
C’est le cas dans les longues périodes ( = phrases très structurées) des Ac et dans les épîtres deutéro-pauliniennes.

Cette première phrase des Ac – particulièrement longue, puisqu’elle se déroule sur trois versets, et complexe – ressemble par sa forme aux prologues des orateurs grecs, et est très éloignée de la parataxe hébraïque.

On peut en schématiser ainsi l’analyse logique (les numéros qui précèdent les propositions indiquent leur degré de subordination ; les verbes, noyaux des propositions, sont soulignés, les subordonnants encadrés) :

Ø.  J’ai fait mon premier livre sur toutes les choses, ô Théophile : PRINCIPALE

1. {que} Jésus avait commencé à faire et à enseigner depuis le jour : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « toutes les choses »

2. {où} … il fut enlevé : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « le jour »
* ayant instruit les apôtres : participe apposé à « Jésus » repris par le pronom « il » -> inclusion dans la relative

3. {qu’} il avait choisis par l’Esprit Saint : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « les apôtres »

3. eux {auxquels} il s’était présenté lui-même vivant … avec de nombreuses preuves : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « les apôtres » repris par le pronom « eux »

4. {après qu’} il eut souffert : SUBORDONNEE CONJONCTIVE, complément circonstanciel de temps de « s’était présenté »
* pendant quarante jours leur étant apparu : participe apposé à « Jésus », repris par « il » (dans « il s’était présenté) -> inclusion dans la relative
* et les ayant entretenus du règne de Dieu : participe apposé à « Jésus », repris par « il » (dans « il s’était présenté), coordonné au participe apposé précédent par « et » -> inclusion dans la relative.
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* Remarque : les deux participes apposés ne sauraient constituer les noyaux de propositions participiales, puisqu’ils n’ont pas de sujets propres (les pronoms « il » étant déjà sujets de verbes noyaux d’autres propositions).
Comparons:
-          Les parts (S) ayant été faites, le lion (S) parla : Ø. Le lion parla : principale ; 1. Les parts ayant été faites : subordonnée participiale, c. circ. de temps de « parla ».
-         Ø. Ayant fait les parts, le lion (S) parla : indépendante avec le participe « ayant fait (les parts) » apposé à « lion », qui est déjà sujet du verbe « parla » ; le participe apposé est donc inclus dans l’indépendante.
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Nous avons donc cinq niveaux de propositions :
-          la principale (premier niveau);
-          une subordonnée relative déterminant la principale (deuxième niveau; 1er niveau de subordination);
-          une subordonnée relative déterminant la première subordonnée relative (troisième niveau; 2ème niveau de subordination);
-          deux subordonnées relatives déterminant la deuxième subordonnée relative (quatrième niveau; 3ème niveau de subordination);
-          une subordonnée conjonctive complément de l’une des subordonnées relatives de quatrième niveau (cinquième niveau; 4ème niveau de subordination).


Traduction et notes:

Verset 1.
Τὸν μὲν πρῶτον λόγον ἐποιησάμην περὶ πάντων, ὦ Θεόφιλε, ὧν ἤρξατο ὁ ᾿Ιησοῦς ποιεῖν τε καὶ διδάσκειν,
Théophile, j'ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner dès le commencement
Τὸν πρῶτον λόγον - mon premier livre; ὦ Θεόφιλε - Théophile:Voir Lc 1,1-4 et notes, à cette page. Les Actes sont la suite de l'Évangile selon saint Luc.

Verset 2.
ἄχρι ἧς ἡμέρας ἐντειλάμενος τοῖς ἀποστόλοις διὰ Πνεύματος ῾Αγίου οὓς ἐξελέξατο ἀνελήμφθη·
jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres aux apôtres qu'il avait choisis par le Saint Esprit.
• διὰ Πνεύματος ῾Αγίου - par le Saint Esprit:Littéralement: "ἄχρι ἧς ἡμέρας: Jusqu'au jour où, - ἐντειλάμενος:après avoir donné ses ordres -τοῖς ἀποστόλοις: aux apôtres - διὰ Πνεύματος ῾Αγίου :par le Saint Esprit - οὓς ἐξελέξατο:qu'il avait choisis - ἀνελήμφθη:où il fut élevé.
La place du groupe "οὓς ἐξελέξατο:qu'il avait choisis" dans la phrase indique clairement qu'il porte sur le membre dans lequel il est inclus, à savoir "τοῖς ἀποστόλοις: aux apôtres [...]οὓς ἐξελέξατο:qu'il avait choisis"; néanmoins, certaines traductions font (de façon grammaticalement peu logique) porter le groupe sur "ἐντειλάμενος:après avoir donné ses ordres" - donc: "après avoir donné ses ordres par le Saint Esprit"; voire sur "ἀνελήμφθη:où il fut élevé" - donc: "il fut enlevé au ciel par le Saint Esprit".
τοῖς ἀποστόλοις - aux apôtres:Les Douze (Lc 6,13; 9,10),témoins du ministère de Jésus et de sa résurrection (1,21-22).

Verset 3.
οἷς καὶ παρέστησεν ἑαυτὸν ζῶντα μετὰ τὸ παθεῖν αὐτὸν ἐν πολλοῖς τεκμηρίοις, δι᾿ ἡμερῶν τεσσεράκοντα ὀπτανόμενος αὐτοῖς καὶ λέγων τὰ περὶ τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ·
Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna de nombreuses preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.
ἐν πολλοῖς τεκμηρίοις - de nombreuses preuves:Les nombreuses apparitions de Jésus à ses disciples, au cours desquelles il a prouvé qu'il était bien vivant, qu'il n'était pas un esprit mais que son corps était bien réel (Lc 24,30;37-39;41-43).
δι᾿ ἡμερῶν τεσσεράκοντα - pendant quarante jours:Indication de la durée de la période séparant Pâques de l'Ascension - qui n'était pas mentionnée dans Lc. En effet, Lc 24,51 ("καὶ ἐγένετο ἐν τῷ εὐλογεῖν αὐτὸν αὐτοὺς διέστη ἀπ᾿ αὐτῶν καὶ ἀνεφέρετο εἰς τὸν οὐρανόν - Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux, et fut enlevé au ciel") pourrait donner l'impression que l'Ascension s'est produite le jour de la Résurrection; mais les précisions données dans ce verset corrigent cette impression.
περὶ τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ - qui concernent le royaume de Dieu:Message par lequel Jésus avait commencé son ministère, et que les apôtres continueront de prêcher (Lc 4,43; Ac 8,12; 19,8; 20,25; 28,23;31).

Verset 4.
καὶ συναλιζόμενος παρήγγειλεν αὐτοῖς ἀπὸ ῾Ιεροσολύμων μὴ χωρίζεσθαι, ἀλλὰ περιμένειν τὴν ἐπαγγελίαν τοῦ πατρὸς ἣν ἠκούσατέ μου·
Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, "ce que je vous ai annoncé, leur dit-il;
συναλιζόμενος - Comme il se trouvait avec eux: Du verbe συναλίζω sunalidzō ̄de "συν-,avec, ensemble" et "ἁλίζω halidz,̄ affluer, se rassembler"; la traduction "alors qu'il prenait un repas avec eux" (Semeur par ex.; rapprocher du texte liturgique) est extrapolée à partir de Lc 24,41-43;49.

Verset 5.
ὅτι ᾿Ιωάννης μὲν ἐβάπτισεν ὕδατι, ὑμεῖς δὲ βαπτισθήσεσθε ἐν Πνεύματι ῾Αγίῳ οὐ μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας.
car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés dans l'Esprit Saint".
βαπτισθήσεσθε ἐν Πνεύματι ῾Αγίῳ - vous serez baptisés dans l'Esprit Saint:Voir Mt 3,11.

Verset 6.
Οἱ μὲν οὖν συνελθόντες ἐπηρώτων αὐτὸν λέγοντες· Κύριε, εἰ ἐν τῷ χρόνῳ τούτῳ ἀποκαθιστάνεις τὴν βασιλείαν τῷ ᾿Ισραήλ;
Alors les apôtres réunis lui demandèrent: "Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël?"
ἀποκαθιστάνεις τὴν βασιλείαν τῷ ᾿Ισραήλ - tu rétabliras le royaume d'Israël: Litt. "tu rétabliras la royauté pour Israël".
Les disciples expriment-ils ici, une nouvelle fois, une conception politique de la messianité de Jésus en exprimant leur espérance de la libération de l'occupation romaine? Cela paraît peu probable, alors qu'ils viennent d'être enseigné pendant 40 jours par le Ressuscité. Leur question renvoie plutôt à l'enseignement de Jésus en Mt 21,43 (voir Rm 11,26). La réponse de Jésus souligne que, pour l'heure, le moment de l'établissement du Royaume sur la terre renouvelée, avec une Jérusalem transfigurée (Ap 21,10 - 22,5; voir à cette page), n'est pas arrivé (v.7), mais que Dieu va rassembler le peuple du Royaume, de Jérusalem jusque dans le monde entier (v.8).

Verset 7.
εἶπε δὲ πρὸς αὐτούς· οὐχ ὑμῶν ἐστι γνῶναι χρόνους ἢ καιροὺς οὓς ὁ πατὴρ ἔθετο ἐν τῇ ἰδίᾳ ἐξουσίᾳ,
Il leur répondit: "Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. 

Verset 8.
ἀλλὰ λήψεσθε δύναμιν ἐπελθόντος τοῦ ῾Αγίου Πνεύματος ἐφ᾿ ὑμᾶς, καὶ ἔσεσθέ μου μάρτυρες ἔν τε ᾿Ιερουσαλὴμ καὶ ἐν πάσῃ τῇ ᾿Ιουδαίᾳ καὶ Σαμαρείᾳ καὶ ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς.
Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre."
δύναμιν - une puissance: Cette "puissance" se manifestera par des dons surnaturels (voir le "parler en langues" en 2,4), par la conviction qui sera donnée aux apôtres en vue de leur témoignage et de leur prédication (2,40; 4,13;31; 5,28-29;41-42), par des directives données aux croyants (8,29;39; 10,19; 13,2-4; 16,7; 19,21).
ἔσεσθέ μου μάρτυρες ἔν τε ᾿Ιερουσαλὴμ καὶ ἐν πάσῃ τῇ ᾿Ιουδαίᾳ καὶ Σαμαρείᾳ καὶ ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς - vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre: Luc annonce ici le plan de son livre:
- témoins à Jérusalem: 1-7;
- témoins en Judée et en Samarie: 8-9;
- témoins jusqu'aux extrémités de la terre: 10-28.
Il annonce également l'un de ses principaux thèmes: le témoignage des apôtres, par la "puissance" du "Saint Esprit", en tous lieux.
Par ces paroles, Jésus distingue les trois groupes de l'humanité (Juifs, Samaritains, Goïm) qui auront besoin de la présence de Pierre pour que le Royaume leur soit ouvert (v.15; Mt 16,18).

Verset 9.
καὶ ταῦτα εἰπὼν βλεπόντων αὐτῶν ἐπήρθη, καὶ νεφέλη ὑπέλαβεν αὐτὸν ἀπὸ τῶν ὀφθαλμῶν αὐτῶν.
Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.
ἐπήρθη, καὶ νεφέλη ὑπέλαβεν αὐτὸν ἀπὸ τῶν ὀφθαλμῶν αὐτῶν - il fut élevé et une nuée le déroba à leurs yeux: Comp. 2R 2,11-12; Dn 7,13.
Jésus ressuscité va demeurer dans la présence du Père jusqu'à son retour pour le jugement (17,13).

Verset 10.
καὶ ὡς ἀτενίζοντες ἦσαν εἰς τὸν οὐρανὸν πορευομένου αὐτοῦ, καὶ ἰδοὺ ἄνδρες δύο παρειστήκεισαν αὐτοῖς ἐν ἐσθῆτι λευκῇ,
Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent,
ἄνδρες δύο ἐν ἐσθῆτι λευκῇ - deux hommes vêtus de blanc: Des anges, comp. Lc 24,4 et Ac 10,30.

<- L'Ascension - Attr. Yûsuf Al-Musawwir, avant 1667 - Archevêché grec-orthodoxe de Lattaqieh, Syrie. 

Les deux anges entourant la Vierge (non présentée dans le récit de cette scène dans le NT) montrent d'une main  le Christ aux apôtres et  tiennent dans l'autre chacun un phylactère; on y lit en arabe - sur le premier "Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel?" (Ac1,11a);- sur le second: "Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel." (Ac1,11b).

(Sur l'Ascension et sa représentation iconographique, voir à cette page)


Verset 11.
οἳ καὶ εἶπον· ἄνδρες Γαλιλαῖοι, τί ἑστήκατε ἐμβλέποντες εἰς τὸν οὐρανόν; οὗτος ὁ ᾿Ιησοῦς ὁ ἀναλημφθεὶς ἀφ᾿ ὑμῶν εἰς τὸν οὐρανὸν, οὕτως ἐλεύσεται ὃν τρόπον ἐθεάσασθε αὐτὸν πορευόμενον εἰς τὸν οὐρανόν.
et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel.
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Ac 1,15-17;20a;20c-26

« και εν ταις ημεραις ταυταιςEt en ces jours-là », après l’Ascension, le groupe des Apôtres s’est senti comme amputé par la défection de Judas. Il faut le remplacer, estime Pierre. Deux disciples répondent aux conditions posées ; mais n’est-ce pas au Seigneur que revient le choix entre ces deux hommes ? La communauté en prière lui demande de manifester sa préférence grâce au tirage au sort. Quoi qu’il en soit de ce procédé, trois leçons sont à retenir :
- les Apôtres sont collégialement les témoins officiels du ministère et de la résurrection du Seigneur ;
- dès ses origines, la communauté chrétienne est soucieuse de la continuité de la succession apostolique ;
- quelles que soient les qualités des candidats à l’exercice d’un ministère, c’est l’Eglise qui appelle, sous la motion de l’Esprit.

Notes sur le texte :

Verset 15 :

-Pierre tient effectivement le rôle de « κηφας », de « pierre d’assise » que lui a assigné le Christ (Jn 1,42); il est le chef incontesté des Apôtres.
- αναστας, « se levant » : indique que quelque chose d’important va se passer
- εν μεσω των αδελφων, « au milieu des frères » : le mot frère a encore ici son sens sémitique ; il désigne les personnes de même génération – car en araméen, hébreu, arabe, etc. il n’y a pas de mot spécifique pour désigner, par exemple, les cousins. Chez les chrétiens, le mot désignera ensuite les disciples du Christ, ceux qui font comme lui la volonté du Père.

▪ Versets 16-20 :

1. Luc reprend au verset 16 ce qu’il avait déjà écrit dans son Evangile en 22,47 :
- Ac 1,16 b : [περι] ιουδα του γενομενου οδηγου τοις συλλαβουσιν ιησουν, « [à propos de] Judas, qui a été le conducteur de ceux qui ont pris Jésus »
- Lc 22,47 : ο λεγομενος ιουδας εις των δωδεκα προηρχετο αυτους, « celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant eux » - à savoir que Judas est celui qui conduisait ceux qui se sont emparés du Christ.

2. Quant à la « prophétie » sur Judas, on peut s’interroger
- quant aux références vétérotestamentaires données par Luc,
- quant aux faits énoncés eux-mêmes.
En effet, à propos de sa mort on peut noter une contradiction (comme il en existe d’ailleurs bon nombre dans la Bible; voir par exemple le double récit de la Création) bien connue : selon l'évangile de Matthieu, Judas s'est pendu (Mt 27,5), mais selon Luc, ici dans les Actes des Apôtres, il a fait une chute mortelle au cours de laquelle il s'est ouvert le ventre et ses entrailles se sont répandues. Pourquoi ?...

Vraisemblablement parce que chacun des deux Apôtres souhaite donner une lecture symbolique des faits en les mettant en rapport avec des textes ou des traditions vétérotestamentaires.

2.1. Si, pour Matthieu, Judas se pend, c’est par allusion à Ahitophel, le conseiller de David (1Ch 27,33) qui, s’étant laissé séduire par Absalom (2S 15,12) et ayant donc trahi son maître, se pend lorsqu’il comprend son erreur et l’échec de sa vie (2S 17,1-23) :
יקם וילך אל־ביתו אל־עירו ויצו אל־ביתו ויחנק וימת
Littéralement : יקם – il se leva ; וילך – et il alla ; אל – vers ; ביתו – sa maison ; אל – vers; עירו – sa  ville ; ויצו – et il ordonna ; אל – à ; ביתו – sa maison ; ויחנק – et il s’étrangla ; וימת – et il mourut.
« 23b. Il se leva et s'en alla en sa maison, dans sa ville; et après qu'il eut mis ordre à sa maison, il s'étrangla et mourut. »
Deux remarques sur ce verset:
-          le verbe יקם– traduit ανεστη par la LXX – « il se leva », indique (cf. supra, au verset 15) qu’un acte important va être posé ;
-          Matthieu ouvre son Evangile par la généalogie de Jésus (Mt 1,1-17), et son premier verset en est :
βιβλος γενεσεως ιησου χριστου υιου δαυιδ υιου αβρααμ
Littéralement : βιβλος – livre ; γενεσεως – de l’origine ; ιησου – de Jésus ; χριστου – Christ ; υιου – fils ; δαυιδ – de David ; υιου – fils ; αβρααμ – d’Abraham. 
« Livre généalogique de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham » ;
autrement dit, pour Matthieu, David « annonce » Jésus, dès avant sa naissance et jusqu’aux circonstances de la trahison de celui qui était au nombre de ses plus proches…

2.2. En revanche, Luc, lorsqu’il décrit la mort de Judas, se réfère à la chute des impies, telle que décrite en Sg 4,19 :
ρηξει αυτους αφωνους πρηνεις
« Il les brisera, précipités, muets, la tête la première»;
et ici:
πρηνης γενομενος ελακησεν μεσος 
« S'étant précipité la tête la première, il a crevé par le milieu »;
en outre, l'effusion des entrailles:
ελακησεν μεσος και εξεχυθη παντα τα σπλαγχνα αυτου
Littéralement : ελακησεν – il éclata ; μεσος – au milieu ; και – et ; εξεχυθη – se répandirent ;  παντα – toutes ; τα σπλαγχνα – les entrailles ; αυτου – de lui
« il a crevé par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues »
est caractéristique de la mort des criminels dans de nombreuses traditions bibliques et de légendes du Proche-Orient ancien.

3. En outre, de nombreux versets du Psaume 69 ont été interprétés dans le Nouveau Testament comme la préfiguration de moments de la Passion du Christ, dont son verset 26:
תהי־טירתם נשמה באהליהם אל־יהי ישב׃
Littéralement : תהי – que soit ; טירתם – leur campement ; נשמה – dévasté ; באהליהם – dans leurs tentes ; אל – que ne pas ; יהי – soit ; ישב – un habitant 
-> LXX – γενηθητω η επαυλις αυτων ηρημωμενη και εν τοις σκηνωμασιν αυτων μη εστω ο κατοικων
Littéralement : γενηθητω – que devienne ; η επαυλις – la campagne ; αυτων – d’eux ; ηρημωμενη – devenue déserte ; και – et ; εν – dans ; τοις σκηνωμασιν – les tentes ; αυτων – d’eux ; μη – que ne pas ; εστω – soit ; ο κατοικων – l’habitant
« Que leur demeure soit déserte, et que personne n'habite dans leurs tentes! »

Mais la citation qui en est faite par Luc :
γενηθητω η επαυλις αυτου ερημος και μη εστω ο κατοικων εν αυτη
« Que sa demeure devienne déserte, et qu'il n'y ait personne qui l'habite »
- amène une nouvelle remarque : là où le psaume parlait au pluriel (des oppresseurs du croyant), Luc parle au singulier (de Judas) ;
- pose une nouvelle question : le lieu auquel le Psaume ferait allusion existait-il déjà du temps du psalmiste ?... Et cette question en soulève une autre, à propos du nom de ce lieu :

▪ Verset 19b :
1.κληθηναι το χωριον εκεινο τη ιδια διαλεκτω αυτωνακελδαμαχ τουτ εστιν χωριον αιματος
Littéralement : κληθηναι – être appelé ;  το χωριον – le domaine ; εκεινο – celui-là ; τη ιδια – dans le propre ; διαλεκτω – dialecte ; αυτων – d’eux ; ακελδαμαχ – Hakeldamach ; τουτ – ceci ; εστιν – est ; χωριον – le domaine ; αιματος – du sang
« […] ce champ a été appelé, dans leur propre langue, Hakeldamach, c'est-à-dire le Champ du sang »

Luc est le plus « grec » des quatre évangélistes ; s’adressant à des lecteurs hellénistes comme lui (parlant de l’hébreu, il écrit « τη ιδια διαλεκτω αυτων »), peu informés de l’hébreu et des traditions juives, il a toujours le souci d’expliquer, d’expliciter ce qui est proprement juif dans ses récits.

La transcription ακελδαμαχ (Vulgate : « Haceldama ») et l’étymologie qu’il donne de ce nom sont à rattacher aux mots araméens/hébreux : חלק = le lopin de terre, la part, la possession; et דמ = le sang.

2. Ce nom avancé par Luc, et l’ « histoire » de ce lieu est à rapprocher du « champ du sang », αγρος αιματος, en Mt 27,8-10.
Mais pour Matthieu, nous l’avons vu, Judas se pend – après avoir rapporté aux grands prêtres et aux anciens les trente pièces que sa trahison lui avait values ; et les grands prêtres achètent alors un terrain, qui est donc qualifié de « champ du sang » (non pas du sang de Judas, comme chez Luc – mais du sang de Jésus), et qui est alors assimilé par Matthieu au « champ du potier » (cf.Za 11,12sqq ; Jr 18,2sqq ; 19,1sqq ; 32,6-15 – voir la page « Le berger dans la Bible »), situé, selon une très ancienne tradition, dans la vallée de Hinnom.

Quoi qu’il en soit, Luc s’appuie sur une / des tradition(s) pour arriver à citer un autre psaume, Ps 109,8b:
פקדתו יקח אחר׃
Littéralement : פקדתו – sa charge ; יקח – que prenne ; אחר – un autre
« Qu'un autre prenne sa charge! »
Mais ici encore, il en « gauchit » quelque peu le contexte… En effet, dans ce passage du psaume 109, c'est le Juste persécuté qui cite les paroles de ses persécuteurs !

Cependant, cela lui permet d’introduire et d’asseoir « bibliquement » ce qui va être le premier « conseil », ou « concile », des disciples.

▪ Versets 21-22 :
δει ουν των συνελθοντων ημιν ανδρων εν παντι χρονω ω εισηλθεν και εξηλθεν εφ ημας ο κυριος ιησους
αρξαμενος απο του βαπτισματος ιωαννου αχρι της ημερας ης ανελημφθη αφ ημων μαρτυρα της αναστασεως αυτου συν ημιν γενεσθαι ενα τουτων
Littéralement :δει – il faut ; ουν – donc ; των συνελθοντων – parmi les venus avec ; ημιν – nous ; ανδρων – hommes ; εν – dans ; παντι – tout ; χρονω – le temps ; ω – où ; εισηλθεν – entra ; και – et ; εξηλθεν – sortit ; εφ – au milieu de ; ημας – nous ; ο κυριος – le Seigneur ; ιησους – Jésus
αρξαμενος – en commençant ; απο – depuis ; του βαπτισματος – le baptême ; ιωαννου – [donné par] Jean ; αχρι – jusque ; της ημερας – le jour ; ης – où ; ανελημφθη – il fut enlevé ; αφ – de ; ημων – nous ; μαρτυρα – témoin ; της αναστασεως – de la résurrection ; αυτου – de lui ; συν – avec ; ημιν – nous ; γενεσθαι – devenir ; ενα – un ; τουτων – de ceux-ci
« 21. Il faut donc que des hommes qui ont été avec nous pendant tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu parmi nous,
22. Depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour où le Seigneur a été enlevé d'avec nous, il y en ait un qui soit témoin avec nous de sa résurrection. »

Les expressions « των συνελθοντων ημιν ανδρων », « συν ημιν », « αφ ημων », « συν ημιν » indiquent que ce conseil ne concerne pas seulement les Apôtres (« nous »), que l’on doit faire revenir au nombre symbolique de douze, mais bien « les frères » - cf. supra, au verset 15 :
ην τε οχλος ονοματων επι το αυτο ωσει εκατον εικοσι 
Littéralement : ην – étaient ; τε – et ; οχλος – une foule ; ονοματων – de noms ; επι – dans ; το αυτο – le même [lieu] ; ωσει – environ ; εκατον – cent ; εικοσι – vingt
« assemblés au nombre d'environ cent vingt personnes ».
On peut remarquer que ce nombre de cent vingt personnes est lui aussi symbolique, puisqu’il s’agit de dix fois douze.

Pourquoi faut-il que les Apôtres soient à nouveau au nombre de « douze » ? Parce qu’il faut que le Conseil des Douze Apôtres (pensons aux « douze » tribus d’Israël) soit à nouveau au complet avant de recevoir l’Esprit.

Dans ces versets, nous trouvons également la définition de l’Apôtre : s’il doit, comme tous les disciples, avoir été témoin de la vie du Christ dans toute sa partie « publique » (soit depuis son baptême par son cousin Jean « le Baptiste »), il est surtout témoin de sa Résurrection : « μαρτυρα της αναστασεως αυτου συν ημιν »

▪ Versets 23-26 :

1.« και εστησαν δυο » - Cette locution, est diversement traduite, donnant divers sens au geste posé. En effet,
- δυο pouvant être un nominatif (sujet) ou un accusatif (complément d'objet direct),
- et le verbe ιστημι – très courant – pouvant prendre de nombreux sens différents, on peut traduire,
- avec δυο comme nominatif: « et deux se levèrent », « se tinrent debout », donc « se présentèrent » ;
- ou, avec δυο comme accusatif: « et ils en présentèrent deux ».
Or nous avons :
a. En latin (Vulgate) : « Et statuerunt duos », ce qui est une prise de position en faveur de δυο = accusatif.
b. En français :
- La BJ (Bible de Jérusalem) et la TOB (Traduction Œcuménique de la Bible): « on en présenta deux » – ce qui, malgré l’emploi d'un gallicisme,« on », ou plutôt grâce à lui, est la traduction la plus conforme à l’esprit et à la lettre des textes grec : en effet, « on », pronom indéfini, peut aussi bien désigner les deux candidats que les onze Apôtres ou même que les 120 disciples ; et latin, puisque δυο = accusatif.
- La Bible « en français courant » traduit « on proposa deux hommes », ce qui est, grammaticalement, équivalent à la traduction précédente ;
- Ostervald (Olivétan, 1535, revue en 1996 par Ostervald) ; Martin (1744) ; Louis Segond (version 1910) : « ils en présentèrent deux » - traduction conforme à la Vulgate - ce qui renvoie directement au collège des Apôtres, puisque « ils », dans le verset suivant, renvoie aux Onze ;
- Darby (version 1991) : « ils en mirent deux sur les rangs », ce qui est, grammaticalement, équivalent à la traduction précédente ;
- Enfin la BJ, en note, fait allusion à une variante au singulier : « il en présenta deux », qui se rapporterait à Pierre ; néanmoins, il faut remarquer que ni Wescott-Hort, ni Nestlé-Aland ne proposent de variante grecque...

2. « ιωσηφ τον καλουμενον βαρσαββαν ος επεκληθη ιουστος »,
« Joseph, le nommé Barsabbas, qui a été surnommé Ioustos » est un hapax, c'est-à-dire qu’on ne le trouve cité qu’ici.
Barsabbas – de l’araméen Bar-saba, « fils de l’élevé » ou Bar-shabba, « fils du shabbat ».
Ioustos – transcription grecque du latin Justus, « le Juste » (n’oublions pas que, si la langue véhiculaire y est le grec comme dans tout l’Empire, Israël est sous domination romaine)

3. Les expressions : (24) προσευξαμενοι ειπαν συ κυριε […] αναδειξονον εξελεξω εκ τουτων των δυο ενα ; (25) και εδωκαν κληρους αυτοις Littéralement : προσευξαμενοι – ayant prié ; ειπαν – ils dirent ; συ – toi ; κυριε – Seigneur ; αναδειξον – désigne ; ον – lequel ; εξελεξω – tu as choisi ; εκ – parmi ; τουτων – ces ; των δυο – deux ; ενα – un ;
Και – et ; εδωκαν – ils donnèrent ; κληρους – les sorts ; αυτοις – à eux
« 24. Après avoir prié, ils dirent: Toi, Seigneur, […] montre-nous lequel de ces deux tu as choisi ;
25. Et ils tirèrent au sort »
montrent que les Apôtres et les disciples s’en remettent totalement à la volonté divine.

Ce mode archaïque de choix  par tirage au sort est attesté dans le Premier Testament, ainsi en 1S 14,41-42 :
ויאמר שאול אל־יהוה אלהי ישראל הבה תמים
ויאמר שאול הפילו ביני ובין יונתן בני וילכד יונתן׃
Littéralement : ויאמר – et dit ; שאול – Saül ; אל – à ; יהוה – YHWH l’Eternel ; אלהי – le Dieu de ; ישראל – Israël ; הבה – donne ; תמים – la vérité ; וילכד – et fut saisi ; יונתן – Jonathan ; ושאול – et Saül.
ויאמר – et dit ; שאול – Saül ; הפילו – faites tomber ; ביני – entre moi ; ובין – et entre ; יונתן – Jonathan ; בני – mon fils ; וילכד – et fut saisi ; יונתן – Jonathan.
« 41a. Et Saül dit à l'Éternel: Dieu d'Israël, fais connaître la vérité ! […]
42. Et Saül dit: Jetez le sort entre moi et Jonathan, mon fils. Et Jonathan fut désigné. »
Mais aussi dans le Nouveau Testament (Lc 1,9a) :
κατα το εθος της ιερατειας ελαχε
Littéralement : κατα – selon ; το εθος – la coutume ; της ιερατειας – du sacerdoce ; ελαχε – il fut tiré au sort. 
« Il lui échut par le sort, selon la coutume de la sacrificature […]».
Peut-être les Apôtres, n’ayant pas encore reçu l’effusion de l’Esprit, ne se sentent-ils pas d’opérer eux-mêmes ce choix difficile, mais préfèrent laisser Dieu exprimer ainsi sa volonté.

En tout cas, le tirage au sort fera bientôt place dans la communauté primitive à des procédures moins « mécaniques » :
-          Le choix par élection (au sens moderne du terme, puisque le sens étymologique en est, précisément, « choix », du latin eligere, choisir) en Ac 6,3-6 : επισκεψασθε δε αδελφοι ανδρας εξ υμων
Littéralement : επισκεψασθε – recherchez ; δε – donc ; αδελφοι – frères ; ανδρας – des hommes ; εξ – parmi ; υμων – vous 
« Choisissez donc, frères, des hommes parmi vous »
[…] ηρεσεν ο λογος ενωπιον παντος του πληθους και εξελεξαντο στεφανον[…]
Littéralement :  ηρεσεν – plut ; ο λογος – la parole ; ενωπιον – devant ; παντος – toute ; του πληθους – la foule ; και – et ; εξελεξαντο – ils choisirent ; στεφανον – Etienne
« […] Cette proposition plut à toute l'assemblée; et ils élurent Étienne […] »
-          Le choix par inspiration divine en Ac 13,2-3 :
λειτουργουντων δε αυτων τω κυριω και νηστευοντων ειπεν το πνευμα το αγιον αφορισατε δη μοι τον βαρναβαν και σαυλον […]
Littéralement : λειτουργουντων – officiant ; δε –d’autre part ; αυτων – eux ; τω κυριω – pour le Seigneur ; και – et ; νηστευοντων – jeûnant ; ειπεν – dit ; το πνευμα – l’Esprit ; το αγιον – le Saint ; αφορισατε – mettez à part ; δη – certes ; μοι – pour moi ; τον βαρναβαν – Barnabas ; και – et ; σαυλον – Saul 
« Pendant qu'ils célébraient le culte du Seigneur, et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit: Mettez à part pour moi Barnabas et Saul […] »

4. Il faut noter que si « επεσεν ο κληρος επι μαθθιαν και συνκατεψηφισθη μετα των ενδεκα αποστολων- Littéralement : επεσεν – tomba ; ο κληρος – le sort ; επι – sur ; μαθθιαν – Matthias ; και – et ; συνκατεψηφισθη – il fut intégré ; μετα – avec ; των ενδεκα – les onze ; αποστολων - apôtres le sort tomba sur Matthias, qui, d'un commun accord, fut mis au rang des onze apôtres », ce dernier n’est plus jamais cité dans les Actes. Son nom, diminutif de Mattathias, n’apparaît donc que deux fois dans la Bible, et c'est ici, en Ac 1,23 et 1,26.
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• Ac 2,1-11

De la multitude inorganisée qui fuyait l’Égypte, la Loi promulguée au Sinaï a fait un peuple doté d’une « constitution » (voir la page sur Chavouot, la Pentecôte juive, en cliquant ici)
Grâce à l’Esprit Saint donné le jour qui commémorait cet événement fondateur, les hommes du monde entier peuvent bénéficier de l’élection divine et des merveilles opérées par Dieu.
Bien plus, chacun peut désormais entendre « dans sa langue » la Bonne Nouvelle : la Pentecôte restaure l’unité que Babel avait brisée.

Le contexte:
Sur Ac 2,1-47: Conformément à la promesse de Jésus (1,8), l'Esprit descend sur les apôtres (ou les disciples - voir ci-dessous, note sur le v.1) rassemblés: le don de l'Esprit répond au don de la Loi, que l'on célébrait à Chavouot, la Pentecôte juive (voir note sur le v.1).

Cet événement est l'accomplissement d'un souhait que Moïse avait déjà exprimé (Nb 11,29): le peuple de Dieu, enfin, n'est plus seulement un peuple dont les marques d'appartenance à YHWH sont extérieures; conformément à ce qu'annonçait le PT, l'Esprit fait des croyants le peuple dont Dieu est la vie (16-21).

Mais cette œuvre de l'Esprit opère un tri en Israël: seuls ceux qui croient que Jésus est le Messie et le Seigneur (33-36) que Dieu a ressuscité (25-32) ont part à l'Esprit (38-40).

En revanche, ce tri en Israël laisse entrevoir une ouverture aux hommes du monde entier. Car l'Esprit descend sur les disciples sous la forme de langues de feu, et les fait parler les langues des nations non-juives (1-13).

Cette réunion des langues annonce que, dans le peuple de l'Esprit, Dieu réunira sous la seigneurie du Ressuscité ce qu'à Babel il avait désuni (Gn 11,1-9).

<- Jérôme BOSCH - Triptyque de Haywain (panneau droit) - 1500-02 - L'Enfer, symbolisé par la chute de Babel - Le Prado, Madrid.

La vie de la première Église en est le témoignage concret.


Traduction et notes:

Verset 1.
Καὶ ἐν τῷ συμπληροῦσθαι τὴν ἡμέραν τῆς πεντηκοστῆς ἦσαν ἅπαντες ὁμοθυμαδὸν ἐπὶ τὸ αὐτό.
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.
τὴν ἡμέραν τῆς πεντηκοστῆς - Le jour de la Pentecôte: Chavouot, comme son nom grec l'indique, avait lieu cinquante jours après la Pâque (Lv 23,15-16). On l'appelait aussi fête des Prémices (Nb 28,26) ou fête de la moisson (Ex 23,16). On lui avait associé le souvenir du don de la Loi au Sinaï et l'Alliance de Dieu avec son peuple.

 Haggadah de Ferrare (1583): Moïse recevant les Tables de la Loi sur le Mont Sinaï ->
Paris, Bibliothèque Nationale.
En bas, le peuple attend le retour de Moïse.

ἦσαν ἅπαντεςὁμοθυμαδὸν - ils étaient tousensemble:
- On peut noter ici deux leçons principales (de même sens) pour ce segment:
1. "ησαν απαντες ομοθυμαδον"est donné par Textus Receptus, c'est-à-dire par Stephens (1550)/Scrivener (1894); et par la Byzantine (2000);
2. "ησαν παντες ομου" est donné par Wescot-Hort (1881)/Nestlé-Aland et Tischendorf (1869);
3. on voit que Codex Sinaiticus ->
(IVème s.) donne "ησαν ομου"; "παντες", omis, figure en marge. Le signe diacritique de renvoi ˜ permet effectivement de le replacer entre "ησαν" et "ομου".
- Le sujet de "ἦσαν" peut être "les disciples" (voir 1,14-15) ou seulement "les apôtres" (dernières personnes explicitement désignée, au v.26); l'apposition "()παντες", "tous", ainsi que la grammaire, feraient plutôt pencher pour "les Douze"; ou alors la salle de rassemblement était relativement vaste, puisqu'au v.15 Luc mentionne "environ cent vingt personnes"...
La représentation artistique penche généralement pour les Douze, rassemblés autour de la Vierge Marie; cependant, il faut savoir que jusqu'au XVIIème siècle cette dernière ne figure pas dans les icônes de la Pentecôte (voir plus bas).

 <- La Descente de l'Esprit Saint (1365-68) - ANDREA DA FIRENZE - Chapelle Spagnuolo, Santa Maria Novella, Florence.

ἐπὶ τὸ αὐτό - dans le même lieu: Voir v.2. 1,13 et la préposition "ἐπί" semblent bien faire référence à un lieu situé "en hauteur", vraisemblablement "sur" la terrasse où l'on se retrouve fréquemment par temps chaud dans les maisons proche-orientales.

Verset 2.
καὶ ἐγένετο ἄφνω ἐκ τοῦ οὐρανοῦ ἦχος ὥσπερ φερομένης πνοῆς βιαίας, καὶ ἐπλήρωσεν ὅλον τὸν οἶκον οὗ ἦσαν καθήμενοι·
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
ὥσπερ - comme: La description de ce phénomène si extraordinaire est faite au moyen de comparaisons (voir aussi "ὡσεὶ" au v.3). La scène présente des points communs avec les théophanies du PT (Ex 19,18; 1R 19,11-12; Is 29,6; 30,27-28).

Verset 3.
καὶ ὤφθησαν αὐτοῖς διαμεριζόμεναι γλῶσσαι ὡσεὶ πυρός, ἐκάθισέ τε ἐφ᾿ ἕνα ἕκαστον αὐτῶν,
Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux.

Joseph Ignaz MILDORFER - La Pentecôte (vers 1750) ->
Galerie Nationale hongroise - Budapest

Verset 4.
καὶ ἐπλήσθησαν ἅπαντες Πνεύματος ῾Αγίου, καὶ ἤρξαντο λαλεῖν ἑτέραις γλώσσαις καθὼς τὸ Πνεῦμα ἐδίδου αὐτοῖς ἀποφθέγγεσθαι.
Et ils furent tous emplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
• ἐπλήσθησαν- ils furent emplis: Ce verbe "πλήθω plēthō" décrit chez Luc une plénitude soudaine de l'Esprit, rendant capable d'accomplir un service ou de parler de la part de Dieu (Lc 1,15;41;67; Ac 4,8;31; 13,9).
ἑτέραις γλώσσαις- en d'autres langues: Ces langues diffèrent de la langue maternelle de ceux qui parlent (l'araméen). Ce discours "en d'autres langues" est mentionné deux autres fois dans les Ac, en 10,46 et en 19,6. Paul pourrait mentionner un phénomène similaire, en 1Co 12 et 14 (voir à cette page).
Pour l'interprétation de ce phénomène, voir ci-dessus, "Le contexte".

Verset 5.
῏Ησαν δὲ ἐν ῾Ιερουσαλὴμ κατοικοῦντες ᾿Ιουδαῖοι, ἄνδρες εὐλαβεῖς ἀπὸ παντὸς ἔθνους τῶν ὑπὸ τὸν οὐρανόν·
Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Ησαν δὲ ἐν ῾Ιερουσαλὴμκατοικοῦντες - Or, il y avait en séjour à Jérusalem: Le verbe "κατοικέω katoïkeō" signifie "résider", en principe de façon permanente - en tout cas pour un long séjour. Pourtant (la mention "ἄνδρες εὐλαβεῖς - hommes pieux" tendrait à confirmer cette interprétation), si certains de ces Juifs sont revenus définitivement s'installer à Jérusalem, on peut penser que la plupart sont venus pour y célébrer Chavouot (l'une des trois fêtes de pèlerinage, avec la Pâque et Soukkot, lors desquelles les Juifs de la Diaspora devaient se rendre à Jérusalem: Ex 23,14-17).

<- La Descente de l'Esprit Saint (détail)- ANDREA DA FIRENZE

L'artiste a représenté des personnages portant des tenues d'ecclésistiques de son temps (les "hommes pieux"), d'autres en costumes "exotiques" ("de toutes les nations qui sont sous le ciel"); tous semblent s'interroger sur ce qui se passe "à l'étage supérieur de la maison" (Ac 1,13)

Verset 6.
γενομένης δὲ τῆς φωνῆς ταύτης συνῆλθε τὸ πλῆθος καὶ συνεχύθη, ὅτι ἤκουον εἷς ἕκαστος τῇ ἰδίᾳ διαλέκτῳ λαλούντων αὐτῶν.
Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.

Verset 7.
ἐξίσταντο δὲ πάντες καὶ ἐθαύμαζον λέγοντες πρὸς ἀλλήλους· οὐκ ἰδοὺ πάντες οὗτοί εἰσιν οἱ λαλοῦντες Γαλιλαῖοι;
Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens?

Verset 8.
καὶ πῶς ἡμεῖς ἀκούομεν ἕκαστος τῇ ἰδίᾳ διαλέκτῳ ἡμῶν ἐν ᾗ ἐγεννήθημεν;
Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle?

Versets 9-11.
Πάρθοι καὶ Μῆδοι καὶ ᾿Ελαμῖται, καὶ οἱ κατοικοῦντες τὴν Μεσοποταμίαν, ᾿Ιουδαίαν τε καὶ Καππαδοκίαν,, Πόντον καὶ τὴν ᾿Ασίαν,
Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l'Asie,

Φρυγίαν τε καὶ Παμφυλίαν, Αἴγυπτον καὶ τὰ μέρη τῆς Λιβύης τῆς κατὰ Κυρήνην, καὶ οἱ ἐπιδημοῦντες ῾Ρωμαῖοι,
la Phrygie, la Pamphylie, l'Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, 
᾿Ιουδαῖοί τε καὶ προσήλυτοι, Κρῆτες καὶ ῎Αραβες, ἀκούομεν λαλούντων αὐτῶν ταῖς ἡμετέραις γλώσσαις τὰ μεγαλεῖα τοῦ Θεοῦ.
Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?
Toutes les nations mentionnées avaient une importante communauté juive. Les Juifs étaient en particulier nombreux en Égypte (n'oublions pas que la LXX a été élaborée à Alexandrie) et dans la Cyrénaïque - au point qu'ils avaient leur propre synagogue à Jérusalem.
προσήλυτοι- prosélytes: Ce mot désigne étymologiquement ceux qui viennent d'un autre pays; on le traduit parfois par "convertis" (au Judaïsme); mais il peut aussi désigner des "sympathisants", qui croient en YHWH, respectent la plupart des rites et des règles de vie du Judaïsme, mais sans être "convertis" (ce qui suppose, principalement, la circoncision). C'est au sein de ce dernier groupe de "prosélytes" du Judaïsme, convertis au Christianisme, que se posera principalement le problème de la circoncision (qui donnera lieu au "Concile de Jérusalem", Ac 15, voir plus bas).
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Ac 3, 13-15 ;17-19

Premier miracle opéré par un Apôtre après le départ du Seigneur : Pierre « au nom de Jésus » guérit un infirme qui ne demandait qu’une aumône. « Il est vivant celui qu’on avait crucifié » proclame alors l’Apôtre à la foule étonnée.

La vigueur sans nuances de l’apostrophe de Pierre ne revient pas à faire supporter par tout le peuple la responsabilité directe de la mort de Jésus, à condamner Israël comme déicide. Mais elle invite chacun – aujourd’hui comme hier – à s’interroger sur la manière dont il se situe par rapport au Messie mort et ressuscité « conformément aux Ecritures », à se convertir et à revenir à Dieu pour obtenir, par le Christ, le pardon de ses péchés.
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• Ac 4,8-12

Comme Jésus, les Apôtres doivent s’expliquer sur le bien fait à un homme. Pierre répond en proclamant que ce miracle est  signe du salut que seul le Seigneur ressuscité peut apporter.

On remarquera que saint Luc dans ce passage des Actes des Apôtres cite un verset du Ps 118/117 :
-         Texte original du verset 22, en hébreu :
אבן מאסו הבונים היתה לראש פנה׃
-        Traduction linéaire : אבן la pierre [que] – מאסו ont rejeté – הבונים ceux qui bâtissent – היתה est devenue – לראש à la tête –  פנה de l’angle
-        Traduction grecque du verset (LXX) : λιθονον απεδοκιμασαν οι οικοδομουντες ουτος εγενηθη εις κεφαλην γωνιας
-         Traduction linéaire : λιθον la pierre – ον que – απεδοκιμασαν ont rejeté – οι οικοδομουντες ceux qui bâtissent – ουτος celle-ci – εγενηθη est devenue – εις κεφαλην à la tête – γωνιας de l’angle
-         Citation de Luc, en Ac 4,11 : ουτοςεστιν ο λιθος ο εξουθενηθεις υφ υμων των οικοδομων ο γενομενος εις κεφαλην γωνιας
-         Traduction linéaire : ουτος celui-ci – εστιν est –ο λιθος la pierre – ο εξουθενηθεις la méprisée –  υφ υμων par vous – των οικοδομων les bâtisseurs – ο γενομενος la devenue – εις κεφαλην à la tête – γωνιας de l’angle
Nous pouvons constater :
-         que la LXX donne une traduction absolument littérale de l’hébreu ;
-         que Luc reprend presque littéralement la LXXle démonstratif ουτος (qui reprend dans la LXX λιθον, accusatif de ο λιθος – la pierre, qui est en grec un nom masculin) désignant cependant chez lui Jésus, ce qui renforce encore la métaphore.

Par ailleurs, nous devons également noter
-         que Luc cite également ce verset dans son Evangile, en 20,17 :
ο δε εμβλεψας αυτοις ειπεν τι ουν εστιν το γεγραμμενον τουτο λιθον ον απεδοκιμασαν οι οικοδομουντες ουτος εγενηθη εις κεφαλην γωνιας
Mais lui [Jésus] les regardant, leur dit: "Que veut donc dire ce qui est écrit: 'La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée est devenue la principale pierre de l'angle'?" – mettant cette fois dans la bouche du Christ les mots mêmes de la LXX (nous savons que – si Jésus et ses Apôtres s’exprimaient en araméen, et priaient avec les textes de la Bible hébraïque – la langue écrite véhiculaire était alors le grec) ;
-         que plusieurs autres versets de ce Psaume sont cités dans le Nouveau Testament : le verset 6 en Hé 13,6 ; les versets 22-23 en Mt 21, 42 ; les versets 25-26 en Mt 21,29 // le verset 26 en Lc13,34 ; et Lc 19,38 citait déjà ce verset 26.
Autrement dit, Luc cite en tout quatre fois ce Psaume.
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Ac 4, 32-35

Ce passage est un tableau qui décrit en quelques traits caractéristiques l’Eglise apostolique aux lendemains de la Résurrection. Les communautés chrétiennes de tous les temps y ont vu l’idéal qu’elles devaient s’efforcer d’imiter.
 

Le partage, la redistribution des biens pour qu’il n’y ait pas de miséreux : un devoir dont les chrétiens doivent donner l’exemple.


Aujourd’hui, il faut en outre travailler à changer les structures et les mécanismes économiques qui permettent aux uns (états, groupes sociaux, individus) de s’enrichir de plus en plus tandis que les autres, les plus nombreux, ne cessent de s’appauvrir.
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• Ac 5,27b-32;40b-41.

Mis à mort par les hommes, Jésus a été ressuscité par Dieu; condamné comme un malfaiteur, il apporte à tous le salut et la rémission des péchés: telle est la foi que - depuis les temps apostoliques - l'Église ne cesse de proclamer, avec l'assistance de l'Esprit Saint.
Menaces et persécutions ne sauraient la réduire au silence. 

Sur ce texte:
Sur Ac 4,32 - 5,42:
- Un bref résumé (4,32-35) de la vie communautaire de la première Église met en valeur la solidarité matérielle qui unit les les croyants et qui est marquée par la générosité et le désintéressement.
- Deux exemples suivent immédiatement: celui, positif, de Barnabas (4,36-37) et celui, négatif, d'Ananias et Saphira (5,1-11).
- Un nouveau résumé de la vie des apôtres (5,12-16) met cette fois en avant leurs relations avec l'extérieur de la communauté: c'est au sein du peuple que Dieu accomplit des miracles par leur intermédiaire.
- Leurs actes les conduisent à nouveau en prison, puis devant le Sanhédrin, le Grand-Conseil (5,17-27). Mais la perplexité des autorités, leur prudence et l'assurance des apôtres inversent le cours du procès.
- C'est donc le grand-prêtre qui se considère comme accusé (5,28), et Pierre qui invite le Grand-Conseil à recevoir la grâce du changement et du salut (5,29-32).
- Malgré la fureur des autorités, la sagesse de Gamaliel permet la libération des apôtres et la poursuite de leur ministère (5,33-42).

Traduction et notes:

Verset 27.
 ᾿Αγαγόντες δὲ αὐτοὺς ἔστησαν ἐν τῷ συνεδρίῳ. καὶ ἐπηρώτησεν αὐτοὺς ὁ ἀρχιερεὺς
Après qu'ils les eurent amenés en présence du sanhédrin, le souverain sacrificateur les interrogea 

Verset 28.
λέγων· Οὐ παραγγελία παρηγγείλαμεν ὑμῖν μὴ διδάσκειν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τούτῳ; καὶ ἰδοὺ πεπληρώκατε τὴν ῾Ιερουσαλὴμ τῆς διδαχῆς ὑμῶν, καὶ βούλεσθε ἐπαγαγεῖν ἐφ᾿ ἡμᾶς τὸ αἷμα τοῦ ἀνθρώπου τούτου.
en ces termes: Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom-là? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme!
•  Οὐ παραγγελία παρηγγείλαμεν ὑμῖν μὴ διδάσκειν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τούτῳ; - Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom-là?: Voir 4,17-18;21.
• ἐπαγαγεῖν ἐφ᾿ ἡμᾶς- vous voulez faire retomber sur nous: Voir 4,10-11.

Verset 29.
ἀποκριθεὶς δὲ Πέτρος καὶ οἱ ἀπόστολοι εἶπον· πειθαρχεῖν δεῖ Θεῷ μᾶλλον ἢ ἀνθρώποις. 
Pierre et les apôtres répondirent: Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.

Verset 30.
ὁ Θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν ἤγειρεν ᾿Ιησοῦν, ὃν ὑμεῖς διεχειρίσασθε κρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου·
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant sur le bois. 
• ἐπὶ ξύλου- sur le bois: Comp. Dt 21,22-23.
 
Verset 31.
τοῦτον ὁ Θεὸς ἀρχηγὸν καὶ σωτῆρα ὕψωσεν τῇ δεξιᾷ αὐτοῦ δοῦναι μετάνοιαν τῷ ᾿Ισραὴλ καὶ ἄφεσιν ἁμαρτιῶν.
Dieu l'a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. 
τῇ δεξιᾷ αὐτοῦ - par sa droite: La "droite" de Dieu, sa main droite = sa puissance (voir la page sur "Le bras et la main de Dieu").
σωτῆρα- comme Sauveur: La mort de Jésus fait de lui le "Sauveur" qui peut conduire à "la repentance" et offrir "le pardon des péchés".
μετάνοιαν- la repentance: Voir 2,38.

Verset 32.
καὶ ἡμεῖς ἐσμεν αὐτοῦ μάρτυρες τῶν ῥημάτων τούτων, καὶ τὸ Πνεῦμα δὲ τὸ ῞Αγιον ὃ ἔδωκεν ὁ Θεὸς τοῖς πειθαρχοῦσιν αὐτῷ.
Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent.
τοῖς πειθαρχοῦσιν αὐτῷ- à ceux qui lui obéissent: Il s'agit de l' "obéissance" de la foi (Rm 1,5). Comp. Jn 15,26-27; 16,8-11. Le "Saint Esprit" suscite, conduit et accompagne le "témoignage" des disciples du Christ.

Verset 40.
καὶ προσκαλεσάμενοι τοὺς ἀποστόλους δείραντες παρήγγειλαν μὴ λαλεῖν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τοῦ ᾿Ιησοῦ, καὶ ἀπέλυσαν αὐτούς.
Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les relâchèrent.
δείραντες - ils les firent battre de verges: Il s'agit peut-être des "quarante coups au plus" prévus par la Loi (voir Dt 25,3; voir aussi 2Co 11,24: Paul parle de "quarante coups moins un", car, la Loi interdisant d'aller au-delà de quarante coups de bâton, les Juifs s'arrêtaient à trente-neuf pour être surs de ne pas dépasser cette limite).

Verset 41.
οἱ μὲν οὖν ἐπορεύοντο χαίροντες ἀπὸ προσώπου τοῦ συνεδρίου, ὅτι ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ κατηξιώθησαν ἀτιμασθῆναι·
Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus.
χαίροντες- joyeux: Comp. 1P 4,12-13. Ce n'est bien entendu pas la souffrance en elle-même qui suscite la "joie" des apôtres, mais la cause de cette souffrance: leur attachement à Jésus; ils considèrent le traitement qu'ils ont subi (v.40) non comme un "outrage", une humiliation, mais comme un honneur.
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Ac 9,26-31

Première rencontre de Paul avec des « colonnes de l’Eglise ».

Une communauté qui ne croit pas d’emblée que le farouche persécuteur d’hier a pu se convertir, ne l’admet dans son sein que sur la garantie d’un homme de confiance et de bon jugement ; des amis pour qui ce revirement est une trahison inacceptable : rien de bien original en tout cela ! C’est ce qui est arrivé à Paul…

Quand on a été un loup agressif à l’égard des disciples du Christ, il est difficile de se présenter comme un agneau ! On est forcément soupçonné de venir espionner, ou pire encore… Pourtant Paul tient à rencontrer les « colonnes de l’Eglise », Pierre et Jacques (celui que l’on appelle « le frère de Jésus », le premier évêque de Jérusalem), Jean et les autres Apôtres – pour faire avaliser sa mission, reçue de Jésus lui-même.

Il restera une certaine distance entre Paul et les Douze. Ne faut-il pas parler plutôt d’une certaine gêne ressentie par ceux qui sont majoritairement des artisans, face à un « intellectuel » ? N’oublions pas qu’il a été l’élève de Gamaliel l’Ancien, célèbre rabbin pharisien (Ac 22,3) – celui-là même dont il est fait mention en Ac 5,34-39 : grâce à son intervention éclairée, le tribunal du Sanhédrin relâche les Apôtres.

Pierre, dans sa seconde Lettre le laisse entendre : « 15. […] comme Paul notre frère bien-aimé vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée - καθως και ο αγαπητος ημων αδελφος παυλος κατα την αυτω δοθεισαν σοφιαν εγραψεν υμιν ; 16. et comme il le fait dans toutes ses épîtres, quand il y parle de ces choses; parmi lesquelles il en est de difficiles à comprendre - ως και εν πασαις ταις επιστολαις λαλων εν αυταις περι τουτων εν οις εστιν δυσνοητα τινα […] »

Paul, d’ailleurs, n’hésitera pas à s’opposer à Pierre lorsqu’il s’agira de la liberté des croyants non-juifs à l’égard de la Loi de Moïse (Ga 2,1-14) ; et Pierre lui donnera finalement raison. Paul s’est réjoui que Jacques, Pierre et Jean lui aient alors « donné la main en signe de communion ». Plus tard, il tiendra à aider financièrement l’Eglise de Jérusalem.
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Ac 10,25-26;34-35;44-48

Saint Luc est, comme nous l’avons déjà vu, l’auteur d’une œuvre en deux parties, le IIIème évangile et les Actes des Apôtres. Le premier livret a été écrit pour que le lecteur « se rende bien compte de la solidité des enseignements reçus » (Lc 1,3-4). Le second, au-delà d’une simple chronique de l’Eglise apostolique, entend montrer comment la Bonne Nouvelle a été annoncée à Jérusalem d’abord, puis – sous l’impulsion du Saint-Esprit et des circonstances – dans le monde entier.

Cet élargissement de la mission aux « nations » a commencé avec ce qui s’est passé « à Césarée, chez Corneille, centurion de l’armée romaine ». Dans ce grand port romain sur la Méditerranée, en 35, la manifestation inattendue de l’Esprit Saint a fait comprendre à Pierre que « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes » et que les païens aussi sont appelés à recevoir le baptême et le don de l’Esprit. Il est très recommandé et intéressant de lire ce chapitre 10 dans son intégralité, et en particulier depuis son premier verset. C’est un tournant essentiel dans l’évangélisation.

Tiré du Semainier Chrétien 2008-2009, P. René Berthier et Geneviève Le Hir, Ed. Diffusion Media Chrétien :

1.      Le Discours de Pierre chez Corneille.
-         Nous voyons ici à l’œuvre le processus d’ouverture de la communauté des judéo-chrétiens vers le monde païen. C’est Pierre qui fait faire ce pas décisif à ce qu’on appellera bientôt l’Eglise. Mais il est conduit par l’Esprit. Car Dieu ne fait rien sans les hommes.
-        Les apôtres ont su ouvrir leur communauté, prendre une voie tout à fait nouvelle, au risque de passer pour infidèles. Mais être fidèle à l’Eglise, ce n’est pas rester figé sur un statu quo, sur une interprétation de l’évangile bloquée dans des formes liées à un temps et à une culture donnés. L’Esprit est d’une liberté imprévisible !

2.      Le "privilège" est mission.
- « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes » : nul ne peut se prévaloir d’un quelconque favoritisme. Combien de siècles nous faudra-t-il, à nous chrétiens, pour l’admettre ? Et pour en faire autant ? Dieu ne peut pas se cantonner à une géographie. Il ne peut pas accorder sa prédilection à un peuple à l’exclusion des autres ; l’image du fumier sur lequel prospérerait le peuple élu a une valeur pédagogique – et doit être replacée dans son contexte culturel (le fumier a une grande valeur dans les civilisations agro-pastorales).
-        Le « privilège » du peuple juif comporte la charge de témoigner d’un Dieu qui veut faire alliance avec les hommes, d’un Dieu de liberté qui agit dans le monde. C’est – de l’avis même des Juifs – une charge plus qu’un privilège.
-        Le « privilège » du peuple chrétien comporte la charge de témoigner de Jésus, Dieu incarné dans l’humanité, Dieu fait homme. Mission risquée, même si elle est aussi pleine de joie.

3.       La grâce de Dieu : à part égale ? (dialogue imaginé)
" -         C’est quand même très difficile à admettre, cette affirmation de Pierre : « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ». J’aurais envie de dire qu’il donne à certains ses dons, mais à d’autres, pas grand’chose…
-         Il donne à tous sa grâce.
-         Cela veut dire quoi, sa grâce ? Le minimum vital spirituel ?
-         Non, la grâce de Dieu, c’est le don de Dieu, c’est l’Esprit Saint. Et l’Esprit Saint est présent en tout homme. Jésus a donné sa vie pour tous, pas pour quelques uns seulement. Dieu aime tous les hommes, il faut le croire.
-         Pas si facile… D’ailleurs, il y en a bien qui ont affirmé que Dieu n’accordait sa grâce qu’à un petit nombre.
-         Oui. C’est les jansénistes. Et on n’en a pas fini avec eux. Je trouve comme un regain de mentalité janséniste chez les intégristes d’aujourd’hui, bien prêts à se sentir, et eux seuls, parmi les élus…
-         Mais Jansenius ne l’avait pas inventée de toute pièce, cette idée de la prédestination !
-         Non, bien sûr. Il faudrait reprendre tout saint Augustin et tout saint Paul [pour te répondre]. Mais, pour faire simple, on peut dire que Dieu a prédestiné ses élus à être ses fils adoptifs.
-         Et les autres ? Si ce n’est pas faire une différence, ça !
-         Non, attends. Notre langage nous trahit : ce n’est qu’une manière de parler, une transposition dans l’espace et le temps d’une réalité, celle de Dieu, qui n’est pas soumise à ces catégories spatio-temporelles. En gros, le préfixe « pré- » est notre façon humaine de dire que l’initiative ne vient pas de l’homme, mais de Dieu. Comme l’a si bien affirmé saint Jean : « Aimons, puisqu’il nous a aimés le premier ».
-         Et comme il nous a tous aimés, si je t’ai bien suivi, nous sommes tous ses élus.
-         Oui. Nous sommes tous aimés de Dieu, et tout homme peut se laisser attirer par sa force d’amour."
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• Ac 10,34a ;37-43

Les œuvres de Jésus sont des faits avérés. Mais pour y voir des « signes » révélateurs de sa véritable identité, il faut une lumière d’en haut, transmise par les Ecritures, la prédication d’un apôtre, le témoignage d’un croyant. En effet, ce n’est pas la chair et le sang qui révèlent cela, mais le Père qui est aux cieux (Mt 16,17). Les faits deviennent alors des articles du Credo. La résurrection du Christ, sommet du mystère de la foi, inaugure l’ère du Salut offert à tous les hommes. Quiconque croit au Christ reçoit dès à présent le pardon des péchés ; demain, le Seigneur vainqueur de la mort se manifestera comme « Juge des vivants et des morts ».
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• Ac 13,16-17;22-25

Jésus, issu de la descendance de David, est le Sauveur dont Jean Baptiste a préparé la venue et auquel il a rendu témoignage: un vigoureux résumé de l'Histoire sainte qu'il faut avoir présent à l'esprit au moment  de célébrer la Nativité de celui dont le nom signifie "Dieu sauve".

Sur ce passage:
Aux versets 13 à 15, on voit, entre autres:
- l'arrivée par bateau de Paul et de quelques compagnons de Paphos à Pergé, en Pamphylie;
- de là, leur route vers le nord jusqu'à Antioche de Pisidie (à ne pas confondre avec Antioche, en Syrie, à l'est sur la caarte);
- à leur arrivée, comme tous les judéo-chrétiens, ils se rendent à la synagogue pour y célébrer le Shabbat. Cette célébration suit le rite habituel (voir à cette page): on lit "la Loi et les Prophètes", c'est à dire le  passage hebdomadaire (paracha ou sidra) de la Loi Tora', puis un passage des Prophètes Néviim. Ces quelques chapitres sont en général l'occasion du commentaire rabbinique ou de l'étude de l'après-midi;et l'on fait alors à ces nouveaux arrivants l'honneur de leur donner la parole: "ἄνδρες ἀδελφοί, εἴ ἐστι λόγος ἐν ὑμῖν παρακλήσεως πρὸς τὸν λαόν λέγετε- Hommes frères, si vous avez quelque exhortation à adresser au peuple, parlez."(v.15b)

Verset 16.
οἱ φοβούμενοι τὸν Θεόν - vous qui craignez Dieu: littéralement "les craignant-Dieu"; en hébreu, "craindre Dieu" signifie, nous l'avons vu fort souvent, siginifie en fait "respecter Dieu et sa Tora' d'Amour",  le "craindre" comme un enfant respecte ses parents et les conseils aimants qu'ils lui donnent. Cette locution peut donc s'appliquer en premier lieu au peuple fidèle.
Mais cette expression peut aussi selon le contexte - et c'est ici le cas (puisque Paul précise bien: "ἄνδρες ᾿Ισραηλῖται καὶ οἱ φοβούμενοι τὸν Θεόν - Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu") - désigner les non-Juifs, les goïm ("païens", "nations"), sympathisants de la Foi juive et qui assistent régulièrement au culte synagogal.

Verset 17.
ὁ Θεὸς τοῦ λαοῦ τούτου ᾿Ισραὴλ ἐξελέξατο τοὺς πατέρας ἡμῶν - Le Dieu de ce peuple d'Israël a choisi nos pères: Paul a conscience d'appartenir au peuple que Dieu s'est choisi; voir la page "Juifs et Goïm selon saint Paul".
ἐν γῇ Αἰγύπτῳ - au pays d'Égypte: contrairement à Etienne (cf. Ac 7,20-45), Paul ne mentionne pas Moïse.

Verset 22.
εὗρον Δαυῒδ τὸν τοῦ ᾿Ιεσσαί, ἄνδρα κατὰ τὴν καρδίαν μου - J'ai trouvé David, fils de Jessé et homme selon mon cœur: voir commentaire de Ps 89,20-21, et en particulier 1S 16; voir aussi:
בקשׁ יהוה לו אישׁ כלבבו ויצוהו יהוה לנגיד על־עמו
YHWH s'est choisi un homme selon son coeur, et YHWH l'a destiné à être le chef de son peuple (1S 13,14; LXX: ζητήσει κύριος ἑαυτῷ ἄνθρωπον κατὰ τὴν καρδίαν αὐτοῦ, καὶ ἐντελεῖται κύριος αὐτῷ εἰς ἄρχοντα ἐπὶ τὸν λαὸν αὐτοῦ)
לעשׂות־רצונך אלהי חפצתי
Je veux faire ta volonté, mon Dieu! (Ps 40,9; LXX: τοῦ ποιῆσαι τὸ θέλημά σου, ὁ θεός μου, ἐβουλήθην)
כל־חפצי ישׁלם
il accomplira toute ma volonté (Is 44,28; LXX: Πάντα τὰ θελήματά μου ποιήσει).

Verset 24.
βάπτισμα μετανοίας - le baptême de repentance: voir Lc 3,3: "βάπτισμα μετανοίας εἰς ἄφεσιν ἁμαρτιῶν - le baptême de repentance, pour la rémission des péchés".

<- La vocation du Précurseur - Fresque (Xème siècle) de l'Ancienne église de Tokahkilise (Cappadoce)

Verset 25.
ἔρχεται μετ᾿ ἐμὲ οὗ οὐκ εἰμὶ ἄξιος τὸ ὑπόδημα τῶν ποδῶν λῦσαι - après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers: voir Mt 3,11 // Lc 3,16 et Jn 1,19-27.
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• Ac 13,14;43-52.

Antioche de Pisidie (actuellement Yalvaç, en Turquie; voir la carte ci-dessus): une communauté juive importante, mais sans doute de tendance traditionaliste, repousse Paul et Barnabas, parvenant même à les faire expulser du territoire.
Les apôtres se tournent alors vers les païens, qui accueillent avec joie la Bonne Nouvelle de leur appel au salut.
C'est à partir de ce moment-là, selon le témoignage de l'auteur des Actes, que l'Évangile est annoncé à tous sans distinction. Bientôt, le "concile de Jérusalem" (Ac 15,1-35) décrétera la légitimité de cet universalisme, et reconnaîtra Paul comme "l'Apôtre des Gentils" (= des goïm, des "païens", des non-Juifs) choisi par Dieu.

Le contexte:
Sur Ac 13,1 - 14,28:
• Paul et Barnabas, premiers missionnaires envoyés par l'Église d'Antioche (de Syrie), partent annoncer l'Évangile dans le monde païen.
Sous l'impulsion du Saint Esprit, ils sont mis à part par l'Église dans ce but (13,1-5).
- Ils commencent par se rendre à Chypre (13,6-12), île d'où Barnabas était originaire. Conformément à une stratégie qui s'enracine dans le plan de Dieu, Paul et Barnabas s'adressent en premier lieu aux Juifs, puis cherchent le contact avec les non-Juifs (13,6-7;46-48; 14,1). L'opposition se manifeste en la personne d'Elymas le magicien (comp. 8,9-24).
- A Antioche de Pisidie (13,13-52), Paul fait dans la synagogue un discours (vv.16-41) qui donne une idée de sa prédication aux Juifs. Il y développe des thèmes très proches de ceux des prédications de Pierre (Ac 2-3).
- A Lystres (14,15-17) en revanche Paul s'adresse à des païens (voir 17,16-34); son discours souligne, contre les idoles, la réalité du Dieu unique et Créateur, qui - jour après jour - prend soin de ses créatures.
Dans chacune des villes qu'ils visitent, Paul et Barnabas ont affaire à l'opposition des Juifs (13,50; 14,2;5;19;22); cependant, malgré leur hostilité, les deux "apôtres" (14,4;14) retournent dans les communautés qu'ils ont créées pour fortifier les croyants et consolider le travail accompli (14,21-25), puis reviennent à Antioche de Syrie, dans l'Eglise qui jouera pour Paul, tout au long de son ministère, le rôle de base missionnaire.

Traduction et notes:

Verset 14.
αὐτοὶ δὲ διελθόντες ἀπὸ τῆς Πέργης παρεγένοντο εἰς ᾿Αντιόχειαν τῆς Πισιδίας, καὶ εἰσελθόντες εἰς τὴν συναγωγὴν τῇ ἡμέρᾳ τῶν σαββάτων ἐκάθισαν.
De Pergé ils poursuivirent leur route, et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s'assirent. 

Verset 43.
λυθείσης δὲ τῆς συναγωγῆς, ἠκολούθησαν πολλοὶ τῶν ᾿Ιουδαίων καὶ τῶν σεβομένων προσηλύτων τῷ Παύλῳ καὶ τῷ Βαρνάβᾳ, οἵτινες προσλαλοῦντες αὐτοῖς ἔπειθον αὐτοὺς προσμένειν τῇ χάριτι τοῦ Θεοῦ. 
et, à l'issue de l'assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui s'entretinrent avec eux, et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de Dieu.
τῶν σεβομένων προσηλύτων - de prosélytes pieux: Normalement, cette expression désignait les païens convertis au Judaïsme et ayant en particulier adopté la circoncision; mais ici il pourrait s'agir d'un groupe beaucoup plus large (voir 13,16 - et note sur ce verset, plus haut).

Verset 44.
Τῷ δὲ ἐρχομένῳ σαββάτῳ σχεδὸν πᾶσα ἡ πόλις συνήχθη ἀκοῦσαι τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ.
Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de Dieu.

Verset 45.
ἰδόντες δὲ οἱ ᾿Ιουδαῖοι τοὺς ὄχλους ἐπλήσθησαν ζήλου καὶ ἀντέλεγον τοῖς ὑπὸ τοῦ Παύλου λεγομένοις ἀντιλέγοντες καὶ βλασφημοῦντες.
Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie, et ils s'opposaient à ce que disait Paul, en le contredisant et en l'injuriant.

Verset 46.
παρρησιασάμενοι δὲ ὁ Παῦλος καὶ ὁ Βαρναβᾶς εἶπον· ὑμῖν ἦν ἀναγκαῖον πρῶτον λαληθῆναι τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ· ἐπειδὴ δὲ ἀπωθεῖσθε αὐτὸν καὶ οὐκ ἀξίους κρίνετε ἑαυτοὺς τῆς αἰωνίου ζωῆς, ἰδοὺ στρεφόμεθα εἰς τὰ ἔθνη.
Paul et Barnabas leur dirent avec assurance: C'est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. 
πρῶτον - premièrement: Voir 3,26; 13,5. Paul utilisera régulièrement cette approche: s'adresser d'abord aux Juifs (13,14;14,1; 17,1;10;17; 18,4;19; 19,8); voir Rm 1,16.

Verset 47.
οὕτω γὰρ ἐντέταλται ἡμῖν ὁ Κύριος· τέθεικά σε εἰς φῶς ἐθνῶν τοῦ εἶναί σε εἰς σωτηρίαν ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς.
Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur:
Je t'ai établi pour être la lumière des nations,
Pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre
τέθεικά σε εἰς φῶς ἐθνῶν τοῦ εἶναί σε εἰς σωτηρίαν ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς - Je t'ai établi pour être la lumière des nations, Pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre: Is 49,6d.e:
ונתתיך לאור גוים להיות ישׁועתי עד־קצה הארץ׃
LXX: ἰδοὺ τέθεικά σε εἰς διαθήκην γένους εἰς φῶς ἐθνῶν τοῦ εἶναί σε εἰς σωτηρίαν ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς.
Vulgate: dedi te in lucem gentium ut sis salus mea usque ad extremum terrae.
Paul et Barnabas interprètent leur ministère à la lumière de la mission du Serviteur de YHWH-l'Éternel. Ils vont être les hérauts des hauts faits du Serviteur (voir aussi Is 53,1 cité en Rm 10, 16), prolongeant par leur ministère celui du Serviteur. Telle est en fait la fonction des apôtres qui ont eu la charge d'annoncer et d'expliquer l'œuvre du Serviteur.  

Verset 48.
ἀκούοντα δὲ τὰ ἔθνη ἔχαιρον καὶ ἐδόξαζον τὸν λόγον τοῦ Κυρίου, καὶ ἐπίστευσαν ὅσοι ἦσαν τεταγμένοι εἰς ζωὴν αἰώνιον·
Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent.

Verset 49.
διεφέρετο δὲ ὁ λόγος τοῦ Κυρίου δι᾿ ὅλης τῆς χώρας. 
La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays.

Verset 50.
οἱ δὲ ᾿Ιουδαῖοι παρώτρυναν τὰς σεβομένας γυναῖκας καὶ τὰς εὐσχήμονας καὶ τοὺς πρώτους τῆς πόλεως καὶ ἐπήγειραν διωγμὸν ἐπὶ τὸν Παῦλον καὶ τὸν Βαρνάβαν, καὶ ἐξέβαλον αὐτοὺς ἀπὸ τῶν ὁρίων αὐτῶν. 
Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire.
τὰς σεβομένας - dévotes: Voir v.43 et note.
• διωγμὸν une persécution: Voir 14,2;5;19;22.

Verset 51.
οἱ δὲ ἐκτιναξάμενοι τὸν κονιορτὸν τῶν ποδῶν αὐτῶν ἐπ᾿ αὐτοὺς ἦλθον εἰς ᾿Ικόνιον.
Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Iconium.
• ἐκτιναξάμενοι τὸν κονιορτὸν τῶν ποδῶν αὐτῶν ἐπ᾿ αὐτοὺς secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds: En revenant d'un voyage en territoire païen, les Juifs avaient coutume de secouer de leurs pieds la poussière de ces terres pour signifier qu'ils ne gardaient rien de commun avec les païens. En Mt 10,14, Jésus demande aux disciples d'accomplir ce même geste vis-à-vis de certains de leurs concitoyens, donc de les considérer comme des païens.
• εἰς ᾿Ικόνιονà Iconium: Voir la carte ci-dessus.

Verset 52.
οἵ δὲ μαθηταὶ ἐπληροῦντο χαρᾶς καὶ Πνεύματος ῾Αγίου. 
tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint Esprit.
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• Ac 15,1-2;22-29.

Faut-il, peut-on imposer aux autres des pratiques ancestrales, de valeur certes incontestable, et qui ont jalonné le chemin de certains vers l'Évangile?
C'est la question que pose l'intervention, sans nul doute bien intentionnée, de chrétiens venus de Judée à Antioche.
Au terme d'une sérieuse discussion (non lue ici), l'assemblée - souvent appelée "le Concile de Jérusalem" - consciente de l'assistance de l'Esprit Saint, a pris une décision inspirée par le souci de l'unité et de la charité dans les communautés composées de convertis venus les uns du judaïsme, les autres du paganisme.

Le contexte:
Sur Ac 15,1-35: Cette section occupe une place importante dans le déroulement des Actes. On y trouve le témoignage de la première grande crise interne de l'Église - qui aurait pu miner tout ce qui avait été entrepris, à Antioche de Syrie (11,19-30) ou lors du premier voyage missionnaire de Paul (13-14).
La question qui a suscité cette crise est celle du rapport entre le salut en Jésus Christ et les institutions de la Première Alliance: pour être sauvés, les croyants d'origine païenne devaient-ils d'abord devenir des Juifs zélés (15,1;5)?
Par ailleurs, cette question posait, bien entendu, celle de la définition du "peuple de Dieu".
Ces questions étaient d'autant plus aiguës qu'il ne s'agissait plus de quelques païens (comme Corneille) qui adhéraient à la foi chrétienne, mais d'Églises entières qui se constituaient, composées essentiellement de non-Juifs.
La décision du Concile de Jérusalem allie plusieurs éléments:
- la prise en compte de l'œuvre de Dieu (7-13);
- l'enseignement normatif (15) de l'Écriture;
- le pragmatisme (21).
C'est l'Évangile de la grâce, sans la nécessité de la circoncision, qui est rappelé (9;11;28), mais aussi le souci de ne pas scandaliser les chrétiens d'origine juive, membres des communautés de la diaspora (20;21;29).

Traduction et notes:

Verset 1.
Καί τινες κατελθόντες ἀπὸ τῆς ᾿Ιουδαίας ἐδίδασκον τοὺς ἀδελφοὺς ὅτι ἐὰν μὴ περιτέμνησθε τῷ ἔθει Μωϋσέως, οὐ δύνασθε σωθῆναι. 
Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant: Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.
Ces "hommes venus de la Judée", qui enseignaient à Antioche la nécessité de la circoncision et du respect de la Torah pour "être sauvé" (voir 15,5) ont probablement la même doctrine que les perturbateurs qui s'étaient introduits dans les Églises de Galatie (voir Ga 2,15-21; 5,2-4; 6,15 et à cette page).
Ils devaient penser que l'accomplissement du plan de Dieu en Jésus Christ devait s'inscrire dans le cadre des institutions de la Première Alliance. 15,24 montre qu'ils n'avaient cependant pas l'appui des Églises chrétiennes de Jérusalem et de Judée.

Verset 2.
γενομένης οὖν στάσεως καὶ ζητήσεως οὐκ ὀλίγης τῷ Παύλῳ καὶ τῷ Βαρνάβᾳ πρὸς αὐτοὺς, ἔταξαν ἀναβαίνειν Παῦλον καὶ Βαρνάβαν καί τινας ἄλλους ἐξ αὐτῶν πρὸς τοὺς ἀποστόλους καὶ πρεσβυτέρους εἰς ῾Ιερουσαλὴμ περὶ τοῦ ζητήματος τούτου.
Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens, pour traiter cette question.
πρεσβυτέρους - les anciens: Voir note sur 14,23 ci-dessus; l'emploi du terme "πρεσβύτερος" est particulièrement significatif du fait que l'on parle ici deresponsables de l'Église chrétienne de Jérusalem - donc d'origine juive.

Verset 22.
Tότε ἔδοξε τοῖς ἀποστόλοις καὶ τοῖς πρεσβυτέροις σὺν ὅλῃ τῇ ἐκκλησίᾳ ἐκλεξαμένους ἄνδρας ἐξ αὐτῶν πέμψαι εἰς ᾿Αντιόχειαν σὺν τῷ Παύλῳ καὶ Βαρνάβᾳ, ᾿Ιούδαν τὸν ἐπικαλούμενον Βαρσαββᾶν καὶ Σίλαν, ἄνδρας ἡγουμένους ἐν τοῖς ἀδελφοῖς,
Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l'Église, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabé, Jude appelé Barsabbas et Silas, hommes considérés entre les frères.
• Βαρνάβᾳ- Barnabé (ou Barnabas): Surnom de Joseph, originaire de Chypre, cousin de Marc, généreux (4,36-37), qualifié d' "apôtre" (11,24); c'est lui qui a introduit Saül, nouveau converti, dans l'Église (9,26-27), a œuvré avec lui (devenu "Paul") à Antioche de Syrie, puis est parti, également avec lui, pour le premier voyage missionnaire. Prophète et docteur, il a participé au Concile de Jérusalem (13,1; 15,2-30).
Ιούδαν τὸν ἐπικαλούμενον Βαρσαββᾶν- Jude appelé Barsabbas: Prophète, délégué par le Concile de Jérusalem auprès de l'Église d'Antioche de Syrie (15,22;32). Auteur de l'épître de Jude.
Σίλαν- Silas: Forme hellénisée de Saül ("le réclamé"), dont Silvanus (-> Silvain) est la forme latine. Judéo-chrétien et citoyen romain (16,37), comme Paul, Silas joue un rôle important à Jérusalem. Après le Concile de Jérusalem, il accompagnera Paul dans son deuxième voyage missionnaire (il sera emprisonné à Philippes: 16,19-29) et participera à l'évangélisation de Corinthe. Coexpéditeur de plusieurs épîtres (1Th; 2Th; 2Co 1,19; 1P 5,12).

Verset 23.
γράψαντες διὰ χειρὸς αὐτῶν τάδε· οἱ ἀπόστολοι καὶ οἱ πρεσβύτεροι καὶ οἱ ἀδελφοὶ τοῖς κατὰ τὴν ᾿Αντιόχειαν καὶ Συρίαν καὶ Κιλικίαν ἀδελφοῖς τοῖς ἐξ ἐθνῶν χαίρειν.
Ils les chargèrent d'une lettre ainsi conçue:
Les apôtres, les anciens, et les frères, aux frères d'entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut!

Verset 24.
 ᾿Επειδὴ ἠκούσαμεν ὅτι τινὲς ἐξ ἡμῶν ἐξελθόντες ἐτάραξαν ὑμᾶς λόγοις ἀνασκευάζοντες τὰς ψυχὰς ὑμῶν, λάγοντες περιτέμνεσθε καὶ τηρεῖν τὸν νπόμον, οἷς οὐ διεστειλάμεθα,
Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes,
τινὲς ἐξ ἡμῶν ἐξελθόντες- quelques hommes partis de chez nous: Voir v.1 et note ci-dessus.

Verset 25.
ἔδοξεν ἡμῖν γενομένοις ὁμοθυμαδὸν, ἐκλεξαμένους ἄνδρας πέμψαι πρὸς ὑμᾶς σὺν τοῖς ἀγαπητοῖς ἡμῶν Βαρνάβᾳ καὶ Παύλῳ,
nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul,

Verset 26.
ἀνθρώποις παραδεδωκόσι τὰς ψυχὰς αὐτῶν ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος τοῦ Κυρίου ἡμῶν ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ.
ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. 

Verset 27.
ἀπεστάλκαμεν οὖν ᾿Ιούδαν καὶ Σίλαν καὶ αὐτοὺς διὰ λόγου ἀπαγγέλλοντας τὰ αὐτά.
Nous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. 

Verset 28.
ἔδοξε γὰρ τῷ ῾Αγίῳ Πνεύματι καὶ ἡμῖν μηδὲν πλέον ἐπιτίθεσθαι ὑμῖν βάρος πλὴν τῶν ἐπάναγκες τούτων,
Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire,
ἔδοξε- il a paru bon: La formule est officielle (cf. v.25), et ne doit pas laisser penser qu'il ne s'agit que de l'expression d'un avis. La mention de l'Esprit Saint souligne l'autorité de la décision.

Verset 29.
ἀπέχεσθαι εἰδωλοθύτων καὶ αἵματος καὶ πνικτοῦ καὶ πορνείας· ἐξ ὧν διατηροῦντες ἑαυτοὺς εὖ πράξετε. ῎Ερρωσθε.
soit: de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu.
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