Textes tirés de l'Évangile selonsaint Jean
Saint Jean symbolisé par l'aigle
Plaque de reliure émaillée - XIIème siècle - (Musée de Cluny, Paris) ->
<- Mosaïque - Mausolée de Galla Placidia - Ravenne
Détail
de broderie (fils d'or et d'argent sur velours) pour ornement
liturgique - 1681 - Couvent patriarcal de Bzommar (Liban) ->
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3. Chapitres 10 à 14
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• Jn 10,27-30.
"Écouter"
et "suivre", "connaître" et "donner la vie": quatre verbes expriment
les relations entre le divin Pasteur et ses brebis, dont la sécurité
est assurée par le Père avec qui le Christ est UN.
Le contexte:
• Sur Jn 10,22-42:
Comme
plusieurs des épisodes précédents, ce discours de Jésus est associé à
une fête: celle de la Dédicace, pendant laquelle on célébrait la
reconsécration de l'autel du Temple de Jérusalem, profané par Antichos
Épiphane (voir la pages sur 'Hanoukka et sur les livres des Maccabées). Or
Jésus se présente comme celui que le Père a "consacré et envoyé dans le
monde" (v.36). En lui, Dieu réside comme en son Temple, établi parmi
les hommes. Car le Père et lui sont Un (v.30); ce qui est vrai de l'un
l'est de l'autre (vv.28-29;38), et ceux qui croient en lui ont la vie
en lui (v.28).
Par cette
section, Jean complète la section précédente (vv.1-21), comme le montre
l'image des brebis, qui leur est commune (voir le § sur cette image à cette page).
Traduction et notes:
Verset 27.
τὰ πρόβατα τὰ ἐμὰ τῆς φωνῆς μου ἀκούει, κἀγὼ γινώσκω αὐτά, καὶ ἀκολουθοῦσί μοι,
Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent.
Verset 28.
κἀγὼ
ζωὴν αἰώνιον δίδωμι αὐτοῖς, καὶ οὐ μὴ ἀπόλωνται εἰς τὸν
αἰῶνα, καὶ οὐχ ἁρπάσει τις αὐτὰ ἐκ τῆς χειρός μου.
Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.
• ζωὴν αἰώνιον - la vie éternelle: Voir 1,4 et note à cette page et 3,15. Cette "vie" "réside dans" le Christ (1,4), elle est donc un don divin; elle n'est pas temporaire, comme la vie physique, mais "éternelle" (3,15);
elle est pour le monde présent, mais elle est caractéristique du monde
à venir; elle est donc d'une tout autre qualité que la vie physique.
C'est par cette expression "la vie éternelle" que - après avoir parlé
de la nouvelle naissance à la vie de l'Esprit - Jean traduit à partir
de 3,15 l'expression "le royaume de Dieu".
Verset 29.
ὁ πατήρ μου, ὃς δέδωκέ μοι, μεῖζων πάντων ἐστι, καὶ οὐδεὶς δύναται ἁρπάζειν ἐκ τῆς χειρὸς τοῦ πατρός.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.
• ὃς δέδωκέ μοι, μεῖζων πάντων ἐστι- qui me les a données, est plus grand que tous: Certains manuscrits (Wescott-Hort, 1881; Tischendorf 1869 par ex.) donnent "ο δεδωκεν μοι παντων μειζον εστιν", soit "ce qu'il m'a donné est plus grand que tout(es autres choses)".
Le Codex Sinaiticus (milieu du IVème s.; le plus ancien donnant l'intégralité de la Bible) donne bien "μεῖζων".
On peut remarquer que "μου" avait été omis.Mais le relatif a ici la forme "ο"; le copiste a ajouté (comme c'était fréquemment le cas à cette époque) un "ν" euphonique au verbe "δέδωκε" bien qu'il ne soit pas suivi d'une voyelle; on notera que le "ν" de "πάντων" est abrégé par un trait horizontal sur le "ω": les variantes citées ci-dessus sont donc conformes au CS - sauf pour ce qui est du comparatif "μεῖζων"!
Verset 30.
ἐγὼ καὶ ὁ πατὴρ ἕν ἐσμεν.
Moi et le Père nous sommes un.
• ἕν - un: Cette unité est évoquée dans les vv.28-29 (la main de Jésus, v.28, est la main du Père,v.29).
Jésus
a déjà montré son unité avec le Père: ils ont un même projet, une même
autorité, un même jugement, les mêmes œuvres, les mêmes paroles; mais
il franchit ici une étape de plus, en affirmant son unité d'être, d'essence, avec le Père: le mot ἕν est neutre, il ne signifie donc pas que Jésus et le Père sont une seule et même personne (on aurait alors εἷς heïs, au masculin), mais qu'ils ont une seule et même nature divine. Voir 17,11;21.
Prolongements:
Que le Dieu de la paix - qui "a élu David son serviteur et qui l'a enlevé à ses troupeaux de brebis" (Ps 78,70), lui le plus petit des fils de Jessé (1S 17,14)
- le pasteur des pasteurs et le guide des guides, se présente à
lui-même un troupeau splendide et sans tache, digne du bercail
d'en-haut, au séjour des bienheureux, dans la splendeur des saints;
pour que, tous, troupeau et pasteurs confondus, nous disions dans son
temple sa gloire, dans le Christ.
- Basile de Séleucie (?-v. 468), évêque - Homélie 26 sur le Bon Pasteur
« Je suis le bon pasteur, le vrai berger » (Jn 10,11)
Abel, le premier pasteur, fit l'admiration du Seigneur qui
accueillit volontiers son sacrifice et préféra encore le donateur au
don qu'il lui faisait (Gn 4,4). L'Écriture vante aussi Jacob, berger
des troupeaux de Laban, notant les peines qu'il prit pour ses brebis :
« J'ai été dévoré par la chaleur pendant le jour et par le froid durant
la nuit » (Gn 31,40) ; et Dieu récompensa cet homme de son labeur.
Berger, Moïse le fut lui aussi, sur les montagnes de Madian, aimant
mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître la
jouissance [dans le palais de Pharaon]. Dieu, admirant ce choix, se
laissa voir de lui en récompense (Ex 3,2). Et après la vision, Moïse
n'abandonne pas son office de pasteur, mais de son bâton commande aux
éléments (Ex 14,16) et fait paître le peuple d'Israël. David fut lui
aussi pasteur mais son bâton de berger fut changé en sceptre royal et
il reçut la couronne. Ne t'étonne pas si tous ces bons bergers sont
proches de Dieu. Le Seigneur lui-même ne rougit pas d'être appelé «
pasteur » (Ps 22; 79). Dieu ne rougit pas de paître les hommes, pas
plus qu'il ne rougit de les avoir créés.
Mais regardons maintenant notre berger, le Christ ; voyons son
amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il
se réjouit des brebis qui l'entourent comme il cherche celles qui
s'égarent. Monts ni forêts ne lui font pas obstacle ; il court dans la
vallée de l'ombre (Ps 22,4) pour parvenir jusqu'à l'endroit où se
trouve la brebis perdue... On le voit aux enfers ; il donne l'ordre
d'en sortir ; c'est ainsi qu'il cherche l'amour de ses brebis. Celui
qui aime le Christ, c'est celui qui sait entendre sa voix.
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• Jn 13,31-33b;34-35.
Retourné auprès du Père,
Jésus reste avec les siens. Ce ne sont pas les discours qui témoignent
de cette présence invisible, mais l'amour que les chrétiens ont les uns
pour les autres. "Comme je vous ai aimés" dit Jésus. La charité
fraternelle et son expression ont donc une dimension vraiment divine.
Le contexte:
• Sur Jn 13,31 - 14,31:
• Il est intéressant de comparer le discours d'adieu de Jésus à ceux de grandes figures bibliques:
- Jacob, Gn 49;
- Moïse, Dt 33;
- David, 1Ch 28-29;
- Paul, Ac 20,18-38.
Au cours de ces discours d'adieu, l'orateur
- annonce son départ, suscitant la tristesse;
- rappelle pour ses proches et les générations à venir l'essentiel de son enseignement et de la sagesse acquise.
Jésus,
Sagesse de Dieu, transmet ou rappelle à ses disciples tout ce dont ils
auront besoin pour supporter l'épreuve qui approche, et pour poursuivre
la mission qui leur est confiée.
• Plan de la section:
1. Introduction au discours: la gloire à venir et le nouveau commandement (13,31-38).
2. Jésus réconforte ses disciples en leur présentant les avantages de son départ:
- il leur préparera une place;
- il va leur donner un Défenseur;
- il répondra à leurs prières;
- ils auront sa paix (14).
• Le passage est rythmé par quatre demandes, formulées par quatre disciples différents:
- Où vas-tu (13,36)?
- Comment pouvons-nous y aller (14,5)?
- Montre-nous le Père (14,8).
- Pourquoi à nous et pas au monde (14,22)?
Traduction et notes:
Verset 31.
῞Οτε οὖν ἐξῆλθε, λέγει ὁ ᾿Ιησοῦς· νῦν ἐδοξάσθη ὁ Υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου, καὶ ὁ Θεὸς ἐδοξάσθη ἐν αὐτῷ.
Lorsque [Judas] fut sorti, Jésus dit: "Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.
• ὁ Υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου - le Fils de l'homme: Voir 1,51. Allusion à la vision de Jacob (Gn 28,12-13).
<-
Ferdinand BOL (1616-1680) – Le songe de Jacob (vers
1642) – Gemäldegalerie, Dresde.
Verset 32.
῞εἰ ὁ Θεὸς ἐδοξάσθη ἐν αὐτῷ καὶ ὁ Θεὸς δοξάσει αὐτὸν ἐν ἑαυτῷ, καὶ εὐθὺς δοξάσει αὐτόν.
Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt.
• εἰ ὁ Θεὸς ἐδοξάσθη ἐν αὐτῷ - Si Dieu a été glorifié en lui: Certains
manuscrits ne comportent pas ce membre de phrase (Nestle-Aland, par
ex., ne le donne pas); dans ce cas, la conjonction "καί"
a sa valeur simple de coordination: "et", mettant sur le même plan
quatre indépendantes (le grec, contrairement au français, répète la
coordination):
- νῦν ἐδοξάσθη ὁ Υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου - Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié,
- καὶ ὁ Θεὸς ἐδοξάσθη ἐν αὐτῷ - (et) Dieu a été glorifié en lui,
- καὶ ὁ Θεὸς δοξάσει αὐτὸν ἐν ἑαυτω - (et) Dieu le glorifiera en lui-même,
- καὶ εὐθὺς δοξάσει αὐτόν - et il le glorifiera bientôt.
Cette version est d'autant plus possible que - ne l'oublions jamais! - les manuscrits anciens n'étaient pas ponctués.
Codex Sinaiticus (milieu du IVème s.),
les versets 31-32 ->
On voit que ce codex ne fait figurer le segment ci-dessus qu'en rajout de marge.
Verset 33.
῞τεκνία,
ἔτι μικρὸν μεθ᾿ ὑμῶν εἰμι. ζητήσετέ με, καὶ καθὼς εἶπον τοῖς
᾿Ιουδαίοις ὅτι ὅπου ὑπάγω ἐγὼ, ὑμεῖς οὐ δύνασθε ἐλθεῖν, καὶ
ὑμῖν λέγω ἄρτι.
Mes
petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me
chercherez; et, comme j'ai dit aux Juifs: Vous ne pouvez venir où je
vais, je vous le dis aussi maintenant.
• ὅπου ὑπάγω ἐγὼ- là où moi je vais: Voir 7,33-35.
Verset 34.
῞ἐντολὴν καινὴν δίδωμι ὑμῖν ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους, καθὼς ἡγάπησα ὑμᾶς ἵνα καὶ ὑμεῖς ἀγαπᾶτε ἀλλήλους.
Je
vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres;
comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
• ἀγαπᾶτε ἀλλήλους- Aimez-vous les uns les autres: L' "amour" est ici une action plus qu'un sentiment.
Le "commandement" est "nouveau" (même adjectif qu'en Ap 21,1: voir note à cette page) à cause de l'exemple qui en est donné, et à cause du cadre dans lequel il s'exprime: - Le lavement des pieds (13,1-5), et plus encore la Croix, montrent ce à quoi Jésus fait référence (l'amour = le don de soi).
- Le cadre de l'obéissance à ce commandement est ici la communauté des disciples.
Commentaire patristique:
De Saint Cyrille d'Alexandrie - Commentaire sur l'Évangile de Jean, IX.
Voyez-vous
la nouveauté de son amour envers nous? La Loi prescrit en effet d'aimer
son frère comme soi-même. Or notre Seigneur Jésus Christ nous a aimés
plus que lui-même, puisque, vivant dans les mêmes conditions que Dieu
le Père et dans l'égalité avec lui, il ne serait pas descendu jusqu'à
notre bassesse, il n'aurait pas subi les gifles, les moqueries, et tout
ce qu'il a subi - si je voulais énumérer dans le détail tout ce qu'il a
subi, je n'en finirais pas - et d'abord, il n'aurait pas voulu, étant
riche, se faire pauvre, s'il ne nous avait pas aimés plus que lui-même.
Une telle mesure d'amour est donc inouïe et nouvelle.
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• Jn 14,1-12
Remarques:
• Sur saint Jean et son évangile, voir à cette page.
• Sur Jn 13,31 - 14,31:voir ci-dessus.
• Sur ce passage (d'après Marie-Noëlle Thabut) :
Si Jésus commence par dire « Ne soyez donc pas bouleversés », c'est que les disciples ne cachaient pas leur angoisse, ils se savaient
cernés par l'hostilité générale.
Cette angoisse se doublait, pour certains d'entre eux au moins, d'une
horrible
déception: « Nous espérions qu'il était celui qui allait
délivrer Israël (sous-entendu des Romains) » diront les disciples d'Emmaüs quelques jours plus tard ; les Apôtres
partageaient cette espérance politique ; or leur chef va être condamné, exécuté...
Et, donc, Jésus s'emploie à déplacer leur espérance: il ne va pas combler l'attente que ses miracles ont fait naître ; il
ne va pas prendre la tête du soulèvement national contre l'occupant ;
au contraire, il n'a cessé de prêcher la non-violence. Mais la
libération qu'il apporte se situe sur un autre plan. S'il ne comble pas
l'attente terrestre de son peuple, il est pourtant celui qu'on
attendait.
Il commence par faire appel à leur foi, à cette attitude fondamentale du peuple juif que nous lisons, dans tous les Psaumes par exemple ; l'espérance ne peut en effet s'appuyer que sur la foi, et Jésus revient plusieurs fois sur le
mot « croire » ; « Ne soyez donc pas bouleversés (puisque) vous croyez
en Dieu ».
Mais une chose est de croire en Dieu (ce qui est acquis), une
autre est de croire en Jésus, surtout au moment précisément où il semble avoir
définitivement perdu la partie...
Pour
accorder à Jésus la même foi qu'à
Dieu, il faut, pour ses contemporains, faire un saut formidable. Il
faut donc qu'il leur fasse percevoir l'unité profonde entre le Père
et lui.
Et c'est la deuxième ligne de force de ce texte :
« Je suis dans le Père et le Père est en moi » (et cette phrase-là, il
la dit deux fois)... « Celui qui m'a vu a vu le Père »...
Cette
dernière phrase résonne tout particulièrement lorsqu'on sait ce qui est
arrivé quelques heures plus tard : cela signifie que la révélation du
Père culmine sur la Croix ; et que fait Jésus, mourant, sur la Croix ? Il
continue à aimer les hommes, tous les hommes, puisqu'il pardonne même à
ses bourreaux.
Il faudrait avoir le temps de s'attarder sur chaque phrase de ce dernier entretien de Jésus avec ses disciples,
sur chacun des mots lourds de toute l'expérience biblique : « connaître
», « voir », « demeurer », « Aller vers »... La Parole qui est en même
temps œuvre... L'expression « Je suis » qui pour des oreilles juives
ne peut pas ne pas évoquer Dieu lui-même. Oser dire « Je suis la vérité
et la vie » c'est s'identifier à Dieu lui-même. Et en même temps ces
deux personnes sont bien distinctes, puisque Jésus dit « Je suis le
chemin » (sous-entendu vers le Père).
« Personne ne va vers le Père sans passer par moi » : autre manière de
dire « Je suis le chemin » ou « Je suis la porte » comme dans le
discours du Bon Pasteur
; ce n'est certainement pas une mise en garde ou une sorte d'obligation
qui est dite là, c'est beaucoup plus profond que cela
: il s'agit du mystère de notre solidarité en Jésus-Christ ; c'est vraiment un "mystère",
nous avons bien du mal à nous en faire une idée... et pourtant c'est
l'essentiel du projet de Dieu ; le « Christ total », comme dit saint
Augustin, c'est l'humanité tout entière!
Cette solidarité en Jésus-Christ est dite à toutes les pages du Nouveau
Testament ; Paul, par exemple, la dit quand il parle du "Nouvel Adam", et
aussi quand il dit que "le Christ est la tête du Corps dont nous sommes
les membres".
« La création tout entière gémit dans les douleurs d'un
enfantement qui dure encore »: l'enfantement dont il parle, c'est
celui du Corps du Christ justement.
Jésus lui-même a très souvent
employé l'expression « Fils de l'Homme » pour annoncer la victoire
définitive de l'humanité tout entière rassemblée comme un seul homme.
Si l'on prend au sérieux cette phrase « Personne ne va vers le Père sans
passer par moi » et si on y entend la solidarité de toute l'humanité
en Jésus-Christ, alors il faut aussi dire la réciproque : « Le Christ
ne va pas vers le Père sans nous ».
C'est le sens des phrases du début
: « Là où je suis, vous y serez vous aussi » ...
« Quand je serai allé
vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi ». Paul le
dit encore autrement : « Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu
manifesté en Jésus-Christ » (Rm 8, 39).
Jésus termine par une promesse solennelle : « Celui qui croit en moi
accomplira les mêmes œuvres que moi » ; après tout ce qu'il vient de
dire sur lui, le mot « œuvres » ne signifie sûrement pas seulement
"miracles" ; dans tout l'Ancien Testament, le mot « œuvre » en parlant
de Dieu est toujours un rappel de la grande œuvre de Dieu pour libérer
son peuple.
Ce qui signifie que désormais les disciples sont associés à l'œuvre entreprise par Dieu pour libérer l'humanité de
tout esclavage physique ou moral. Cette promesse du Christ devrait nous
convaincre tous les jours que cette libération est possible!
Traduction et notes:
Verset 1.
Μὴ ταρασσέσθω ὑμῶν ἡ καρδία· πιστεύετε εἰς τὸν Θεόν, καὶ εἰς ἐμὲ πιστεύετε.
Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi.
• μὴ ταρασσέσθω - ne se trouble point:Les paroles que les apôtres viennent d'entendre ont de quoi les troubler (par ex. 13,21:
"L'un de vous me livrera";33: "Vous me chercherez; vous ne pouvez venir
où je vais";36: "Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais
tu me suivras plus tard"). Jésus va répondre à leur inquiétude en leur
annonçant la venue de l'Esprit (14,16sqq) et en leur donnant la paix (14,27)
• πιστεύετε εἰς τὸν Θεόν, καὶ εἰς ἐμὲ πιστεύετε-Croyez en Dieu, et croyez en moi: La forme "πιστεύετε"
peut être un impératif, mais également un indicatif; c'est pourquoi
certaines traductions donnent: "Vous croyez en Dieu, croyez aussi en
moi"- en donnant à la conjonction "καί" son sens fort (par ex. Derby, Martin, BJ).
La structure concentrique (A πιστεύετε-B εἰς τὸν Θεόν -x καὶ- B' εἰς ἐμὲ - A'πιστεύετε) de la phrase - qui implique la mise en relief du terme central, "καί" - tend à faire pencher pour cette dernière traduction.
Verset 2.
ἐν τῇ οἰκίᾳ τοῦ πατρός μου μοναὶ πολλαί εἰσιν· εἰ δὲ μή, εἶπον ἂν ὑμῖν· πορεύομαι ἑτοιμάσαι τόπον ὑμῖν·
Il
y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas,
je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.
• ἐν τῇ οἰκίᾳ τοῦ πατρός μου-dans la maison de mon Père:
L'expression "maison" de Dieu désigne le Temple dans le PT. Ici, il s'agit du Temple céleste du Père, sa demeure éternelle.
• εἶπον ἂν ὑμῖν -je vous l'aurais dit:
Comme les manuscrits n'étaient pas ponctués, on peut également traduire: "vous l'aurais-je dit?"
Après
avoir œuvré pour Dieu sur la terre, Jésus va travailler, après son
départ, en faveur des croyants, et préparer son retour (v.3).
Verset 3.
καὶ
ἐὰν πορευθῶ καὶ ἑτοιμάσω ὑμῖν τόπον, πάλιν ἔρχομαι καὶ
παραλήψομαι ὑμᾶς πρὸς ἐμαυτόν, ἵνα ὅπου εἰμὶ ἐγὼ, καὶ
ὑμεῖς ἦτε.
Et,
lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je
reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y
soyez aussi.
• πάλιν ἔρχομαι -je reviendrai :
Plusieurs interprétations ont été proposées:
- les apparitions de Jésus après sa résurrection;
- son "retour" par l'Esprit lors de la Pentecôte (voir 14,16-18);
- son retour à la fin des temps.
Certes, l'Esprit offre au croyant, dès à présent, une profonde communion avec le Seigneur (14,23; 15,4). Mais
la portée des vv.2-3 semble ici plus "concrète": Jésus annonce qu'à son
retour les croyants seront enfin avec lui dans "la place", ou la
"demeure", qu'il leur aura préparée. Cette parole ne semble pas, non
plus pouvoir s'appliquer à la situation des croyants qui, lors de leur
mort, entrent, au fil des ans, dans la présence de Dieu (Ph 1,23; 1Th 4,14)
car Jean présente le retour de Jésus comme un événement ponctuel, et
souligne que l'ensemble des croyants ("vous") sera impliqué dans ce que
Jésus fera à ce moment-là.L'interprétation la plus vraisemblable
consiste donc à voir, dans ce retour de Jésus, sa venue à la fin des
temps, lorsqu'il établira la "Tente/Demeure de Dieu" sur la terre
renouvelée qu'il "habitera" avec les hommes (Ap 21,3).
Versets 4-5.
καὶ ὅπου ἐγὼ ὑπάγω οἴδατε, καὶ τὴν ὁδόν οἴδατε.
Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.
Λέγει αὐτῷ Θωμᾶς· Κύριε, οὐκ οἴδαμεν ποῦ ὑπάγεις· καὶ πῶς δυνάμεθα τὴν ὁδὸν εἰδέναι;
Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas; comment pouvons-nous en savoir le chemin?
• τὴν ὁδόν-le chemin:
Voir 1,51.
Verset 6.
λέγει
αὐτῷ ὁ ᾿Ιησοῦς· ἐγώ εἰμι ἡ ὁδὸς καὶ ἡ ἀλήθεια καὶ ἡ
ζωή· οὐδεὶς ἔρχεται πρὸς τὸν πατέρα εἰ μὴ δι᾿ ἐμοῦ.
Jésus lui dit: Moi, je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
• ἐγώ εἰμι - Moi, je suis:
• Jésus utilise dix fois cette tournure:
- 6,35: ἐγώ εἰμι ὁ ἄρτος τῆς ζωῆς - Moi, je suis le pain de vie;
- 8,12: ἐγώ εἰμι τὸ φῶς τοῦ κόσμου - Moi, je suis la lumière du monde;
- 10,7;9: ἐγώ εἰμι ἡ θύρα - Moi, je suis la porte;
- 10,11;14: ἐγώ εἰμι ὁ ποιμὴν ὁ καλός - Moi, je suis le bon berger;
- 11,25: ἐγώ εἰμι ἡ ἀνάστασις καὶ ἡ ζωή - Moi, je suis la résurrection et la vie;
- ici: ἐγώ εἰμι ἡ ὁδὸς καὶ ἡ ἀλήθεια καὶ ἡ ζωή - Moi, je suis le chemin, la vérité, et la vie;
- 15,1: ἐγώ εἰμι ἡ ἄμπελος ἡ ἀληθινή - Moi, je suis le vrai cep;
- 15,5: ἐγώ εἰμι ἡ ἄμπελος - Moi, je suis le cep.
•Pour
la plupart, ces paroles sont associées à un miracle; les autres (comme
c'est le cas ici) résument un enseignement de Jésus. Elles rappellent
qu'une des fonctions essentielles des actes et des paroles de Jésus
était de révéler son identité et sa mission. Jésus est à la fois celui
qui apporte le don de lui-même et le don de Dieu.
•Cette affirmation le rattache en outre bien évidemment à יהוה-YHWH, son Père; on sait en effet que l'on peut comparer le nom tétragrammique
de Dieu, יהוה, au verbe היה « être » (au sens fort d'« exister ») dans ses différents états:
- l’accompli,
notre « passé » : היהHYH (= Il était de tout temps),
- l’ « actuel » : הוה HWH (= Il est aujourd'hui),
- l’inaccompli, notre « futur » : יהה YHH (= Il sera de toute éternité).
• ἡ ὁδὸς καὶ ἡ ἀλήθεια καὶ ἡ ζωή -le chemin, la vérité, et la vie:
Jésus
explique en quoi il est le "chemin" dont il vient de parler et répond
ainsi à la question de Thomas.
Il est "le chemin" vers le "Père" car il
est "la vérité et la vie".
"La vérité" car en lui Dieu est expliqué (1,18),
et tout le plan de Dieu annoncé par le PT se trouve réalisé.
"La vie"
car il donne la vie (Lazare) et donne sa vie (pour le monde).
• ἡ ὁδὸς -le chemin:
- Métaphore proche de celle de la porte (10,7): Jésus est le lien entre l'humain et Dieu, il conduit à la connaissance du Père c'est-à-dire à "la vie" (17,3).
- Le modèle de vie de
Jésus devient celui du disciple , en particulier sa fidélité jusqu'au
bout (le christianisme a parfois été appelé "la Voie"; voir Ac 9,2; 18,25; 24,22.
Verset 7.
εἰ ἐγνώκειτέ με, καὶ τὸν πατέρα μου γνώκειτε ἄν. καὶ ἀπ᾿ ἄρτι γινώσκετε αὐτὸν καὶ ἑωράκατε αὐτόν.
Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.
• εἰ ἐγνώκειτέ με-Si vous me connaissiez:
Ici, plusieurs leçons possibles:
- "ει εγνωκειτε με και τον πατερα μου εγνωκειτε ανκαι απ αρτι γινωσκετε αυτον και εωρακατε αυτον": Textus Receptus (Stephens/Scrivener)
- "ει εγνωκειτε με και τον πατερα μου αν
ηδειτε απ αρτι γινωσκετε αυτον και εωρακατε": Wescott-Hort
- "ει εγνωκατε με και τον πατερα μου γνωσεσθε και απ αρτι γινωσκετε αυτον και εωρακατε
αυτον"
: Nestle-Alland
- "ει εγνωκατε με και τον πατερα μου γνωσεσθε και απαρτι γινωσκετε αυτον και εωρακατε αυτον": Tischendorf- La leçon byzantine (2000) donne également: "ει εγνωκατε με και τον πατερα μου γνωσεσθε και απαρτι γινωσκετε αυτον και εωρακατε αυτον"
- Codex Sinaiticus (milieu du IVème siècle) donne:
"μου•ει εγνωκατεεμε•και τον πατερα μου γνωσεσθαι•και απ αρτι γνωσεσθαι αυτον και εωρακαται
αυτον•λεγει αυτω ο"
On peut donc également trouver des traductions françaises différentes:
-
Olivétan (1535) -> Ostervald (rév.1996): "Si vous m'aviez connu,
vous auriez aussi connu mon Père; et dès à présent vous le connaissez,
et vous l'avez vu."- Darby (éd.1991): "Si vous m'aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père; et dès maintenant vous le connaissez et..."
- Martin (1744): "Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père; [mais] dès maintenant vous le connaissez, et..."
- Louis Segond (1910): "Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et..."
- BJ (éd.1973): "Si vous me connaissez vous connaîtrez aussi mon Père ; dès à présent vous le connaissez et..."
-
Semeur (éd.2000): "Si vous me connaissez, vous connaitrez aussi mon
Père. Et maintenant déjà vous le connaissez, vous l'avez même vu".
Jésus souligne à plusieurs reprises qu'il agit "à l'initiative" de son Père (5,19; 7,28; 8,42), en accord avec sa volonté; que son jugement est conforme à la pensée du Père (5,30); que son enseignement vient de lui (7,16-18; 8,28; 12,49). Il répond à ceux qui lui poseraient la question de sa légitimité.
Mais cette dépendance du Fils à l'égard du Père doit être comprise dans le sens d'un partenariat d'amour (5,20), d'une intimité harmonieuse (14,10; 17,10), d'une unité d'être (10,30), d'une délégation d'autorité totale (5,20;26;27).
Verset 8.
λέγει αὐτῷ Φίλιππος· Κύριε, δεῖξον ἡμῖν τὸν πατέρα, καὶ ἀρκεῖ ἡμῖν.
Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.
• δεῖξον ἡμῖν τὸν πατέρα- montre-nous le Père:
Dans
le contexte juif, la demande de Philippe peut paraître impensable
("YHWH ne pouvait être vu"); mais que l'on pense aux théophanies, aux
révélations divines du PT; par ex. en Ex 24,10;33,18-23. Et la réponse de Jésus au v.9 a également de quoi étonner, dans ce même contexte!
Verset 9.
λέγει
αὐτῷ ὁ ᾿Ιησοῦς· τοσοῦτον χρόνον μεθ᾿ ὑμῶν εἰμι, καὶ οὐκ
ἔγνωκάς με, Φίλιππε; ὁ ἑωρακὼς ἐμὲ ἑώρακεν τὸν πατέρα· πῶς
σὺ λέγεις, δεῖξον ἡμῖν τὸν πατέρα;
Jésus
lui dit: Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m'as pas
connu, Philippe? Celui qui m'a vu a vu le Père; et comment toi, dis-tu:
Montre-nous le Père?
• ὁ ἑωρακὼς ἐμὲ ἑώρακεν τὸν πατέρα - Celui qui m'a vu a vu le Père:
Jésus n'est pas "le Père", mais il le révèle parfaitement (1,18: voir notes à cette page) en raison de l'unité qui les caractérise (voir 5,19;14,10). Jésus souligne souvent qu'il agit à l'initiative du Père (5,19;7,28;8,42), en accord avec sa volonté; que son jugement est conforme à celui du Père (5,30); que son enseignement vient de lui (7,16-18;8,28;12,49). Il répond de cette façon à ceux qui lui demanderaient "De quel droit agis-tu ainsi?".
Mais cette dépendance du Fils à l'égard de "celui qui [l']a envoyé" (4,34) doit être comprise dans le cadre d'un partenariat d'amour (5,20), d'une intimité harmonieuse (14,10;17,10), d'une unité d'être (10,30), d'une délégation d'autorité totale (5,20;26;27).
Verset 10.
οὐ
πιστεύεις ὅτι ἐγὼ ἐν τῷ πατρὶ καὶ ὁ πατὴρ ἐν ἐμοί ἐστι;
τὰ ῥήματα ἃ ἐγὼ λέγω ὑμῖν, ἀπ᾿ ἐμαυτοῦ οὐ λαλῶ· ὁ δὲ
πατὴρ ἐν ἐμοὶ μένων αὐτὸς ποιεῖ τὰ ἔργα.Ne
crois-tu pas que moi je suis dans le Père, et que le Père est en moi?
Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même;
mais le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres.
Verset 11.
πιστεύετέ μοι ὅτι ἐγὼ ἐν τῷ πατρὶ καὶ ὁ πατὴρ ἐν ἐμοί· εἰ δὲ μή, διὰ τὰ ἔργα αὐτὰ πιστεύετέ μοι.
Croyez-moi,
<croyez> que je suis dans le Père, et que le Père est en moi;
sinon, croyez-moi à cause des œuvres elles-mêmes.
Verset 12.
ἀμὴν
ἀμὴν λέγω ὑμῖν, ὁ πιστεύων εἰς ἐμὲ, τὰ ἔργα ἃ ἐγὼ ποιῶ
κάκεῖνος ποιήσει, καὶ μείζονα τούτων ποιήσει, ὅτι ἐγὼ πρὸς
τὸν πατέρα πορεύομαι·
En
vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui croit en moi fera, lui aussi,
les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que
celles-ci; parce que moi, je m'en vais au Père.
• ἀμήν - en vérité:
Transcription de l'hébreu אמן 'âmên, généralement considéré comme une formule d'acquiescement ("ainsi soit-il"); en réalité acronyme de la formule "אל מלך נאמן", "El, roi fidèle" - donc plutôt formule d'acclamation au Seigneur. • μείζονα - plus grandes:
Après
la Pentecôte, la mission va prendre une grande ampleur, et les
disciples vont communiquer les paroles de Jésus au-delà des limites
dans lesquelles il est lui-même resté. Mais, avant cela,
- Jésus doit monter au ciel, d'où il pourra répondre à leurs prières (vv.13-14);
- le saint Esprit doit leur être donné (v.16).
Méditation :
Du Bienheureux Jean-Paul II, Encyclique "Dives in misericordia", II.
Dieu, « qui habite une
lumière inaccessible » (1 Tm 6,16), parle à l'homme à travers l'image du cosmos
: en effet, « depuis la création du monde, les hommes, avec leur intelligence,
peuvent voir, à travers les œuvres de Dieu, ce qui est invisible : sa puissance
éternelle et sa divinité » (Rm 1,20). Cette connaissance indirecte et
imparfaite [...] n'est pas encore la vision du Père. « Nul n'a jamais vu Dieu »,
écrit saint Jean pour donner plus de relief à la vérité selon laquelle « le Fils
unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a révélé »
(Jn 1,18).
Cette révélation du Fils manifeste Dieu dans le mystère
insondable de son être –- un et trine –- entouré « d'une lumière inaccessible »
; cependant, dans cette révélation du Christ, nous connaissons Dieu d'abord dans
son amour envers l'homme (cf Tt 3,4). Là, « ses perfections invisibles »
deviennent visibles, incomparablement plus visibles qu'à travers toutes ses
autres œuvres : elles deviennent visibles dans le Christ et par le Christ, dans
ses actions et ses paroles, et enfin dans sa mort sur la croix et sa
résurrection. Ainsi, dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans
sa miséricorde.
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• Jn 14,15-21
Une brève variation sur quelques thèmes chers à saint Jean:- la fidélité aux commandements
- qui est un critère décisif de l'attachement au Christ, - qui intercède pour nous, - gage de l'envoi de l'Esprit Consolateur;- la fidélité chrétienne
- qui est communion - à la vie du Père et du Fils dans l'unité de l'Esprit Saint.
• Sur l'évangile selon saint Jean: voir à cette page.
• Sur Jn 13,31 - 14,31: voir plus haut.
• Sur ce passage, d'après Marie-Noëlle Thabut:
Jésus s'entretient longuement avec ses disciples pour la dernière fois. Il parle de son Père et de la relation qui
l'unit, lui, le fils, à son Père ; il parle de ce lien qui les unit
désormais, eux les apôtres,
à son Père et à lui. Un lien que rien ni personne ne pourra détruire :
« Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi en vous... Celui qui
m'aime sera aimé de mon Père. » Toutes ces phrases, ils auront bien
besoin de s'en souvenir dans les
heures qui viennent !
Et puis, au moment où il s'apprête à les quitter, il leur annonce la
venue de l'Esprit.
En bons Juifs qu'ils étaient, les apôtres connaissaient la prophétie d'Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur
neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j'enlèverai de votre corps
le cœur
de pierre et je vous donnerai un cœur
de chair. Je mettrai en
vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et
pratiquer mes coutumes » (Ez 36, 26).
Et cette autre prophétie du même Ézéchiel : « Je ne leur cacherai plus mon visage puisque j'aurai
répandu mon Esprit sur la maison d'Israël. » (Ez 39, 29).
Avec Joël, la
promesse du don de l'Esprit s'était faite universelle, et non plus
réservée aux prophètes, aux rois, ni même au peuple élu : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair. » (Jl 3, 1).
Et donc, dire à ses disciples « l'Esprit de vérité demeure auprès de vous, il est en vous », c'est
leur annoncer que le grand jour de l'Alliance définitive est arrivé.
Même ce simple mot « demeure » (dans la phrase « l'Esprit de vérité
demeure auprès de vous, il est en vous ») évoquait pour les apôtres
toute la longue attente de leur peuple : l'aspiration de tous les
croyants de l'Ancien Testament, c'était la présence de Dieu au milieu
de son peuple : l
a Tente de la Rencontre pendant
l'Exode, puis le Temple de Jérusalem; mais on
attendait l'Alliance Nouvelle où Dieu demeurerait, non pas dans des
bâtiments, mais dans le cœur
de son peuple, où il serait intimement
présent à chaque cœur
croyant ; et Dieu l'avait promis, par la bouche
d'Ézéchiel par exemple : « Ma demeure sera auprès d'eux ; je serai leur
Dieu et eux seront mon peuple » (
Ez 37, 26 -27), ou encore Zacharie : «
Crie de joie, réjouis-toi, fille de Sion, car me voici, je viens
demeurer au milieu de toi » (
Za 2, 14).
Les disciples étaient pétris de cette espérance : ils savaient que l'Alliance définitive promise par l'Ancien Testament
était destinée à l'humanité tout entière ; et tout au long de sa vie
publique, Jésus avait bien dit sa soif que le monde entier soit sauvé.
Mais alors pourquoi dit-il que le monde est incapable de recevoir
l'Esprit de vérité ? Et cela précisément en ce moment décisif du
salut ! Est-ce une restriction ? Certainement pas ! Jésus ne peut pas
se contredire. Il n'y a pas là un jugement de valeur, mais un constat ;
Jésus précise : « Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne
le voit pas et ne le connaît pas » ; et il continue « mais vous, vous
le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous et qu'il est en vous
».
Ce qui est un envoi en mission, une façon de leur dire : « Le monde ne
connaît pas l'Esprit de vérité... A vous de le lui faire connaître ; à
vous de faire découvrir au monde la présence active de l'Esprit en
toute chair. »
Le mot « monde » n'est certainement pas péjoratif... Jésus n'est jamais
péjoratif (être péjoratif ou défaitiste n'est pas chrétien) ; le
salut du monde est le grand désir de Dieu : « Dieu n'a pas envoyé son
Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit
sauvé par lui » (Jn 3, 17).
En fait il faudrait remplacer le mot «
monde » par « esprit du monde » opposé à « esprit d'amour ».
Jésus veut fortifier ses disciples, les aider à croire que la contagion de l'amour gagnera peu à peu, et
qu'il leur est possible de transformer l'esprit du monde en esprit
d'amour.
En quelque sorte, la mission qu'il leur donne, c'est une
évangélisation de proche en proche ; mission
impossible ? Non ; puisque Jésus leur dit : « Je prierai le Père et il
vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous ».
Phrase
ambiguë : de qui l'Esprit de Dieu doit-il nous défendre ?
Un horrible contre-sens serait de croire qu'il puisse avoir à nous défendre devant Dieu
; comme si Dieu pouvait vouloir nous condamner!
En grec, ce mot désigne celui qui est appelé auprès d'un accusé pour
l'assister (voir v.16 et note) ; c'est le conseiller, l'avocat, le défenseur.
André
Chouraqui traduit le « réconfort ».
De quel procès parle-t-on ? De
celui que le monde fait aux disciples du Christ, et à travers eux, au Père lui-même et au Christ,
c'est-à-dire en fin de compte à la vérité.
D'où l'insistance de Jésus
sur ce mot de « vérité» chaque fois qu'il prévient ses disciples des persécutions qui les attendent : « Quand viendra le Défenseur, que
je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède
du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez
témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. » (Jn 15,
26-27).
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• Jn 14,15-16;23-29.
Le
départ de Jésus allait-il réduire ceux qui ne l'ont pas connu
personnellement à vivre comme en exil, dans la solitude aride de la
foi, en attendant le retour glorieux du Seigneur?
Non,s'ils l'aiment et restent fidèles à ses paroles, ils auront toujours le Père et le Fils auprès d'eux, avec le Saint Esprit, .
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Traduction et notes:
Verset 15.
Εὰν ἀγαπᾶτέ με, τὰς ἐντολὰς τὰς ἐμὰς τηρήσατε·
Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
Verset 16.
καὶ ἐγὼ ἐρωτήσω τὸν πατέρα καὶ ἄλλον παράκλητον δώσει ὑμῖν, ἵνα μένῃ μεθ᾿ ὑμῶν εἰς τὸν αἰῶνα,
Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous,
• ἄλλον παράκλητον - un autre consolateur: Le terme "παράκλητος paraklētos"
désignait la personne qui représentait l'accusé dans une situation
judiciaire. On le trouve donc traduit par "avocat, défenseur,
soutien..." ou transcrit par "Paraclet".
L'Esprit
va venir en aide aux croyants, en particulier dans les épreuves et les
persécutions qu'ils connaîtront dans le cadre de leur mission dans un
environnement hostile (10,17-20); et leur donner les connaissances et la puissance nécessaires à un témoignage efficace (14,26; 16,14; Ac 1,8). Il va les soutenir ainsi dans le procès qu'il mène contre "le monde" (16,8-11).La présence de l'Esprit apportera donc aux disciples un réconfort (paix et joie) malgré le départ de Jésus.
Il est à noter que le ministère de Jésus et celui de l'Esprit sont très proches:
- Jésus est aussi un "avocat": ἐάν τις ἁμάρτῃ, παράκλητον ἔχομεν πρὸς τὸν πατέρα, ᾿Ιησοῦν Χριστὸν δίκαιον - si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste (1Jn 2,1);
- Jésus est la "vérité"; le Paraclet est l' "Esprit de vérité" (14,6;17; 1Jn 5,6);
- tous deux enseignent (14,26);
- tous deux sont témoins (15,26; 18,37);
- tous deux sont rejetés (5,43; 14,17).
Jusque là, Jésus avait représenté le Père sur la terre; à partir de la Pentecôte, l'Esprit va représenter Jésus.
Verset 17.
τὸ
πνεῦμα τῆς ἀληθείας, ὃ ὁ κόσμος οὐ δύναται λαβεῖν, ὅτι οὐ
θεωρεῖ αὐτὸ οὐδὲ γινώσκει αὐτὸ· ὑμεῖς γινώσκετε αὐτό, ὅτι
παρ᾿ ὑμῖν μένει καὶ ἐν ὑμῖν ἔσται.
l'Esprit
de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point
et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure
avec vous, et il sera en vous.
• ἐν ὑμῖν ἔσται - il sera en vous: Wescott-Hort présente la variante "εστιν", "il est en vous". Les
croyants de la première Alliance qui, pour entrer dans le Royaume, ont
dû naître de nouveau eux aussi vivaient ces choses comme par
anticipation.Versets 18-19.
οὐκ ἀφήσω ὑμᾶς ὀρφανούς· ἔρχομαι πρὸς ὑμᾶς.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.
ἔτι μικρὸν καὶ ὁ κόσμος με οὐκέτι θεωρεῖ, ὑμεῖς δὲ θεωρεῖτέ με, ὅτι ἐγὼ ζῶ καὶ ὑμεῖς ζήσεσθε.
Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.
• με οὐκέτι θεωρεῖ - ne me verra plus: À
partir de la crucifixion, le Christ ne sera visible qu'au regard de la
foi. Ses disciples le verront encore physiquement quelque temps après
la résurrection, puis il leur sera rendu spirituellement présent par
l'Esprit Saint.Verset 20.
ἐν ἐκείνῃ τῇ ἡμέρᾳ γνώσεσθε ὑμεῖς ὅτι ἐγὼ ἐν τῷ πατρί μου καὶ ὑμεῖς ἐν ἐμοὶ κἀγὼ ἐν ὑμῖν.
En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.
• ἐν ἐκείνῃ τῇ ἡμέρᾳ - En ce jour-là: La succession des événements que constituent la Résurrection, l'Ascension
et la Pentecôte forme un tout - qui va convaincre les disciples de la
réalité de l'unité du Père et du Fils, et de la communion qu'ils ont
avec le Christ.Verset 21.
ὁ
ἔχων τὰς ἐντολάς μου καὶ τηρῶν αὐτὰς. ἐκεῖνός ἐστιν ὁ
ἀγαπῶν με· ὁ δὲ ἀγαπῶν με ἀγαπηθήσεται ὑπὸ τοῦ πατρός μου,
καὶ ἐγὼ ἀγαπήσω αὐτὸν καὶ ἐμφανίσω αὐτῷ ἐμαυτόν.
Celui qui a mes
commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui
m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à
lui.
• τὰς ἐντολάς μου - mes
commandements: L'amour du chrétien pour le Christ s'exprime par son obéissance (voir 13,34).-------
Verset 23.
ἀπεκρίθη
᾿Ιησοῦς καὶ εἶπεν αὐτῷ· ἐάν τις ἀγαπᾷ με, τὸν λόγον μου
τηρήσει, καὶ ὁ πατήρ μου ἀγαπήσει αὐτόν, καὶ πρὸς αὐτὸν
ἐλευσόμεθα καὶ μονὴν παρ᾿ αὐτῷ ποιήσομεν.
Jésus répondit [à Jude]: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.
• ἀγαπᾷ με - m'aime: La
manifestation dont parle Jésus aux vv.21-22 se produit dans le cadre
d'une relation d'amour (qui s'exprime par la foi et l'obéissance).
• μονὴν παρ᾿ αὐτῷ ποιήσομεν - nous ferons notre demeure chez lui: Par l'Esprit. Comp. 14,2-3.
Verset 24.
ὁ
μὴ ἀγαπῶν με τοὺς λόγους μου οὐ τηρεῖ· καὶ ὁ λόγος ὃν
ἀκούετε οὐκ ἔστιν ἐμὸς, ἀλλὰ τοῦ πέμψαντός με πατρός.
Celui
qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous
entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé.
Verset 25.
Ταῦτα λελάληκα παρ᾿ ὑμῖν μένων·
Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.
Verset 26.
ὁ
δὲ παράκλητος, τὸ Πνεῦμα τὸ ῞Αγιον ὃ πέμψει ὁ πατὴρ ἐν τῷ
ὀνόματί μου, ἐκεῖνος ὑμᾶς διδάξει πάντα καὶ ὑπομνήσει
ὑμᾶς πάντα ἃ εἶπον ὑμῖν.
Mais
le consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous
enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai
dit.
• ὁ παράκλητος - le consolateur: Voir v.16 et note.
• ἐν τῷ ὀνόματί μου - en mon nom: L'Esprit est envoyé par le Père et le Fils (voir 15,26).
• ὑπομνήσει ὑμᾶς - vous rappellera: L'Esprit permettra aux apôtres de comprendre la portée des paroles et des actes de Jésus (voir 2,17;22; 12,16; 15,26; 16,12-15).
C'est ainsi qu'ils pourront en particulier rédiger les documents du
Nouveau Testament. L'enseignement de Jésus a toujours été présenté
comme étant celui du Père; par la suite, l'enseignement de l'Esprit
sera celui du Fils.
Verset 27.
Εἰρήνην
ἀφίημι ὑμῖν, εἰρήνην τὴν ἐμὴν δίδωμι ὑμῖν· οὐ καθὼς ὁ
κόσμος δίδωσιν, ἐγὼ δίδωμι ὑμῖν. μὴ ταρασσέσθω ὑμῶν ἡ
καρδία, μηδὲ δειλιάτω.
Je
vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme
le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme
point.
• Εἰρήνην ἀφίημι ὑμῖν - je vous laisse la paix: En particulier en vue des moments d'épreuve; la "paix" vient de la présence du Christ par l'Esprit.
Verset 28.
ἡκούσατε
ὅτι ἐγὼ εἶπον ὑμῖν, ὑπάγω καὶ ἔρχομαι πρὸς ὑμᾶς. εἰ
ἡγαπᾶτέ με, ἐχάρητε ἄν ὅτι εἶπον, πορεύομαι πρὸς τὸν πατέρα,
ὅτι ὁ πατὴρ μου μείζων μού ἐστι·
Vous
avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens vers vous.
Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car
le Père est plus grand que moi.
• μείζων μού - plus grand que moi: Jésus
souligne la réalité de l'humiliation qui a accompagné son ministère
terrestre. Son retour au Père devrait donc réjouir les apôtres, car le
Fils retrouvera, auprès du Père, la gloire qui était la sienne avant
l'incarnation (voir 17,5: en s'humiliant lui-même en devenant homme, le Fils ne s'est pas "vidé" de sa nature divine - 1,1-3;14; 8,58
- mais il a renoncé à sa gloire; par sa résurrection et son retour au
Père, il retrouvera la gloire qui était la sienne depuis toujours).
Mais même en tant qu'envoyé sur la terre, abaissé, humilié, le Fils
était parfaitement uni au Père (5,19; 10,30).
Verset 28.
καὶ νῦν εἴρηκα ὑμῖν πρὶν γενέσθαι, ἵνα ὅταν γένηται πιστεύσητε.
Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez.
Méditation:
Sainte Thérèse d'Avila - (1515-1582) - carmélite, docteur de l'Église - Relations diverses, 46 et 48
« Si quelqu'un m'aime [...] nous viendrons chez lui ;
nous irons demeurer auprès de lui »
Je jouissais un jour, dans le recueillement, de cette compagnie
que j'ai toujours en mon âme ; il me semblait que Dieu s'y trouvait, de
telle sorte que je songeais à cette parole de saint Pierre : « Tu es le
Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16), car Dieu était vraiment
vivant en moi. Cette prise de conscience ne ressemblait pas aux autres
; elle élève la puissance de la foi ; on ne saurait douter que la
Trinité est en notre âme par une présence spéciale, par sa puissance et
par son essence. Sentir cela est extrêmement avantageux pour faire
entendre une telle vérité. Comme j'étais tout étonnée de voir une si
haute Majesté dans une créature aussi vile que mon âme, j'ai entendu
cette parole : « Ton âme n'est pas vile, ma fille, car elle est faite à
mon image » (Gn 1,27).
Un autre jour, je considérais en moi cette présence des trois Personnes
divines. La lumière était tellement vive, qu'il n'y avait nul doute que
ce ne fût là le Dieu vivant, le vrai Dieu... Je songeais combien la vie
est amère, puisqu'elle nous empêche de nous tenir toujours dans une si
admirable compagnie, et [...] le Seigneur m'a dit : « Ma fille, après cette
vie, tu ne pourras plus me servir de la même manière que maintenant.
Alors, que tu manges ou que tu dormes, quoi que tu fasses, fais-le par
amour pour moi, comme si tu ne vivais plus toi-même, mais moi en toi ;
c'est là ce qu'a proclamé saint Paul » (Ga 2,20).
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