Evangile selon saint Luc
(Chapitres 13-20)
Plaque de reliure émaillée, XIIème siècle -
Musée de Cluny, Paris ->
<- Mosaïque - Mausolée de Galla Placidia - Ravenne
Détail de broderie
(fils d'or et d'argent sur velours) pour ornement liturgique - 1681 -
Couvent patriarcal de Bzommar (Liban)
__________________________________________________________________________
Méditation
- Du Premier Testament:
- Dt 4,31:
"YHWH,
ton Dieu, est un Dieu de miséricorde, qui ne t'abandonnera point et ne
te détruira point: il n'oubliera pas l'alliance de tes pères, qu'il
leur a jurée."
- Os 11,1-3:
"Quand Israël était jeune, je l'aimais,
Et j'appelai mon fils hors d'Égypte.
Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient;
Ils ont sacrifié aux Baals,
Et offert de l'encens aux idoles.
C'est moi qui guidai les pas d'Éphraïm,
Le soutenant par ses bras;
Et ils n'ont pas vu que je les guérissais."
- Os 14,5-8: "Je réparerai leur infidélité,
J'aurai pour eux un amour sincère;
Car ma colère s'est détournée d'eux.
Je serai comme la rosée pour Israël,
Il fleurira comme le lis,
Et il poussera des racines comme le Liban.
Ses rameaux s'étendront;
Il aura la magnificence de l'olivier,
Et les parfums du Liban.
Ils reviendront s'asseoir à son ombre,
Ils redonneront la vie au froment,
Et ils fleuriront comme la vigne;
Ils auront la renommée du vin du Liban."
- Commentaires patristiques:
Qui devons-nous reconnaître en ce père?Dieu, évidemment: personne n'est
père comme lui, personne n'est bienveillant comme lui. C'est pourquoi
toi qui es son fils, même si tu as gaspillé ce que tu as reçu de lui,
même si tu reviens nu, il t'accueillera, parce que tu es revenu, et il
se réjouira de ton retour plus que de la sagesse de son autre fils.
Le Père prend sa joie au retour du pécheur
«J’irai
trouver mon Père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le Ciel et
contre toi !» Tel est le premier aveu à l’auteur de la nature, au
maître de la miséricorde, au juge de la faute. Mais, bien qu’il
connaisse tout, Dieu cependant attend l’expression de notre aveu, car
«c’est par la bouche que se fait la confession en vue du salut» (Rm
10,10), et on allège le poids de son égarement en s’accusant soi-même.
Ainsi se parlait en lui-même le prodigue ; mais ce n’est pas assez de
parler, si vous ne venez pas au Père. Où le chercher, où le trouver ?
«Il se leva» : levez-vous d’abord, j’entends : vous qui jusqu’ici étiez
assis et endormis. Aussi l’Apôtre dit-il : «Debout, donc», et courez à
l’Église. Là est le Père, là est le Fils, là est l’Esprit-Saint.
À votre rencontre vient Celui qui vous
entend converser dans le secret de votre âme; et quand vous êtes
encore loin, il vous voit et il accourt. Il vous embrasse aussi. Sa
venue de loin au-devant de vous, c’est sa prescience ; son
embrassement, c’est sa clémence, et les démonstrations de son amour de
Père. Le Christ se jette à votre cou pour dégager votre nuque du joug
de l’esclavage et y suspendre son joug suave. Il se jette à votre cou
lorsqu’il dit : «Venez à moi, vous qui peinez, prenez mon joug sur
vous» (Mt 11,28). Oui, c’est ainsi qu’il vous embrasse, si vous vous
convertissez.
Puis on tue le veau gras : ainsi rendu par
la grâce du sacrement à la communion aux mystères, on pourra se nourrir
de la chair du Seigneur, riche de vertu spirituelle. Il est
significatif aussi que le Fils nous décrive le Père festoyant avec la
chair du veau, victime sacerdotale que l’on offrait pour les péchés :
il a voulu montrer que la nourriture du Père, c’est notre salut, et que
la joie du Père, c’est la rémission de nos péchés. Ici le Père prend sa
joie au retour du pécheur ; plus haut, le Fils prenait sa joie à la
brebis retrouvée : vous reconnaissez ainsi que le Père et le Fils n’ont
qu’une même joie, une action unique pour fonder l’Église.
Homélie sur le pardon, 2,3.
« Je vais retourner chez mon père »
Si la conduite de ce jeune homme nous déplaît, ce qui nous fait
horreur, c'est son départ : quant à nous, ne nous éloignons jamais d'un
tel père ! La seule vue du père fait fuir les péchés, repousse la
faute, exclut toute inconduite et toute tentation. Mais, si nous sommes
partis, si nous avons gaspillé tout l'héritage du père dans une vie de
désordre, s'il nous est arrivé de commettre quelque faute ou méfait, si
nous sommes tombés dans le gouffre de l'impiété et dans un effondrement
total, levons-nous une bonne fois et revenons à un si bon père, invités
par un si bel exemple.
«
Quand le père le vit, il fut saisi de pitié, il courut se jeter à son
cou et le couvrit de baisers. » Je vous le demande : quelle place
y-a-t-il ici pour le désespoir ? Quel prétexte pour une excuse ? Quelle
fausse raison de craindre ? A moins peut-être que l'on craigne la
rencontre du père, que l'on ait peur de ses baisers et de ses
embrassements ; à moins que l'on croie que le père veut saisir pour
récupérer, au lieu de recevoir pour pardonner, lorsqu'il attire son
enfant par la main, le prend sur son coeur, le serre dans ses bras.
Mais une telle pensée, qui écrase la vie, qui s'oppose à notre salut,
est amplement vaincue, amplement anéantie par ce qui suit : « Le père
dit à ses domestiques : Vite, apportez le plus beau vêtement pour
l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon
fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu,
et il est retrouvé. » Après avoir entendu cela, pouvons-nous encore
tarder ? Qu'attendons-nous pour revenir au père ?
__________________________________________________________________________