La fixation du canon
de la TaNaCh
La
Bible hébraïque est appelée TaNaCh תנך – du nom de ses trois grandes sections
(voir en cliquant ici).
Les Prophètes נביאים (« Premiers »
ראשונים et « Postérieurs » אחרונים) le furent avant 200 av.
J.-C.
Dans les deux cas, on a
choisi, dans un nombre plus important de livres, ceux qui paraissaient former un tout.
Tous les autres ont été
regroupés sous le nom de כתובים, « les autres écrits » ;
on le sait grâce à la préface ajoutée vraisemblablement en 132 av. J.-C. au
Siracide par son traducteur grec.
Mais lors de la révolte
des Zélotes, en 70, les soldats de Titus s’emparèrent de Jérusalem après l’avoir
assiégée. Ils incendièrent le Temple. Pendant le siège, Rabbi Johanan ben Zakkaï
s’échappa de Jérusalem à travers les lignes romaines, dans le but d’établir à
Jabneh-Jamnia un centre du Judaïsme. Avec d’autres rabbins, il y établit un « conseil »
destiné à remplacer le Sanhédrin. Alors que ce dernier était tenu par les
Sadducéens, le Conseil de Jamnia l’était par les Pharisiens, et n’avait
de pouvoir que religieux. Il se fixa la tâche de déterminer comment le Judaïsme pourrait survivre au
Temple (on se souvenait de ce qui s’était passé 5 siècles auparavant, lors
de la conquête babylonienne).
L’une des réponses à
cette question fut la clôture du canon juif – en particulier en fixant les limites desכתובים, « les autres écrits ».
Il parut alors
indispensable à ces Pharisiens – jusqu’alors accueillants à tous les « autres
écrits » – de « purifier », et de fixer de façon définitive le
contenu de cette troisième partie de la Bible hébraïque.
Les minutes du Conseil / Concile
de Jamnia n’ayant pas été tenues, nous en ignorons son déroulement exact.
Nous savons
seulement :
1.
que la date
supposée de rédaction de chaque livre fut un critère essentiel ; en effet,
la croyance qu’il n’y avait plus eu de prophète en Israël après la mort d’Esdras
s’était répandue : aucun livre écrit après cette date ne pouvait donc être
inspiré ;
2.
qu’il y eut
de grandes divergences d’opinion sur l’Ecclésiaste, קהלת - Qohélèt, et le Cantique des Cantiques,שיר השירים , qui furent finalement adoptés – sans doute parce qu’on
les attribuait à Salomon ;
3.
qu’aucun
livre ne fut adopté qui ne fût déjà reconnu et populaire,
ce
qui fait que le Concile de Jamnia entérina un canon déjà fixé de façon
informelle au travers de générations de croyants.
Vers 100,
le canon de la תנך TaNaCh était définitivement clos,
et
le Judaïsme
devint alors la religion d’un Livre.