Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

8 décembre 2009 

L'Immaculée Conception
de Marie


 
Introduction 

Lorsque - le 25 mars 1858 - la "Dame" qui lui apparaissait dit à Bernadette Soubirous: "Je suis l'Immaculée Conception", la jeune voyante de Lourdes ne comprit pas le sens de ces paroles (et le fait qu'elle les rapportât ainsi convainquit bien des récalcitrants de la véracité de ses apparitions: elle, la toute simple, l'ignorante, ne pouvait avoir inventé de tels propos!).
En effet, le dogme de l'Immaculée Conception de Marie n'avait été défini que peu de temps auparavant, le 8 décembre 1854.

Par ailleurs, aujourd'hui encore - et même chez des croyants catholiques! - certains pensent que l'on évoque en ces termes la "conception virginale" de Jésus, alors qu'il s'agit de Marie préservée de tout péché (même le "péché originel"), depuis le premier instant de son existence: elle a été "conçue" "immaculée", c'est à dire sans tache.


Un peu d'histoire...

L'Eglise a toujours proclamé la sainteté sans égale de Marie.
 
Dès les premiers siècles, elle a formulé dans sa prière et dans ses textes l'essentiel de sa foi concernant la mère de Jésus.

Des évangiles apocryphes (en particulier celui de Jacques) narrent

- sa conception "inspirée": Anne, épouse de Joachim

<- Anne et Joachim (détail), Giotto (Chapelle des Scrovegni, Padoue)

n'a pas d'enfant; au Temple, on refuse l'offrande de Joachim - car la stérilité de leur couple serait un signe de malédiction. Joachim part au désert, Anne vit la vie des veuves; mais une servante vient l'avertir: un homme l'attend dehors, sous le laurier; l'ange d'יהוה Adonaï (car c'en est un) l'avertit: elle doit s'apprêter car - après quarante jours d'errance - Joachim va rentrer, et elle sera mère. De son côté, Joachim reçoit la visite de Gabriel.
Tout advient selon la parole de l'ange; entre 16 et 18 av. J.-C. une petite fille que l'on nomme מרים miryâm - Marie voit le jour;



"La Nativité de la Mère de Dieu" (détail du "Triptyque des grandes fêtes de la vie du Christ", Russie, milieu du XIXème siècle - Musée des Beaux-Arts, Rouen) ->





"La Présentation de la Mère de Dieu au Temple, avec des scènes de la vie de la Vierge Marie" (Ecole de Novgorod - XVIème siècle - Galerie Tretiakov - Moscou)

La Vierge Marie arrivant au Temple est représentée, comme il est de tradition dans cette scène, avec la taille d'une enfant mais le visage d'une adulte; accompagnée de ses parents, elle est entourée d'un cortèges de vierges. Elle est accueillie par le grand-prêtre à qui elle tend les mains en signe d'offrande; sur la même partie de l'icône, elle est représentée vivant au Temple: un ange lui apporte sa nourriture; d'origine divine, elle est la préfiguration de l'Eucharistie.
Comme dans toutes les icônes, les draperies rouges accrochées au toit de l'édifice figurent les pans du manteau du Seigneur dans la vision d'Isaïe: la scène a donc lieu sous la protection divine, donc dans du Temple.

Dans les scènes encadrant l'icône principale, on distingue:
1- Registre supérieur, horizontal, de gauche à droite:
- l'offrande de Joachim au Temple est refusée;
- Joachim, accueilli au désert par des bergers, reçoit la visite de l'ange;
- Anne, dans le jardin, reçoit la visite de l'ange;
- l'embrassement des deux époux, moment de la conception;
- le bain de Marie après sa naissance en présence de Joachim et de servantes.
2- Sur le côté gauche, de haut en bas:
- a.les premiers pas de Marie; - c.Zacharie devant les baguettes; - e.première annonce au puits; - g.Joseph fait des reproches à Marie.
3- Sur le côté droit, de haut en bas:
- b.caresses de ses parents à Marie; - d.Marie présentée à Joseph par le grand-prêtre; - f.l'Annonciation; - h.la Dormition de la Vierge. (Chronologiquement, on doit donc lire les deux colonnes alternativement, de gauche à droite, en suivant les lettres).

- sa jeunesse: première (et seule) enfant du couple, elle doit être "présentée" au Temple (consacrée à Dieu); bien qu'elle n'ait que trois ou quatre ans, l'enfant gravit en courant les quinze marche sans regarder une seule fois en arrière; le grand-prêtre la reçoit dans ses bras en glorifiant יהוה Adonaï.




<- "La Présentation de la Vierge Marie au Temple" (Angelos, milieu du XVème siècle - Musée byzantin, Athènes). Bien que cette icône soit grecque et la précédente russe, on y retrouve les mêmes archétypes et symboles; ici, les vierges portent des cierges allumés.









"La Présentation de la Vierge Marie au Temple", avec toujours les mêmes archétypes et symboles - même si le nombre de personnages (vierges) est moindre, et les détails moins "fouillés"(détail de "L'Annonciation avec des scènes de la vie de la Mère de Dieu", 1580-1590, Musée d'histoire et d'art, Solvytchedosk) ->



Quand il la repose à terre, la petite fille se met à danser, comme David devant l'Arche. Elle apprendra au Temple l'histoire de son peuple, des Pères fondateurs, de Moïse, des juges et des rois, mais aussi celle des grands visages féminins de la Torah: Esther, Judith, Myriam, Ruth... Elle prend l'habitude de louer יהוהtous les matins avec le שׁמע ישׂראל shema‛Iśrâ'êl: "Écoute, Israël! יהוה, notre Dieu, est le seul יהוה. Tu aimeras יהוה, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force...", de dire bénir son Nom à tous les repas, de l'exalter trois fois par jour au moins par le chant des psaumes... Elle participait à toutes les liturgies et aux grands pèlerinages (voir les pages sur les fêtes juives);
- puis comment, à douze ans, elle quitta le Temple: le grand-prêtre bénit la ketuba (contrat de fiançailles) entre Joachim et Joseph, un homme sage et pieux (veuf et père de plusieurs fils selon certains textes)...


Dans le Nouveau Testament, les Evangiles, les Actes des Apôtres et l'épître aux Galates (premier texte canonique, selon certaines chronologie, à parler de Marie) évoquent son rôle et sa place auprès de son fils.

Au temps des Pères de l'Eglise: les débats théologiques.
•Avant 110, saint Ignace d'Antioche donne le premier témoignage d'une doctrine mariale; le premier, il compare Eve, par qui le péché est entré dans le monde, et Marie, la "nouvelle Eve", par qui est venu celui qui a "pris" le péché du monde.
Vers 180, saint Irénée joue un rôle essentiel dans l'élaboration de la théologie tant mariale que christique. Il développe le parallèle entre Eve et Marie, et introduit l'usage de titres d'honneur qui donneront plus tard naissance aux litanies de la Vierge.
Entre 200 et 260, Tertullien, Clément d'Alexandrie, Origène, débattent sur la théologie mariale. Hippolyte de Rome évoque la liberté de Marie face au péché; il la compare à l'Arche d'Alliance (qui renfermait les tables de la Loi, données par Dieu à son peuple et présence divine au milieu de celui-ci), puisqu'elle a "renfermé" en son corps le Christ, Dieu donné à son peuple.
Entre le premier concile de Nicée (325) et la fin du premier millénaire, l'Eglise définit ses deux plus anciennes affirmations sur Marie:
- maternité divine (Marie, mère de Dieu);
- virginité perpétuelle.
Mais deux autres sont encore discutées par les théologiens:
- destinée de Marie après sa mort ("Assomption" en Occident, "Dormition" en Orient): pure de tout péché, Marie ne peut avoir connu la corruption de la mort;
- et, précisément, sa pureté (ce qui sera appelé bien plus tard l' "Immaculée Conception").
Ainsi, pour Grégoire de Nazianze, Marie fut purifiée du péché par l'Esprit-Saint lors de l'Annonciation - ce qui restera la doctrine dans la plupart des Eglises orientales.
Saint Augustin, polémiquant avec le moine Pélage, affirma: "Elle est l'unique sans péché en raison de l'honneur de Dieu".
Au VIIème siècle, Modeste de Jérusalem déclare que Marie "est montée au ciel parce qu'Immaculée".
•On trouve des traces de la célébration de la pureté de Marie en Orient aux VIIème et VIIIème siècles.

Ci-dessus: "Dormition de la Vierge"; on remarque la présence du Christ qui recueille l'âme (traditionnellement représentée par un nouveau-né) de sa Mère entre ses bras. Le Christ est entouré de la semi-mandorle bleue: l'âme de la Vierge est donc déjà au ciel aves son Fils;


et ci-contre: "Le Triomphe de la Vierge" ->
Sur le même trône, le Christ et sa Mère qu'il couronne; le ciel est en forme de semi-mandorle bleue étoilée; deux séraphins entourent la scène.

Intérieur de la porte d'un triptyque (1250, Monastère Sainte-Catherine, Sinaï)

Au Moyen-Age et ensuite: les célébrations.
•Trois calendriers liturgiques du IXème siècle signalent en Irlande une fête de la "Conception de Marie", fixée au 2 ou au 3 mai. Mais nous n'en avons pas le contenu liturgique.
•Cette célébration est mentionnée en Angleterre en 1060.
•Au XIIème siècle, la célébration est attestée dans les monastères bénédictins d'Angleterre, le 8 décembre.
•De là, elle passe en Normandie, et s'étend à toute l'Europe.
A Lyon, une célébration particulière: dès le haut Moyen-Age, le sommet de la colline de Fourvière comporte un sanctuaire marial sur les ruines du forum de Trajan. En 1168, une petite chapelle est construite.
Au XVIIème siècle, la dévotion à Marie sur la colline prend une nouvelle importance.
En 1630, Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, monta à Fourvière pour prier Notre-Dame, lui demandant de donner enfin un héritier au trône. En février 1638, le roi Louis XIII consacra le royaume de France à la Vierge,  Louis XIV naquit le 5 septembre 1638.
Alors que la peste sévissait périodiquement dans la région (8 épidémies en 70 ans), les échevins de la ville font en 1643 le vœu de monter en pèlerinage chaque année à Fourvière si l’épidémie s’arrête. Leur vœu est exaucé et aujourd’hui encore, le Maire et les élus de Lyon viennent chaque année renouveler le vœu des échevins. Dès lors, les pèlerinages se multiplient et la chapelle, même agrandie, devient rapidement trop petite.
En 1830, le clocher de la chapelle, menaçant ruine, est démoli. On décide de le reconstruire et de le surmonter d'une statue dorée pour laquelle le sculpteur Fabisch remporte le concours. L'inauguration devait avoir lieu le 8 septembre 1852, fête de la Nativité de la Vierge, mais les fortes précipitations ont pour conséquence l'inondation de l'atelier du fondeur et l'on se voit forcé d'en reporter la date au 8 décembre. La statue est mise en place mais le mauvais temps est encore de la partie et les festivités prévues, tels que les feux d'artifices, ne peuvent avoir lieu. Spontanément, les Lyonnais, par dévotion, mettent alors des lampions à leurs fenêtres en profitant d'une accalmie dans la soirée. Cet événement est à l'origine des illuminations du 8 décembre.
En 1870, pendant la guerre franco-prussienne, les lyonnais font le vœu d’agrandir le sanctuaire si la ville est épargnée par les armées prussiennes. Leur prière est exaucée et en 1872, la première pierre de la basilique est posée.


Les Textes   

• Première Lecture :  

• Gn 3,9-15;20

Sous la forme d'un récit populaire, un enseignement profond et remarquable de finesse sur le mystère du péché et son entrée dans le cœur de la créature faite à l'image de Dieu.
Rien ne saurait détourner le Seigneur de son intention première.
La Bonne Nouvelle du Salut est aussi ancienne que la chute.
C'est une femme qui - par sa descendance - sera à l'aube de la victoire définitive du bien sur le mal.
La Tradition a vu, dans cette nouvelle "Vivante", "mère de tous les vivants", Marie, mère du Sauveur.


• Psaume :  

• Ps 98 (hébraïque)/ 97  ( LXX, Vulgate et liturgique), 1-4.

L'Eglise rend grâce à Dieu pour sa victoire sur le péché, pour la fidélité de son amour envers ses créatures.

(On notera que Marie a repris plusieurs versets de ce psaume dans son Magnificat).


• Deuxième Lecture :  

• Ep 1,3-6; 11-12

Ce que dit saint Paul de chacun de nous vaut éminemment pour Marie "comblée de grâce", la Mère "bénie entre toutes les femmes", de Celui  par qui nous vient toute bénédiction à a louange du Père.



• Evangile :  

• Lc 1,26-28

"Comblée de grâce", investie par la puissance du Très-haut, "servante du Seigneur parfaitement docile à la parole, disponible sans réticence à la volonté de Dieu sur elle: la Vierge Marie est la seule créature dont on peut parler ainsi sur l'autorité de l'Evangile.

Mais c'est vers Dieu et son Christ que montent l'adoration et l'action de grâce de l'assemblée chrétienne qui contemple en Marie
- la première des rachetés,
- l'image de l'Eglise que le Seigneur a voulue "resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut, sainte et irréprochable" (Ep 5,27)


Méditation 

Prière d’introduction:
Seigneur, comme tu es entré dans la vie de Marie par l’intermédiaire de l’ange, j’aimerais que tu rentres ainsi dans ma vie aujourd’hui...
Je crois que tu as attendu ce moment pour être avec moi...
Moi aussi, j’ai aspiré à ce moment de re-création, j’espère en ton amour et ta clémence, car sans toi, Seigneur, que serait ma vie ? Je veux cette fois que ce temps que je passe avec toi soit une manifestation de mon amour pour toi.
Je voudrais t’appartenir toujours davantage, comme toi tu t’es donné à moi.
Demande:
Seigneur, aide-moi à dépasser mon égoïsme.

Réflexion:
1. La logique de l’Amour.
Quand quelqu’un nous blesse physiquement ou moralement, comment réagissons-nous généralement ?
En général, nous essayons de mettre une distance entre cette personne et nous-mêmes. Quelquefois, nous créons cette distance en attaquant cette personne par derrière et en lui montrant notre force pour l’obliger à céder. D’autres fois, nous cédons nous-mêmes, ou du moins, reculons-nous, essayant de nous protéger du danger. En fait, nous sommes égoïstes : nous pensons d’abord à nous.
Dieu n’est pas ainsi, parce qu’Il nous aime réellement. Lorsque l’homme offense Dieu par son péché, il tourne le dos à l’amour de Dieu, il fuit très loin, et chasse Dieu de son monde; mais malgré tout, Dieu vient à sa rencontre.
C’est le vrai sens de Noël. L’homme croit qu’il a "confiné" Dieu au ciel en se fermant à l’extérieur des portes du ciel. Mais Dieu, lui-même Amour, se fait homme et descend du Ciel pour nous sauver.
2. Changer son cœur.
Pourquoi repoussons-nous Dieu ? Notre véritable problème est l’égoïsme. Nous pensons d’abord à nous avant de penser à Dieu ou à quelqu’un d’autre. Nous considérons la loi de Dieu comme une entrave à notre liberté (notre désir de suivre nos fantaisies et notre imagination): Dieu devient alors un tyran que nous devons éliminer de notre vie pour être “heureux”. Nous le rejetons de notre vie, criant “Crucifie-le !”
Et avec des larmes dans les yeux et le cœur lourd, il accepte Lui-même d’être crucifié.
Ceci est le véritable amour qui respecte notre liberté.
De toutes les manières, Il envoie l’Esprit Saint qui continue à frapper à la porte de notre cœur nous demandant de nous repentir et de l’accepter dans notre vie.
3. Marie, notre modèle.
Marie est le parfait exemple de ce que Dieu aimerait que l’homme soit...
Dieu envoie un ange pour frapper à la porte dans la vie de Marie. Même si elle est surprise et effrayée, elle écoute le messager de Dieu. Sans comprendre tout ce qu’implique le plan de Dieu, elle accepte dans la foi, parce qu’elle comprend que c’est la volonté de Dieu. Elle aime en vérité Dieu plus qu’elle-même. Elle cherche seulement à accomplir la volonté de Dieu, sans se demander ce que cela implique pour elle. Elle aime en vérité, confiante que Dieu ne peut vouloir que le meilleur pour sa fille bien-aimée.
C’est ce que Dieu attend de chacun d’entre nous. Il nous demande simplement d’accepter Son projet sur nous ; il veut se charger du reste. Cela implique de nous  convertir chaque jour, de retourner vers Dieu, et d’accepter son projet pour notre vie. C’est ce que Marie a accepté lorsqu’elle “gardait dans son cœur tous ces événements.” (Lc 2,51).

Dialogue avec le Christ:
Seigneur, pour avoir accepté ton projet, Marie et Joseph ont fait le voyage vers Bethléem. Lorsqu’ils arrivent, ils cherchent un endroit adapté pour la naissance du Messie et seront obligés de changer leurs plans.
Aide-moi à te préparer une place dans mon cœur: ainsi, lorsque tu frapperas à la porte de mon cœur, ce Noël, je veux être prêt à ouvrir la porte pour te permettre d’y naître. Aide-moi à imiter l’exemple de Marie et à préparer mon humble demeure pour ton Fils. Ainsi je serai capable d’apprécier la richesse de la contemplation du cher nouveau-né, le Sauveur du monde.

Résolution:
Aujourd’hui je ferai une visite à la Sainte Vierge, lui demandant de m’apprendre à être obéissant pour accepter et réaliser le désir de Dieu dans ma vie.



Pour prolonger la méditation 
 
 Commentaire patristique :
De Saint Jean de Damas Homélie pour la Nativité de la Vierge
« Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21,5)
      Aujourd'hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du cœur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l'Esprit qui est la langue de Dieu... Fille toute sainte de Joachim et d'Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et « aux flèches enflammées du Mauvais » (Col 1,16; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l'Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature... Fille aimée de Dieu, l'honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l'as affirmé avec vérité (Lc 1,48). Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée... Si, par la première Eve « la mort a fait son entrée » (Sg 2,24; Rm 5,12), parce qu'elle s'était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s'est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l'immortalité.

      Tu es plus précieuse que toute la création, car de toi seule le Créateur a reçu en partage les prémices de notre humanité. Sa chair a été faite de ta chair, son sang de ton sang ; Dieu s'est nourri de ton lait, et tes lèvres ont touché les lèvres de Dieu... Dans la prescience de ta dignité, le Dieu de l'univers t'a aimée ; comme il t'aimait, il t'a prédestinée et « dans les derniers temps » (1P 1,20) il t'a appelée à l'existence...

      Que Salomon le très sage se taise ; qu'il ne dise plus : « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil ».


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