Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Le berger,
symbole biblique


Tout berger expérimenté connaît ses brebis et peut distinguer, parmi toutes les autres, celles qui lui appartiennent.
De leur côté, les brebis reconnaissent la voix de leur maître ou son coup de sifflet, et elles obéissent à son appel.
Un bon berger veille sur son troupeau avec attention, le protège contre les dangers qui le menacent, repère et soigne les brebis malades, entoure de sollicitude les plus faibles et les jeunes agneaux.
Il est donc normal que l’image du Bon Pasteur tienne une grande place dans la Bible – comme dans la littérature de tous les peuples de tradition pastorale.

(Sauf mention particulière, trad. Ostervald – grec LXX – Latin Vulgate: Vulgata Clementina)


1.    Dieu, le grand berger
(Premier Testament)


Quand Jacob bénit les enfants de Joseph, il invoque le Dieu pasteur d’Israël (Gn 48,15-16) :
« 15.  Et il bénit Joseph, et dit: Que le Dieu, devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que j'existe jusqu'à ce jour, 16. Que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces enfants, et qu'ils portent mon nom et le nom de mes pères Abraham et Isaac, et qu'ils multiplient très abondamment sur la terre! »
האלהים הרעה אתי מעודי עד־היום הזה׃
ο θεος ο τρεφων με εκ νεοτητος εως της ημερας ταυτης
Deus qui pascit me ab adolescentia mea usque in præsentem diem.
(voir aussi Ps 80,2)
Comme on le voit aussi en LXX et en Vulgate, הרעה est en fait le participe substantivé : « le conduisant => celui qui conduit » du verbe רעה, conduire.
 

▪ Au temps de l’Exode, Dieu est le Maître berger d’Israël, Moïse et Aaron sont les pâtres qui suivent ses ordres (Ps 76/77,21) :
« Tu as conduit ton peuple comme un troupeau, par la main de Moïse et d'Aaron. »
נחית כצאן עמך ביד־משה ואהרן׃
ωδηγησας ως προβατα τον λαον σου εν χειρι μωυση και ααρων
Deduxisti sicut oves populum tuum, in manu Moysi et Aaron. 
(voir aussi Ps 77/78,52-53)
 

Le Ps 94/95 souligne l’importance de la voix du berger dans la conduite du troupeau :
« 7. Car il est notre Dieu, nous sommes le peuple qu'il fait paître et les brebis qu'il conduit. 8.* Aujourd'hui, si vous entendez sa voix […] »
כי הוא אלהינו ואנחנו עם מרעיתו וצאן ידו היום אם־בקלו תשמעו׃
οτι αυτος εστιν ο θεος ημων και ημεις λαος νομης αυτου και προβατα χειρος αυτου σημερον εαν της φωνης αυτου ακουσητε
quia ipse est Dominus Deus noster, et nos populus pascuæ ejus, et oves manus ejus. Hodie si vocem ejus audieritis […].
* L’hébreu et la LXX placent en 8a ce qui est en Vulgate et Ostervald en fin de verset 7. La BJ suit l’hébreu et la LXX.

▪ Le célèbre Ps 23 exploite la symbolique du monde pastoral :
« 1. L'Éternel est mon berger; je n'aurai point de disette.
2. Il me fait reposer dans des pâturages herbeux; il me mène le long des eaux tranquilles. »
יהוה רעי לא אחסר׃
בנאות דשא ירביצני על־מי מנחות ינהלני׃
κυριος ποιμαινει με και ουδεν με υστερησει
εις τοπον χλοης εκει με κατεσκηνωσεν επι υδατος αναπαυσεως εξεθρεψεν με
Dominus regit me, et nihil mihi deerit :
in loco pascuæ ibi me collocavit. Super aquam refectionis educavit me.

Le thème du repos – d’une exceptionnelle richesse dans la Bible – est  immédiatement introduit. Ici, les « eaux du repos » s’opposent aux eaux terrifiantes de la Mer Rouge, et symbolisent ainsi la Terre promise :
« 2b. il me mène le long des eaux tranquilles. »
על־מי מנחות ינהלני׃
επι υδατος αναπαυσεως εξεθρεψεν με
Super aquam refectionis educavit me.
 
La conduite du berger écarte toute crainte :
« 4. Quand bien même je marcherais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal; car tu es avec moi; c'est ton bâton et ta houlette qui me consolent. »
גם כי־אלך בגיא צלמות לא־אירא רע כי־אתה עמדי שבטך ומשענתך המה ינחמני׃
εαν γαρ και πορευθω εν μεσω σκιας θανατου ου φοβηθησομαι κακα οτι συ μετ' εμου ει η ραβδος σου και η βακτηρια σου αυται με παρεκαλεσαν
Nam, etsi ambulavero in medio umbræ mortis, non timebo mala, quoniam tu mecum es. Virga tua, et baculus tuus, ipsa me consolata sunt.
 
Ce psaume de confiance est le chant d’un familier du Temple qui trouve cette paix dans une intimité permanente avec le Seigneur veillant sur son troupeau comme un bon berger :
« 6. Oui, les biens et la miséricorde m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Éternel pour l'éternité. »
אך טוב וחסד ירדפוני כל־ימי חיי ושבתי בבית־יהוה לארך ימים׃
και το ελεος σου καταδιωξεται με πασας τας ημερας της ζωης μου και το κατοικειν με εν οικω κυριου εις μακροτητα ημερων
Et misericordia tua subsequetur me omnibus diebus vitæ meæ ; et ut inhabitem in domo Domini, in longitudinem dierum.


Aux jours de l’épreuve de la déportation, le prophète se lamente sur l’absence du grand Pasteur (Is 63,11b) :
« Où est celui qui les fit remonter de la mer, avec le pasteur de son troupeau? »
המעלם מים את רעי צאנו איה
ο αναβιβασας εκ της γης* τον ποιμενα των προβατων που εστιν
Ubi est qui eduxit eos de mari cum pastoribus gregis sui ?
* On remarquera que la LXX extrapole « de la terre » – sous-entendu « d’Egypte » – au lieu de : « des eaux » en hébreu,  sans doute pour rester dans l’image pastorale.


▪ Michée (contemporain d’Isaïe, il exerça vraisemblablement son ministère de prophète entre 740 et 700 av. J.-C. ; comme Isaïe, il s’adresse aux habitants du royaume de Juda, qui est sous la menace des armées assyriennes ; comme tous les prophètes, il avertit ses auditeurs que Dieu va juger et corriger son peuple s’il ne se convertit pas – mais également, comme ici, qu’il le sauvera) annonce la restauration d’une Jérusalem élargie, capable d’accueillir les Israélites dispersés et même les nations – décrites ici comme des bêtes sauvages, fascinées par le grand Berger d’Israël  (Mi 7,14-17) :
« 14. Pais ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage, qui demeure seul dans la forêt au milieu du Carmel! Qu'ils paissent en Bassan et en Galaad, comme aux jours d'autrefois! 15. Comme au jour où tu sortis du pays d'Égypte, je lui ferai voir des choses merveilleuses. 16. Les nations le verront, et seront confuses avec toute leur puissance. Elles mettront la main sur la bouche, et leurs oreilles seront assourdies. 17. Elles lécheront la poussière comme le serpent; comme les reptiles de la terre, elles sortiront effrayées de leurs retraites; elles viendront en tremblant vers l'Éternel, notre Dieu; elles te craindront. »
רעה עמך בשבטך צאן נחלתך שכני לבדד יער בתוך כרמל ירעו בשן וגלעד כימי עולם׃
כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות׃
יראו גוים ויבשו מכל גבורתם ישימו יד על־פה אזניהם תחרשנה׃
ילחכו עפר כנחש כזחלי ארץ ירגזו ממסגרתיהם אל־יהוה אלהינו יפחדו ויראו ממך׃
ποιμαινε λαον σου εν ραβδω σου προβατα κληρονομιας σου κατασκηνουντας καθ' εαυτους δρυμον εν μεσω του καρμηλου νεμησονται την βασανιτιν και την γαλααδιτιν καθως αι ημεραι του αιωνος
και κατα τας ημερας εξοδιας σου εξ αιγυπτου οψεσθε θαυμαστα
οψονται εθνη και καταισχυνθησονται εκ πασης της ισχυος αυτων επιθησουσιν χειρας επι το στομα αυτων τα ωτα αυτων αποκωφωθησονται
λειξουσιν χουν ως οφεις συροντες γην συγχυθησονται εν συγκλεισμω αυτων επι τω κυριω θεω ημων εκστησονται και φοβηθησονται απο σου
Pasce populum tuum in virga tua, gregem hæreditatis tuæ, habitantes solos, in saltu, in medio Carmeli. Pascentur Basan et Galaad juxta dies antiquos.
Secundum dies egressionis tuæ de terra Ægypti, ostendam ei mirabilia.
Videbunt gentes, et confundentur super omni fortitudine sua. Ponent manum super os, aures eorum surdæ erunt.
Lingent pulverem sicut serpentes ; velut reptilia terræ perturbabuntur in ædibus suis. Dominum Deum nostrum formidabunt, et timebunt te.



2.    Les pasteurs du grand Berger  (Premier Testament)


Avant que le peuple n’entre en Canaan, Moïse reçoit un avertissement : il mourra au seuil de ce pays si désiré. Aaron est déjà mort. Le prophète se tourne vers Dieu et lui demande (Nb 27,16-17) :
« 16. Que l'Éternel, le Dieu des esprits de toute chair, établisse sur l'assemblée un homme qui sorte et entre devant eux, 17. Et qui les fasse sortir et entrer*, afin que l'assemblée de l'Éternel ne soit pas comme des brebis qui n'ont point de berger. »
יפקד יהוה אלהי הרוחת לכל־בשר איש על־העדה׃
אשר־יצא לפניהם ואשר יבא לפניהם ואשר יוציאם ואשר יביאם ולא תהיה עדת יהוה כצאן אשר אין־להם רעה׃
επισκεψασθω κυριος ο θεος των πνευματων και πασης σαρκος ανθρωπον επι της συναγωγης ταυτης
οστις εξελευσεται προ προσωπου αυτων και οστις εισελευσεται προ προσωπου αυτων και οστις εξαξει αυτους και οστις εισαξει αυτους και ουκ εσται η συναγωγη κυριου ωσει προβατα οις ουκ εστιν ποιμην
Provideat Dominus Deus spirituum omnis carnis hominem, qui sit super multitudinem hanc :
et possit exire et intrare ante eos, et educere eos vel introducere : ne sit populus Domini sicut oves absque pastore.
* « Faire sortir et (r)entrer » : cette expression fait traditionnellement allusion à la conduite de la guerre.


▪ Josué, vers 1220 av. J.-C., va être choisi pour recevoir, en présence du prêtre Eléazar, « une part de la dignité de Moïse », essentiellement le pouvoir d’un chef – pour conduire la guerre sans doute, mais aussi pour veiller à la cohésion du peuple et à sa fidélité aux engagements de l’Alliance. C’est en ce sens que le Juge d’Israël est un « pasteur ».
 

Après la mort de Samson, Samuel fait figure de juge et de libérateur mais il a, de plus, la clairvoyance d’un prophète. Il assure la transition entre le temps des Juges et celui des Rois. Après la grande défaite d’Israël, et la prise de l’Arche par les Philistins (1S 4,10), Samuel rassemble le peuple à Miçpa pour l’entraîner à un examen de conscience : le culte des faux dieux doit être éliminé, alors le Seigneur viendra au secours de son peuple (1S7,2-6). Samuel se conduit donc en berger d’Israël : il rassemble le troupeau pour lui montrer la bonne voie.
Mais le peuple demande un roi (1S 8,5), « comme toutes les nations ». Cette expression est une offense au Seigneur, qui a mis son peuple « à part » (voir Ps 4, en cliquant ici), car il souhaite le conduire plus loin que l’horizon qui limite « les nations » qui l’entourent.
Malgré les avertissements de Samuel, le peuple s’obstine : Saül, le premier roi, verra Samuel se séparer de lui (1S 12), et Dieu rejettera Saül en raison de sa désobéissance (1S 15,10-31).


Samuel va alors choisir un autre roi : David. Son élection et son onction ne sont pas sans motif : un pasteur doit être courageux pour défendre son troupeau ; et sur ce point – avant d’affronter Goliath – il révèle à Saül ses exploits de défenseur des troupeaux de son père, au sens propre (1S17,34-36) :
« 34. Et David répondit à Saül: Lorsque ton serviteur paissait les brebis de son père, il venait un lion ou un ours, qui emportait une brebis du troupeau; 35. Mais je sortais après lui, je le frappais, et j'arrachais la brebis de sa gueule; et quand il se levait contre moi, je le saisissais par la mâchoire, je le frappais, et je le tuais. 36. Ton serviteur a tué et le lion et l'ours; et ce Philistin, cet incirconcis, sera comme l'un d'eux; car il a insulté les armées du Dieu vivant. »
ויאמר דוד אל־שאול רעה היה עבדך לאביו בצאן ובא הארי ואת־הדוב ונשא שה מהעדר׃
ויצאתי אחריו והכתיו והצלתי מפיו ויקם עלי והחזקתי בזקנו והכתיו והמיתיו׃
גם את־הארי גם־הדוב הכה עבדך והיה הפלשתי הערל הזה כאחד מהם כי חרף מערכת אלהים חיים׃
και ειπεν δαυιδ προς σαουλ ποιμαινων ην ο δουλος σου τω πατρι αυτου εν τω ποιμνιω και οταν ηρχετο ο λεων και η αρκος και ελαμβανεν προβατον εκ της αγελης
και εξεπορευομην οπισω αυτου και επαταξα αυτον και εξεσπασα εκ του στοματος αυτου και ει επανιστατο επ' εμε και εκρατησα του φαρυγγος αυτου και επαταξα και εθανατωσα αυτον
και την αρκον ετυπτεν ο δουλος σου και τον λεοντα [και εσται ο αλλοφυλος ο απεριτμητος ως εν τουτων ουχι πορευσομαι και παταξω αυτον και αφελω σημερον ονειδος εξ ισραηλ]* διοτι τις ο απεριτμητος ουτος ος ωνειδισεν παραταξιν θεου ζωντος
Dixitque David ad Saul : Pascebat servus tuus patris sui gregem, et veniebat leo, vel ursus, et tollebat arietem de medio gregis :
et persequebar eos, et percutiebam, eruebamque de ore eorum : et illi consurgebant adversum me, et apprehendebam mentum eorum, et suffocabam, interficiebamque eos.
Nam et leonem et ursum interfeci ego servus tuus : erit igitur et Philisthæus hic incircumcisus, quasi unus ex eis. [Nunc vadam, et auferam opprobrium populi : quoniam quis est iste Philisthæus incircumcisus,]* qui ausus est maledicere exercitui Dei viventis?
* Ces deux membres de phrase sont extrapolés dans la LXX et la Vulgate.

Et David révèle l’origine de ce courage et de cette force : « Le Seigneur qui m’a sauvé des griffes du lion et de l’ours me sauvera des mains de ce Philistin » (1S 17,37). David est donc bien un pasteur du grand Berger.
 
Au jour du sacre de David, les tribus d’Israël réunies disent (2S 5,2) :
« Et même auparavant, quand Saül était roi sur nous, c'est toi qui faisais sortir et qui ramenais Israël; et l'Éternel t'a dit: C'est toi qui paîtras mon peuple d'Israël, et qui seras le conducteur d'Israël. »
גם־אתמול גם־שלשום בהיות שאול מלך עלינו אתה
*(הייתה כ] (היית ק) [מוציא כ] (המוציא ק) [והמבי כ] (והמביא ק]
את־ישראל ויאמר יהוה לך אתה תרעה את־עמי את־ישראל ואתה תהיה לנגיד על־ישראל׃
και εχθες και τριτην οντος σαουλ βασιλεως εφ' ημιν συ ησθα ο εξαγων και εισαγων τον ισραηλ και ειπεν κυριος προς σε συ ποιμανεις τον λαον μου τον ισραηλ και συ εσει εις ηγουμενον επι τον ισραηλ
Sed et heri et nudiustertius cum esset Saul rex super nos, tu eras educens et reducens Israël : dixit autem Dominus ad te : Tu pasces populum meum Israël, et tu eris dux super Israël.
*On notera ici la série
- kétiv (leçon écrite): הייתה notée כ / qéré (leçon orale): היית notée ק = tu étais ;
- kétiv : מוציא / qéré : המוציא = celui qui faisait sortir ;
- kétiv : והמבי / qéré : והמביא = et celui qui faisait entrer ; pour le sens de l’expression « faire sortir et (r)entrer », cf. supra, Nb 27,17.

Cette proclamation élargit le pouvoir de David et, sans en faire un prophète ou un prêtre, lui impose néanmoins un devoir de vigilance religieuse. Ce passage du pâtre David au roi pasteur d’Israël est parfaitement résumé en Ps 78/77,70-72 :
«70. Il choisit David son serviteur, et le prit des parcs des brebis.
71.  Il l'amena d'auprès de celles qui allaitent, pour paître Jacob, son peuple, et Israël, son héritage.
72. Alors David les fit paître suivant l'intégrité de son cœur, et les conduisit par la sagesse de ses mains. »
ויבחר בדוד עבדו ויקחהו ממכלאת צאן׃
מאחר עלות הביאו לרעות ביעקב עמו ובישראל נחלתו׃
וירעם כתם לבבו ובתבונות כפיו ינחם׃
και εξελεξατο δαυιδ τον δουλον αυτου και ανελαβεν αυτον εκ των ποιμνιων των προβατων
εξοπισθεν των λοχευομενων ελαβεν αυτον ποιμαινειν ιακωβ τον λαον αυτου και ισραηλ την κληρονομιαν αυτου
και εποιμανεν αυτους εν τη ακακια της καρδιας αυτου και εν ταις συνεσεσι των χειρων αυτου ωδηγησεν αυτους
Et elegit David, servum suum, et sustulit eum de gregibus ovium ; de post fœtantes accepit eum :
pascere Jacob, servum suum, et Israël, hæreditatem suam.
Et pavit eos in innocentia cordis sui, et in intellectibus manuum suarum deduxit eos.

Malgré les ombres de  son gouvernement et ses fautes personnelles – voir commentaire du Ps 51/50 en cliquant ici), l’image de David demeure lumineuse dans la tradition biblique. Sa prière d’action de grâce, à la fin de sa vie, dessine bien la figure d’un roi qui reconnaissait tenir son pouvoir du Souverain éternel (1Ch 29,11 ; 14-15). Il a toujours gardé dans sa manière de vivre quelque chose de rural ; le berger royal d’Israël semble n’avoir pas oublié le petit pâtre roux de Bethléem, frondeur d’élite contre les bêtes sauvages et gardien vigilant de son troupeau (ce qui lui vaut, par exemple, le mépris de Mikal lorsqu’il danse devant l’arche d’Alliance : 1Ch 15,29). Cette simplicité fit de lui un pasteur selon le cœur du Seigneur, un « homme de Dieu » (2Ch 8,14).


En revanche, les dynasties royales d’Israël et de Juda n’ont pas connu de pasteur que l’on puisse comparer à David.
Même le roi Josaphat de Juda, soucieux de lutter contre l’idolâtrie, s’alliera avec le roi Achab (époux de la païenne Jézabel, qui eut maille à partir avec le prophète Élie) pour marcher contre les Araméens à Ramot de Galaad.
Avant le combat, ces deux souverains finissent par consulter un authentique prophète, Michée fils de Yimla (N.P.C. avec Michée de Moréshèt – qui vécut un siècle et demi plus tard, qui est l’un des douze « petits prophètes » de la Bible, que nous avons cité plus haut, et dont nous reparlerons un peu plus loin), qui se réfère au livre des Nombres (1R22,17) :
« J'ai vu tout Israël dispersé par les montagnes, comme un troupeau de brebis qui n'a point de pasteur (littéralement : כצאן – comme le petit bétail ; אשר – que ; אין – personne ; להם – pour eux ; רעה – faisant paître)
et l'Éternel a dit: Ces gens n'ont point de maître; que chacun retourne en paix dans sa maison! »
ראיתי את־כל־ישראל נפצים אל־ההרים כצאן אשר אין־להם רעה ויאמר יהוה
לא־אדנים לאלה ישובו איש־לביתו בשלום׃
εωρακα παντα τον ισραηλ διεσπαρμενον εν τοις ορεσιν ως ποιμνιον ω ουκ εστιν ποιμην
και ειπεν κυριος ου κυριος τουτοις αναστρεφετω εκαστος εις τον οικον αυτου εν ειρηνη
Vidi cunctum Israël dispersum in montibus, quasi oves non habentes pastorem. Et ait Dominus : Non habent isti dominum : revertatur unusquisque in domum suam in pace.
 
Ce qui signifie que le roi d’Israël n’est pas un pasteur – le prophète lui prédira d’ailleurs une mort peu glorieuse (1R 22,28) – et le dernier membre de ce verset annonce la déroute après la mort d’Achab (malgré la ruse de ce dernier, qui s’était déguisé en simple soldat, mais avait recommandé à Josaphat de garder son costume de roi, afin de faire de ce dernier une cible évidente) :   
« Et, comme le soleil se couchait, ce cri passa dans les rangs: Chacun à sa ville, et chacun à son pays! »
ויעבר הרנה במחנה כבא השמש לאמר איש אל־עירו ואיש אל־ארצו׃
και εστη ο στρατοκηρυξ δυνοντος του ηλιου λεγων εκαστος εις την εαυτου πολιν και εις την εαυτου γην
et præco insonuit in universo exercitu antequam sol occumberet, dicens : Unusquisque revertatur in civitatem, et in terram suam.
(1R 22,36).


Curieusement, c’est l’autre Michée, celui de Moréshèt, contemporain d’Isaïe (740 av. J.-C.), qui reprendra le thème du berger – mais dans une nouvelle perspective.
Il s’agit en effet cette fois d’un oracle messianique – qui annonce la venue d’un personnage qui assumera la fonction de berger. Ce prince, d’origine immémoriale, sera comme un nouveau David (Mi 5,1-4). Il naîtra de « celle qui doit enfanter », il incarnera la paix et, dans cet ordre nouveau, il réconciliera autour de lui tout ce qui semble antagoniste, ce qui restera alors d’Israël et les autres peuples :
« 4. Il se maintiendra, et il gouvernera avec la force de l'Éternel, avec la majesté du nom de l'Éternel son Dieu. Ils habiteront en paix, car alors il sera glorifié jusqu'aux extrémités de la terre. Et c'est lui qui sera la paix. »
ועמד ורעה בעז יהוה בגאון שם יהוה אלהיו וישבו כי־עתה יגדל עד־אפסי־ארץ׃
והיה זה שלום
Littéralement : « ועמד – Et il se tiendra ; ורעהet il fera paître ; בעז – avec la force ; יהוה – de l’Eternel ; בגאון – avec la majesté ; שם – du nom ; יהוה – de l’Eternel ; אלהיו – son Dieu ; וישבו – et ils habiteront ; כי – car ; עתה – alors ; יגדל – il sera grand ; עד – jusqu’à ; אפסי – les confins ; ארץ – de la terre. והיה – Et sera ; זה – celui-ci ; שלום – la paix. »
και στησεται και οψεται και ποιμανει το ποιμνιον αυτου εν ισχυι κυριου και εν τη δοξη του ονοματος κυριου του θεου αυτων υπαρξουσιν διοτι νυν μεγαλυνθησεται εως ακρων της γης
και εσται αυτη ειρηνη
Et stabit, et pascet in fortitudine Domini, in sublimitate nominis Domini Dei sui : et convertentur, quia nunc magnificabitur usque ad terminos terræ.
Et erit iste pax.
 
Bien entendu, cet avènement suscitera des résistances, mais :
שבעה רעים ושמנה נסיכי אדם
« sept "qui font paître" et huit princes d’humains », c'est-à-dire un grand nombre de responsables de cet ordre nouveau, conduiront le peuple contre les fauteurs de guerre – symbolisés ici par les Assyriens (Mi 5,5-6).


Le chapitre 34 d'Ezéchiel développe longuement le thème du berger. C’est là une longue critique des pasteurs d’Israël, rois et chefs du peuple. Mais le prophète se retourne aussi contre les brebis, ce qui laisse entrevoir le jugement final. L’ensemble se termine sur la promesse messianique du pasteur idéal. On distingue différentes sections :

-                          1. Critique et jugement des pasteurs : « mes pasteurs n'ont pris nul souci de mes brebis, mais se paissaient eux-mêmes au lieu de faire paître mes brebis » (verset 8c)
מאין רעה ולא־דרשו רעי את־צאני וירעו הרעים אותם ואת־צאני לא רעו
ουκ εξεζητησαν οι ποιμενες τα προβατα μου και εβοσκησαν οι ποιμενες εαυτους τα δε προβατα μου ουκ εβοσκησαν
neque enim quæsierunt pastores mei gregem meum, sed pascebant pastores semetipsos, et greges meos non pascebant
Ils négligent la nourriture des brebis, ne soignent pas celles qui sont faibles, malades ou blessées. Ces bêtes sont traitées avec violence, ne sont pas surveillées, et donc se dispersent. On ne cherche pas l’animal perdu.
Les pasteurs vont être sanctionnés : « Voici, j'en veux à ces pasteurs, et je redemanderai mes brebis de leurs mains; je ne les laisserai plus paître mes brebis, et ils ne se paîtront plus eux-mêmes » (verset 10b)
הנני אל־הרעים ודרשתי את־צאני מידם והשבתים מרעות צאן ולא־ירעו עוד הרעים אותם
ιδου εγω επι τους ποιμενας και εκζητησω τα προβατα μου εκ των χειρων αυτων και αποστρεψω αυτους του μη ποιμαινειν τα προβατα μου και ου βοσκησουσιν ετι οι ποιμενες
Ecce ego ipse super pastores : requiram gregem meum de manu eorum, et cessare faciam eos, ut ultra non pascant gregem, nec pascant amplius pastores semetipsos.
Le troupeau va donc leur être retiré, les brebis échapperont à des "bergers" qui sont devenus des prédateurs (Ez 34,2-10).

-                          2. Intervention du Seigneur : Dieu décide de prendre lui-même la tête du troupeau (Ez 34,11-16). Il assumera tout le travail de la bergerie. « Car moi-même je paîtrai mes brebis et les ferai reposer, dit le Seigneur, l'Éternel. » (verset 15)
אני ארעה צאני ואני ארביצם נאם אדני יהוה׃
εγω βοσκησω τα προβατα μου και εγω αναπαυσω αυτα και γνωσονται οτι εγω ειμι κυριος ταδε λεγει κυριος κυριος
Ego pascam oves meas, et ego eas accubare faciam, dicit Dominus Deus.
C’est à ce texte que Jésus se référera pour déclarer qu’il est le Bon Pasteur.

-                          
3. Jugement du troupeau : Dieu juge entre brebis, béliers et boucs. Le Seigneur fait apparaître ici l’égoïsme des forts. Les puissants, les riches méprisent et piétinent les faibles. Par delà l’image pastorale, le prophète fait porter sa critique sur une société d’une injustice criante. Le Seigneur prend le parti des opprimés (Ez 34,17-22).

-                          4. La perspective messianique : Dieu va susciter un nouveau David (Ez 34,23-24).
« 23. J'établirai sur elles un seul pasteur qui les paîtra: David, mon serviteur; il les paîtra, et il sera lui-même leur pasteur; 24. Et moi l'Éternel, je serai leur Dieu, et David, mon serviteur, sera prince au milieu d'elles. Moi, l'Éternel, j'ai parlé. »
והקמתי עליהם רעה אחד ורעה אתהן את עבדי
דויד הוא ירעה אתם והוא־יהיה להן לרעה׃
ואני יהוה אהיה להם לאלהים ועבדי דוד נשיא בתוכם אני יהוה דברתי׃
και αναστησω επ' αυτους ποιμενα ενα και ποιμανει αυτους τον δουλον μου δαυιδ και εσται αυτων ποιμην
και εγω κυριος εσομαι αυτοις εις θεον και δαυιδ εν μεσω αυτων αρχων εγω κυριος ελαλησα
Et suscitabo super eas pastorem unum, qui pascat eas, servum meum David : ipse pascet eas, et ipse erit eis in pastorem.
Ego autem Dominus ero eis in Deum, et servus meus David princeps in medio eorum : ego Dominus locutus sum.
-                           5. Le reste du chapitre est consacré à la description des temps eschatologiques. Ici aussi, l’ordre nouveau exclut la violence, l’insulte, la famine ; il assure la sécurité, la fécondité (Ez 34,25-31).


 Dans la deuxième section du livre de Zacharie, l’image du berger subit un traitement particulier: le symbole devient une allégorie mimée et prophétique – le geste appuyant la parole.
Ce texte par ailleurs met en relief l’ambiguïté du thème du berger : s’il est vrai que le berger aime, soigne, protège ses brebis – parfois au risque même de sa vie – il n’en est pas moins vrai qu’il peut abattre une tête de bétail pour lui-même, pour la boucherie, ou pour un sacrifice rituel.
L’importance des sacrifices sanglants dans l’Ancien Testament, l’agneau devenu l’archétype de la victime sacrificielle, les rites de l’abattage étaient bien faits pour devenir le premier thème de Zacharie.

Ce thème est d’une extrême violence : le prophète, Maître berger, est mis en demeure d’élever un troupeau de brebis vouées au massacre ; ces victimes de la sauvagerie vont devenir l’image d’un monde qui se laisse entraîner sur la pente de sa propre violence (Za 11,4-7) :
(trad. Darby) « 4. [Ainsi] dit l'Éternel, mon Dieu: « Pais le troupeau de la tuerie, 5. que leurs possesseurs tuent, sans passer pour coupables, et dont les vendeurs disent: ‘Béni soit l'Éternel, je me suis enrichi!’ et leurs bergers ne les épargnent pas. 6. Car je n'épargnerai plus les habitants du pays, dit l'Éternel. Et voici, je ferai tomber les hommes dans les mains l'un de l'autre et dans la main de son roi; et ils écraseront le pays; et je ne délivrerai pas de leur main. 7a. Et je me mis à paître le troupeau de la tuerie »
כה אמר יהוה אלהי רעה את־צאן ההרגה׃
אשר קניהן יהרגן ולא יאשמו ומכריהן יאמר ברוך יהוה ואעשר ורעיהם לא יחמול עליהן׃
כי לא אחמול עוד על־ישבי הארץ נאם־יהוה
והנה אנכי ממציא את־האדם איש ביד־רעהו וביד מלכו וכתתו את־הארץ ולא אציל מידם׃
וארעה את־צאן ההרגה
ταδε λεγει κυριος παντοκρατωρ ποιμαινετε τα προβατα της σφαγης
α οι κτησαμενοι κατεσφαζον και ου μετεμελοντο και οι πωλουντες αυτα ελεγον ευλογητος κυριος και πεπλουτηκαμεν και οι ποιμενες αυτων ουκ επασχον ουδεν επ' αυτοις
δια τουτο ου φεισομαι ουκετι επι τους κατοικουντας την γην λεγει κυριος και ιδου εγω παραδιδωμι τους ανθρωπους εκαστον εις χειρας του πλησιον αυτου και εις χειρας βασιλεως αυτου και κατακοψουσιν την γην και ου μη εξελωμαι εκ χειρος αυτων
και ποιμανω τα προβατα της σφαγης
Hæc dicit Dominus Deus meus : Pasce pecora occisionis, quæ qui possederant occidebant, et non dolebant, et vendebant ea, dicentes : Benedictus Dominus ! divites facti sumus : et pastores eorum non parcebant eis.
Et ego non parcam ultra super habitantes terram, dicit Dominus : ecce ego tradam homines, unumquemque in manu proximi sui, et in manu regis sui : et concident terram, et non eruam de manu eorum.
Et pascam pecus occisionis

L’allégorie se précise : le Maître berger se sépare de trois assistants (qui représentent peut-être trois grands prêtres), mais le mal est partout, du côté des gardiens comme du côté des bêtes (Za 11,7-9) :
« 9. Je ne vous paîtrai pas: que ce qui meurt, meure; que ce qui périt, périsse; et quant à ce qui reste, qu'ils se dévorent l'un l'autre. »
לא ארעה אתכם המתה תמות והנכחדת תכחד והנשארות תאכלנה אשה את־בשר רעותה׃
ου ποιμανω υμας το αποθνησκον αποθνησκετω και το εκλειπον εκλειπετω και τα καταλοιπα κατεσθιετωσαν εκαστος τας σαρκας του πλησιον αυτου
Non pascam vos : quod moritur, moriatur, et quod succiditur, succidatur : et reliqui devorent unusquisque carnem proximi sui.
 
Le Maître berger avait pris deux houlettes, qu’il nomme « Faveur » ou « Beauté » (selon les interprétations) et « Entente » ou « Liens », qu’il va bientôt briser. La première houlette brisée signifie l’échec de la concorde entre les peuples. Le prophète démissionne de son rôle de Maître berger, et les chefs, en lui réglant un salaire dérisoire (le prix d’un esclave !), se moquent de la parole de Dieu; le bris de la seconde consacre la fin de l’entente entre Israël et Juda (Za 11,10-14).
« 12b. Et ils pesèrent mon salaire, trente pièces d'argent*. 13. Et l'Éternel me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j'ai été estimé par eux. Et je pris les trente pièces d'argent, et je les jetai au potier, dans la maison de l'Éternel. »
וישקלו את־שכרי שלשים כסף׃
ויאמר יהוה אלי השליכהו אל־היוצר אדר היקר אשר יקרתי מעליהם
ואקחה שלשים הכסף ואשליך אתו בית יהוה אל־היוצר׃
και εστησαν τον μισθον μου τριακοντα αργυρους
και ειπεν κυριος προς με καθες αυτους εις το χωνευτηριον και σκεψαι ει δοκιμον εστιν ον τροπον εδοκιμασθην υπερ αυτων και ελαβον τους τριακοντα αργυρους και ενεβαλον αυτους εις τον οικον κυριουεις το χωνευτηριον
Et appenderunt mercedem meam triginta argenteos.
Et dixit Dominus ad me : Projice illud ad statuarium, decorum pretium quo appretiatus sum ab eis. Et tuli triginta argenteos, et projeci illos in domum Domini, ad statuarium.
* Mt en 26,15 et en 27,3-10 a appliqué ce passage au Christ ; le prophète, tenant la place de Dieu méprisé, en apparaît comme le type :
« 26,15. τι θελετε μοι δουναι καγω υμιν παραδωσω αυτον οι δε εστησαν αυτω τριακοντα αργυρια - Que voulez-vous me donner, et moi, je vous le livrerai? Et ils lui comptèrent trente pièces d'argent. »
« 27, 3-5.τοτε ιδων ιουδας ο παραδιδους αυτον οτι κατεκριθη μεταμεληθεις απεστρεψεν τα τριακοντα αργυρια τοις αρχιερευσιν και τοις πρεσβυτεροις […] και ριψας τα αργυριαεν τω ναω ανεχωρησεν και απελθων απηγξατο […] ηγορασαν εξ αυτων τον αγρον του κεραμεως […] - Judas qui l'avait livré, voyant qu'il était condamné, ayant du remords, reporta les trente pièces d'argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, […] 5. Et ayant jeté l'argent dans le temple, il se retira; et s'en étant allé, il se pendit. 6b. ils achetèrent avec cet argent le champ du potier […] »

Mais le Seigneur tient toujours son prophète, qui doit se travestir en berger fou, pour évoquer le pasteur tortionnaire qui va prendre sa relève (Za 11,15-17).
« 16b. je suscite un berger dans le pays, qui ne visitera pas ce qui va périr, qui ne cherchera pas ce qui est dispersé, qui ne pansera pas ce qui est blessé, et ne nourrira pas ce qui est en bon état; mais il mangera la chair de ce qui est gras »
כי הנה־אנכי מקים רעה בארץ הנכחדות לא־יפקד הנער
לא־יבקש והנשברת לא ירפא הנצבה לא יכלכל ובשר הבריאה יאכל
εγω εξεγειρω ποιμενα επι την γην το εκλιμπανον ου μη επισκεψηται και το διεσκορπισμενον ου μη ζητηση και το συντετριμμενον ου μη ιασηται και το ολοκληρον ου μη κατευθυνη και τα κρεα των εκλεκτων καταφαγεται
ego suscitabo pastorem in terra, qui derelicta non visitabit, dispersum non quæret, et contritum non sanabit, et id quod stat non enutriet, et carnes pinguium comedet

La conclusion de ce mime prophétique se trouve en Za 13,7-9 : l’épée du Jugement frappe ce monde en folie, brebis et berger confondus – non pour le détruire, mais pour l’épurer par le feu et le reconstruire sur cette base renouvelée :
« 7a. Épée, réveille-toi contre mon berger ; 7c. frappe le berger, et le troupeau sera dispersé »
חרב עורי על־רעי
הך את־הרעה ותפוצין הצאן
ρομφαια εξεγερθητι επι τους ποιμενας μου
παταξατετους ποιμενας και εκσπασατε τα προβατα
Framea, suscitare super pastorem meum,
percute pastorem, et dispergentur oves
* Ce passage est repris par Jésus en Mt 26,31 : « παταξωτον ποιμενα και διασκορπισθησεται τα προβατα της ποιμνης - Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées »

Ces chapitres de Zacharie ont fourni un point d’appui biblique à la méditation des premiers chrétiens – à commencer par les évangélistes (comme nous l’avons vu en notes à propos de Matthieu). Par ailleurs, le « transpercé » en Za 12,10 :והביטו אלי את אשר־דקרוו (littéralement «והביטו et ils regarderont - אלי  vers moi - את אשר־דקרוו celui qu’ils ont transpercé » - LXX :και επιβλεψονται προς με ανθ' ων κατωρχησαντο) désigne un mystérieux personnage dont la mort est salutaire.
Jean voit en lui un pressentiment du Christ crucifié (Jn 19,37) : « και παλιν ετερα γραφη λεγει οψονται εις ον εξεκεντησαν- Et encore une autre écriture dit: "Ils regarderont vers celui qu'ils ont percé". »

Ce même évangéliste vient de parler de l’eau qui sort du côté du Christ (Jn19,34) : « αλλ εις των στρατιωτων λογχη αυτου την πλευραν ενυξεν και ευθεως εξηλθεν αιμα και υδωρ - mais l'un des soldats lui perça le côté avec une lance; et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. »

Cet épisode peut être mis en liaison avec Za 13,1 :
« En ce jour-là, une source sera ouverte pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l'impureté. »
ביום ההוא יהיה מקור נפתח לבית דויד ולישבי ירושלם לחטאת ולנדה׃
εν τη ημερα εκεινη εσται πας τοπος διανοιγομενος εν τω οικω δαυιδ*
In die illa erit fons patens domui David et habitantibus Jerusalem, in ablutionem peccatoris et menstruatæ.
* On notera que la LXX omet le second segment de ce verset.


▪ La convergence symbolique entre le berger et l’agneau, victime expiatoire, se trouve en Isaïe, au chapitre 53 :
« 6. Nous étions tous errants comme des brebis, nous suivions chacun son propre chemin, et l'Éternel a fait venir sur lui l'iniquité de nous tous. […] 7b. Comme un agneau mené à la boucherie, […] 7d. il n'ouvrit point la bouche. 11b. Mon serviteur juste en justifiera plusieurs, […] 12c. il a livré sa vie à la mort, […] 12e. il a porté les péchés de plusieurs, et intercédé pour les pécheurs. »
כלנו כצאן תעינו איש לדרכו פנינו ויהוה הפגיע בו את עון כלנו׃
כשה לטבח יובל
ולא יפתח פיו׃
יצדיק צדיק עבדי לרבים
הערה למות נפשו
והוא חטא־רבים נשא ולפשעים יפגיע:
παντες ωςπροβατα επλανηθημεν ανθρωπος τη οδω αυτου επλανηθη και κυριος παρεδωκεν αυτον ταις αμαρτιαις ημων
ωςπροβατον επι σφαγην ηχθη
ουκ ανοιγει το στομα αυτου
δικαιωσαι δικαιον ευ δουλευοντα πολλοις
παρεδοθη εις θανατον η ψυχη αυτου
αυτος αμαρτιας πολλων ανηνεγκεν και δια τας αμαρτιας αυτων παρεδοθη
Omnes nos quasioves erravimus, unusquisque in viam suam declinavit ; et posuit Dominus in eo iniquitatem omnium nostrum.
sicut ovis ad occisionem ducetur,
non aperiet os suum.
justificabit ipse justus servus meus multos
tradidit in mortem animam suam,
ipse peccata multorum tulit, et pro transgressoribus rogavit.
 

 Comme nous l’avons vu, cette convergence identifie le pasteur qui souffre pour son troupeau à l’agneau du sacrifice ; or Hé 9,12 conclut (trad. Darby) : « et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, [le Christ] est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle. »
ουδε δι αιματος τραγων και μοσχων δια δε του ιδιου αιματος εισηλθεν εφαπαξ εις τα αγια αιωνιαν λυτρωσιν ευραμενος
neque per sanguinem hircorum aut vitulorum, sed per proprium sanguinem introivit semel in Sancta, æterna redemptione inventa.



3.    Le Bon Pasteur
 Nouveau Testament.


Le Nouveau Testament voit en Jésus le Pasteur par excellence.

▪ Une des caractéristiques essentielles du bon Pasteur, c’est le soin des petits (Mt 18,10-14) :
« 10. Prenez garde de ne mépriser aucun de ces petits; car je vous dis que dans les cieux leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
11. Car le Fils de l'homme est venu pour sauver ce qui était perdu.
12. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et qu'il y en ait une égarée, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf sur les montagnes, pour s'en aller chercher celle qui s'est égarée?
13. Et s'il arrive qu'il la trouve, je vous dis en vérité qu'il en a plus de joie, que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont point égarées.
14. Ainsi la volonté de votre Père qui est aux cieux n'est pas qu'un seul de ces petits se perde. »
ορατε μη καταφρονησητε ενος των μικρων τουτων λεγω γαρ υμιν οτι οι αγγελοι αυτων εν ουρανοις δια παντος βλεπουσιν το προσωπον του πατρος μου του εν ουρανοις
ηλθεν γαρ ο υιος του ανθρωπου σωσαι το απολωλος
τι υμιν δοκει εαν γενηται τινι ανθρωπω εκατον προβατα και πλανηθη εν εξ αυτων ουχι αφεις τα ενενηκοντα εννεα επι τα ορη πορευθεις ζητει το πλανωμενον
και εαν γενηται ευρειν αυτο αμην λεγω υμιν οτι χαιρει επ αυτω μαλλον η επι τοις ενενηκοντα εννεα τοις μη πεπλανημενοις
ουτως ουκ εστιν θελημα εμπροσθεν του πατρος υμων του εν ουρανοις ινα αποληται εις των μικρων τουτων
Videte ne contemnatis unum ex his pusillis : dico enim vobis, quia angeli eorum in cælis semper vident faciem Patris mei, qui in cælis est.
Venit enim Filius hominis salvare quod perierat.
Quid vobis videtur ? si fuerint alicui centum oves, et erravit una ex eis : nonne relinquit nonaginta novem in montibus, et vadit quærere eam quæ erravit ?
Et si contigerit ut inveniat eam : amen dico vobis, quia gaudet super eam magis quam super nonaginta novem, quæ non erraverunt.
Sic non est voluntas ante Patrem vestrum, qui in cælis est, ut pereat unus de pusillis istis.

 Le long texte de Jean, qui concerne le bon Pasteur, se divise en deux parties.
-         La première partie décrit la sécurité qui doit régner dans une bonne bergerie. Jésus est le bon berger, reconnaissable à sa voix. Cette voix est la voix de Dieu capable d’appeler chaque être humain par son nom, et de conduire tous les hommes sur le bon chemin (Jn 10,1-5) :
« 1. En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y pénètre par un autre endroit, est un larron et un brigand.
2. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis.
3. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix; il appelle ses propres brebis par leur nom, et il les mène dehors.
4. Et quand il a mené dehors ses propres brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix.
5. Mais elles ne suivront point un étranger; au contraire, elles le fuiront, parce qu'elles ne connaissent point la voix des étrangers. »
αμην αμην λεγω υμιν ο μη εισερχομενος δια της θυρας εις την αυλην των προβατων αλλα αναβαινων αλλαχοθεν εκεινος κλεπτης εστιν και ληστης
ο δε εισερχομενος δια της θυρας ποιμην εστιν των προβατων
τουτω ο θυρωρος ανοιγει και τα προβατα της φωνης αυτου ακουει και τα ιδια προβατα καλει κατ ονομα και εξαγει αυτα
και οταν τα ιδια προβατα εκβαλη εμπροσθεν αυτων πορευεται και τα προβατα αυτω ακολουθει οτι οιδασιν την φωνην αυτου
αλλοτριω δε ου μη ακολουθησωσιν αλλα φευξονται απ αυτου οτι ουκ οιδασιν των αλλοτριων την φωνην
Amen, amen dico vobis : qui non intrat per ostium in ovile ovium, sed ascendit aliunde, ille fur est et latro.
Qui autem intrat per ostium, pastor est ovium.
Huic ostiarius aperit, et oves vocem ejus audiunt, et proprias ovas vocat nominatim, et educit eas.
Et cum proprias oves emiserit, ante eas vadit : et oves illum sequuntur, quia sciunt vocem ejus.
Alienum autem non sequuntur, sed fugiunt ab eo : quia non noverunt vocem alienorum.
 
Devant l’ahurissement des Juifs qui l’écoutent, Jésus reprend son enseignement en d’autres termes : « Je suis la porte… » (Jn 10,6-10); pour mieux comprendre le passage à cette nouvelle image, il faut savoir que les bergers et leurs troupeaux étant nomades, les pasteurs construisaient un enclos léger pour la nuit, et se couchaient en travers de son entrée :
« 6. Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent point de quoi il leur parlait.
7. Jésus donc leur dit encore: En vérité, en vérité je vous dis, que je suis la porte des brebis.
8. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des larrons et des brigands, mais les brebis ne les ont point écoutés.
9. Je suis la porte; si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera de la pâture.
10. Le larron ne vient que pour dérober, tuer et détruire; mais moi, je suis venu, pour que mes brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »
ταυτην την παροιμιαν ειπεν αυτοις ο ιησους εκεινοι δε ουκ εγνωσαν τινα ην α ελαλει αυτοις
ειπεν ουν παλιν αυτοις ο ιησους αμην αμην λεγω υμιν οτι εγω ειμι η θυρα των προβατων
παντες οσοι ηλθον κλεπται εισιν και λησται αλλ ουκ ηκουσαν αυτων τα προβατα
εγω ειμι η θυρα δι εμου εαν τις εισελθη σωθησεται και εισελευσεται και εξελευσεται και νομην ευρησει
ο κλεπτης ουκ ερχεται ει μη ινα κλεψη και θυση και απολεση εγω ηλθον ινα ζωην εχωσιν και περισσον εχωσιν
Hoc proverbium dixit eis Jesus : illi autem non cognoverunt quid loqueretur eis.
Dixit ergo eis iterum Jesus : Amen, amen dico vobis, quia ego sum ostium ovium.
Omnes quotquot venerunt, fures sunt, et latrones, et non audierunt eos oves.
Ego sum ostium. Per me si quis introierit, salvabitur : et ingredietur, et egredietur, et pascua inveniet.
Fur non venit nisi ut furetur, et mactet, et perdat. Ego veni ut vitam habeant, et abundantius habeant.

-          Dans la deuxième partie, Jésus affirme que – étant le bon Berger – il donne sa vie pour ses brebis. Mais le thème se développe en deux variations totalement nouvelles :
Le lien qui unit le troupeau de fidèles à Jésus est de même nature que celui qui unit Jésus à son Père (Jn 10,11-15) :
« 11. Je suis le bon berger; le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
12. Mais le mercenaire, qui n'est point le berger, et à qui les brebis n'appartiennent point, voit venir le loup, et abandonne les brebis et s'enfuit; et le loup ravit les brebis et les disperse.
13. Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se soucie point des brebis.
14. Je suis le bon berger, et je connais mes brebis, et je suis connu d'elles,
15. comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père; et je donne ma vie pour mes brebis.
εγω ειμι ο ποιμην ο καλος ο ποιμην ο καλος την ψυχην αυτου τιθησιν υπερ των προβατων
ο μισθωτος δε και ουκ ων ποιμην ου ουκ εισιν τα προβατα ιδια θεωρει τον λυκον ερχομενον και αφιησιν τα προβατα και φευγει και ο λυκος αρπαζει αυτα και σκορπιζει τα προβατα
ο δε μισθωτος φευγει οτι μισθωτος εστιν και ου μελει αυτω περι των προβατων  
εγω ειμι ο ποιμην ο καλος και γινωσκω τα εμα και γινωσκομαι υπο των εμων
καθως γινωσκει με ο πατηρ καγω γινωσκω τον πατερα και την ψυχην μου τιθημι υπερ των προβατων
Ego sum pastor bonus. Bonus pastor animam suam dat pro ovibus suis.
Mercenarius autem, et qui non est pastor, cujus non sunt oves propriæ, videt lupum venientem, et dimittit oves, et fugit : et lupus rapit, et dispergit oves ;
mercenarius autem fugit, quia mercenarius est, et non pertinet ad eum de ovibus.
Ego sum pastor bonus : et cognosco meas, et cognoscunt me meæ.
Sicut novit me Pater, et ego agnosco Patrem : et animam meam pono pro ovibus meis.
(On notera dans tout ce passage les nombreuses reprises de termes, voire de segmentscomplets, qui sont autant de tournures d’insistance.)
 
Par ailleurs, en conformité avec la prédication des prophètes – qui entrevoyaient l’extension universelle du salut – Jésus parle des brebis qui se tiennent en dehors de l’enclos d’Israël et qui sont, elles aussi, appelées à s’intégrer dans le peuple des rachetés (Jn 10,16) :
« Et j'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les amène; et elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau et un seul berger. »
και αλλα προβατα εχω α ουκ εστιν εκ της αυλης ταυτης κακεινα με δει αγαγειν και της φωνης μου ακουσουσιν και γενησεται μια ποιμνη εις ποιμην
Et alias oves habeo, quæ non sunt ex hoc ovili : et illas oportet me adducere, et vocem meam audient, et fiet unum ovile et unus pastor.
 
La première épître de Pierre déduit de cet enseignement la conduite que doivent tenir les chefs de la communauté chrétienne (1P 5,1-4) :
« 1. Je prie les anciens qui sont parmi vous, moi qui suis ancien avec eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée:
2. Paissez le troupeau de Dieu qui est au milieu de vous, veillant sur lui, non par contrainte, mais volontairement; non pour un gain honteux, mais par affection;
3. Non comme ayant la domination sur les héritages du Seigneur, mais en étant les modèles du troupeau.
4. Et lorsque le souverain Pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne incorruptible de gloire. »
πρεσβυτερους τους εν υμιν παρακαλω ο συμπρεσβυτερος και μαρτυς των του χριστου παθηματων ο και της μελλουσης αποκαλυπτεσθαι δοξης κοινωνος
ποιμανατε το εν υμιν ποιμνιον του θεου επισκοπουντες μη αναγκαστως αλλ εκουσιως μηδε αισχροκερδως αλλα προθυμως
μηδε ως κατακυριευοντες των κληρων αλλα τυποι γινομενοι του ποιμνιου
και φανερωθεντος του αρχιποιμενος κομιεισθε τον αμαραντινον της δοξης στεφανον
Seniores ergo, qui in vobis sunt, obsecro, consenior et testis Christi passionum : qui et ejus, quæ in futuro revelanda est, gloriæ communicator :
pascite qui in vobis est gregem Dei, providentes non coacte, sed spontanee secundum Deum : neque turpis lucri gratia, sed voluntarie :
neque ut dominantes in cleris, sed forma facti gregis ex animo.
Et cum apparuerit princeps pastorum, percipietis immarcescibilem gloriæ coronam.

Plus tard, au IVème siècle, saint Ephrem le Syrien écrira au terme de ses Hymnes Contre les Hérésies:
Que ne soient point huées, Seigneur,
   Les fatigues de ton berger!
Je n'ai point troublé ton troupeau,
   Mais autant qu'il m'était possible,
J'ai écarté de lui les loups
   Et j'ai construit, comme j'ai pu,
Ces enclos que sont les hymnes
   Pour les brebis de ton bercail:
Ah! Les souffrances me taraudent
   Et les péchés font mon tourment:
   Vainc tout cela dans Ta Bonté!
(trad. du F. Cassingena-Trévedy)
Le "bon berger" Ephrem s'est donc donné pour mission de protéger le "troupeau" des fidèles contre les "loups" que sont les hérésiarques (nombreux en cette période!), les "souffrances" et les "péchés" qu'ils causent, grâce aux "enclos" que sont ses hymnes: la métaphore est ici parfaitement filée - même si "le motif avoué de l'écriture est, chez Ephrem, d'ordre pastoral [...], au sens ecclésial et ministériel du terme" (F. Cassingena-Trévedy, Les "Confessions" poétiques d'Ephrem de Nisibe) avant d'être d'ordre littéraire.
En effet, le terme syriaque ܪܥܝܐ ‘allānā- dérivé de l'akkadien allānu - qui désigne le "berger-adjoint" et que l'on rencontre dans la Peschitta (Bible en syriaque), s'applique chez les contemporains de saint Ephrem à tous les ordres ecclésiastiques, de l'évêque (assistant pastoral du Christ) au prêtre et au diacre.
Le terme syriaque ܛܝܪܐ ici traduit par "enclos" désigne un douar de nomades dans la Peschitta et le "bercail" dans la péricope johannique du Bon Pasteur (voir ci-dessus, Jn 10,1 et 10,16).

L’épître aux Hébreux invoque pour finir (Hé 13,20-21) :
« 20. que le Dieu de paix, qui a ramené d'entre les morts le souverain Pasteur des brebis, notre Seigneur Jésus, par le sang d'une alliance éternelle,
21. vous rende accomplis en toute bonne œuvre, afin que vous fassiez sa volonté, faisant lui-même en vous ce qui est agréable devant lui, par Jésus-Christ, à qui soit la gloire aux siècles des siècles! Amen. »
ο δε θεος της ειρηνης ο αναγαγων εκ νεκρων τον ποιμενα των προβατων τον μεγαν εν αιματι διαθηκης αιωνιου τον κυριον ημων ιησουν
καταρτισαι υμας εν παντι εργω αγαθω εις το ποιησαι το θελημα αυτου ποιων εν υμιν το ευαρεστον ενωπιον αυτου δια ιησου χριστου ω η δοξα εις τους αιωνας των αιωνων αμην
Deus autem pacis, qui eduxit de mortuis pastorem magnum ovium, in sanguine testamenti æterni, Dominum nostrum Jesum Christum,
aptet vos in omni bono, ut faciatis ejus voluntatem : faciens in vobis quod placeat coram se per Jesum Christum : cui est gloria in sæcula sæculorum. Amen



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