Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Le pain dans la Bible



        
       Le pain לֶחֶם - le'hem, don de Dieu, est pour l’homme une source de force – Ps 104,14-15 : « Tu fais croître l'herbe pour le bétail et les plantes à l'usage des humains, pour qu'ils tirent le pain de la terre et le vin qui réjouit le cœur de l'homme, pour que l'huile fasse luire les visages et que le pain fortifie le cœur de l'homme » – et un moyen de subsister si essentiel que manquer de pain, c’est manquer de tout – Am 4,6 :« Aussi, moi je vous ai fait les dents nettes en toutes vos villes, je vous ai privés de pain dans tous vos villages; et vous n'êtes pas revenus à moi ! Oracle de l'Eternel » ; cf. Gn 28,20 – « Jacob fit ce vœu : Si Dieu est avec moi et me garde en la route où je vais, s'il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir… »

Aussi, dans l'expérience du désert, la manne tient-elle une place si centrale qu'on la commémore au début de chaque Shabbat, par la bénédiction sur les 'Halot (une page sera consacrée aux rites du Shabbat, où ces pains seront évoqués).      

Aussi, dans la prière que le Jésus enseigne à ses disciples, le pain semble-t-il résumer tous les dons qui nous sont nécessaires – Lc 11,3 : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! ».
Bien plus, il a été pris pour signe du plus grand des dons – Mc 14,22: « Et tandis qu'ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant :  Prenez, ceci est mon corps. »  


1.     Le pain de chaque jour.

1.1.          Dans la vie courante, on caractérise une situation en disant quel goût elle donne au pain.
Celui qui souffre et que Dieu semble abandonner mange un pain « de larmes », de « cendre », ou d’ « affliction » – Ps 42,4 : « Mes larmes, c'est là mon pain, le jour, la nuit, moi qui tout le jour entends dire Où est-il, ton Dieu? » ; Ps 80,6 : « Tu l'as nourri d'un pain de larmes. » ; Ps 102,10 : « La cendre est le pain que je mange, je mêle à ma boisson mes larmes. » ; Is 30,20 : « Le Seigneur vous donnera le pain d'angoisse et l'eau d'affliction. ». Et qui est joyeux mange le pain dans la joie – Qo 9,7 : « Va, mange avec joie ton pain et bois de bon cœur ton vin, car Dieu a déjà apprécié tes œuvres. ».
Du pécheur, on dit qu’il mange un pain d’impiété ou de mensonge – Pr 4,17 : « Ils mangent un pain de méchanceté et boivent le vin des violents. », et du paresseux, un pain d’oisiveté – Pr 31,27 : « De sa maisonnée, elle surveille le va-et-vient, elle ne mange pas le pain de l'oisiveté. »

D’autre part, le pain est destiné à être partagé.
Tout repas suppose une réunion et aussi une communion. Manger régulièrement le pain avec quelqu’un, c’est être son ami, son intime – Ps 41,10 : « Même l'homme avec qui j'étais en paix, qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, a levé le pied contre moi. », cité en Jn 13,18 : « Il faut que l'Écriture soit accomplie: Celui qui mange le pain avec moi a levé le pied contre moi. »
Le devoir de l’hospitalité est sacré, qui fait du pain de chacun le pain du passant, envoyé par DieuGn 18,5 : « Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! » ; Lc 11,5 : « Si l'un de vous, ayant un ami, s'en va le trouver au milieu de la nuit, et lui dit : Mon ami, prête-moi trois pains… » ; Lc 11,11 : « Qui d'entre vous est le père qui donne à son fils une pierre, lorsqu'il lui demande du pain? ».
A partir de l’exil surtout, l’accent est mis sur la nécessité de partager son pain avec l’affamé : la piété juive trouve là la meilleure expression de la charité fraternelle, de la צדקה, l'aumône de justice (que l'on pratique toujours, en particulier à la veille du jeûne du Yôm Kippour) – Pr 22,9 : « L'homme bienveillant sera béni, car il donne de son pain au pauvre. » ; Ez 18,7 : « L'homme qui ne fait de tort à personne, […] qui donne de son pain à l'affamé… » ; Ez 18,16 : «Qu'il ne fasse tort à personne, […] qu'il donne de son pain à l'affamé. » ; Jb 31,17 : « Ai-je mangé seul mon morceau de pain, sans le partager avec l'orphelin? » ; Is 58,7 : « N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ? » ; Tb 4,16 : « Donne de ton pain à ceux qui ont faim, et de tes habits à ceux qui sont nus. De tout ce que tu as en abondance, prends pour faire l'aumône; et quand tu fais l'aumône, n'aie pas de regrets dans les yeux. ». Quand il recommande aux Corinthiens la collecte en faveur des « saints », Paul leur rappelle que tout don vient de Dieu, à commencer par le pain – 2Co 9,10 : « Celui qui fournit au laboureur la semence et le pain qui le nourrit vous fournira la semence à vous aussi, et en abondance, et il fera croître les fruits de votre justice. ».
Dans l’Eglise chrétienne, la « fraction du pain » désigne enfin le rite eucharistique du pain rompu en faveur de tous : le Corps du Seigneur devient la source même de l’unité de l’Eglise – Ac 2,42 : « Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » ; 1Co 10,17 : 
« Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique. » 

1.2.          Le pain, don de Dieu.
Dieu, après avoir créé l’homme – Gn 1,29 : « Dieu dit : Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture», et de nouveau après le déluge – Gn 9,3 : « Tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture, je vous donne tout cela au même titre que la verdure des plantes», lui fait connaître ce qu’il peut manger ; et c’est au prix d’un dur labeur que l’homme pécheur s’assurera le nécessaire – Gn 3,19 : « A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol».
Dès lors, abondance et disette de pain auront valeur de signe : l’abondance sera bénédiction de Dieu – Ps 132,15 : « Sa nourriture, je la bénirai de bénédiction ses pauvres, je les rassasierai de pain » ; Pr 12,11 : « Qui cultive sa terre sera rassasié de pain » et la disette est châtiment du péché – Jr 5,17 : « Elle dévorera ta moisson et ton pain, elle dévorera tes fils et tes filles, elle dévorera ton petit et ton gros bétail, elle dévorera ta vigne et ton figuier; par l'épée, elle viendra à bout de ces villes fortes en lesquelles tu mets ta confiance » ; Ez 4,16-17 : « Voici que je vais détruire la réserve de pain à Jérusalem : on mangera dans l'angoisse du pain pesé, on boira avec effroi de l'eau mesurée, parce que le pain et l'eau manqueront; ils seront frappés de stupeur et dépériront à cause de leur faute» ; Lm 1,11 : « Son peuple tout entier gémit, en quête de pain » ; Lm 2,12 : « Ils disent à leurs mères : « Où y a-t-il du pain ? » tandis qu'ils défaillent comme des blessés ».
L’homme doit donc demander humblement son pain à Dieu, et l’attendre dans la confiance. A cet égard, les récits de multiplication des pains sont significatifs. Le miracle opéré par Elisée exprime bien la surabondance du don divin2R 4,42sqq : « Un homme vint de Baal-Shalisha et apporta à l'homme de Dieu du pain de prémices, vingt pains d'orge et du grain frais dans son épi. Celui-ci ordonna : «Offre aux gens et qu'ils mangent», mais son serviteur répondit : «Comment servirai-je cela à cent personnes?» Il reprit : «Offre aux gens et qu'ils mangent, car ainsi a parlé Yahvé : On mangera et on en aura de reste.» Il leur servit, ils mangèrent et en eurent de reste, selon la parole de l’Eternel ». L’humble confiance est également la première leçon des récits évangéliques ; empruntant au Ps 78,25 : « Du pain des Forts l'homme se nourrit, il leur envoya des vivres à satiété » et 29 : « Ils mangèrent et furent bien rassasiés», ils évoquent le « pain des Forts » dont Dieu rassasia son peuple au désert – Mt 14,20 : « Tous mangèrent et furent rassasiés et l'on emporta le reste des morceaux : douze pleins couffins ! » (et synoptiques – Mc 6,42 // Lc 9,17) ; Mt 15,37 : « Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! » (// Mc 8,8 ; cf. Jn 6,12 : « Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : ‘Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu.’ »). Dans un même contexte de pensée, Jésus a invité ses disciples à demander « le pain quotidien » (Mt 6,11), comme des fils qui avec confiance attendent tout de leur Père des Cieux (cf. Mt 6,25-34 // Lc 12,22-31).
Le pain est enfin le don suprême de l’époque eschatologique, soit pour chacun en particulier – Is 30,23 : « Et il donnera la pluie pour la semence que tu sèmeras en terre, et le pain, produit du sol, sera riche et nourrissant », soit dans le festin messianique promis aux élus – Jr 31,12 : « Ils viendront, criant de joie, sur la hauteur de Sion, ils afflueront vers les biens de Yahvé le blé, le vin et l'huile, les brebis et les bœufs ». Les repas de Jésus avec les siens préludaient ainsi au festin eschatologique – Mt 6,25 : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » ( // Lc 12,22-23), et en particulier le repas eucharistique où le pain que donne Jésus à ses disciples est son Corps, vrai don de Dieu – Lc 22,19 : « Prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, donné pour vous ».


2.      Le pain dans le culte.

2.1.          Les pains « de proposition ».
La législation sacerdotale accorde une grande importance aux pains « de proposition », ou « d’oblation »,לחם הפנים, placés au sur une table avec les vases destinés aux libations – 1R 7,48 : « Salomon déposa tous les objets qu'il avait faits dans le Temple de YHWH, l'autel d'or et la table sur laquelle étaient les pains d'oblation, en or », 2Ch 13,11 : « Chaque matin et chaque soir nous faisons fumer les holocaustes pour Yahvé, nous avons l'encens aromatique, les pains rangés sur la table pure, le candélabre d'or avec ses lampes qui brûlent chaque soir » (cf. Ex 25,23-30).
Leur origine semble ancienne – 1S 21,5 sqq : « Le prêtre répondit [à David]: « Je n'ai pas de pain ordinaire sous la main, il n'y a que du pain consacré […] Il n'y avait pas d'autre pain que le pain d'oblation, celui qu'on retire de devant YHWH pour le remplacer par du pain chaud, quand on le prend ». Peut-être est-ce là la survivance d’un ancien sentiment religieux, qui voulait que l’on offrît sa nourriture à la divinité.
Pour Israël, dont le Dieu refuse toute nourriture – Jg 13,16 : « Quand bien même tu me retiendrais, je ne mangerais pas de ta nourriture », ces pains deviennent le symbole de la communion entre Dieu et ses fidèles ; les prêtres le consommeront – Lv 24,5-9 : « Tu prendras de la fleur de farine et tu en feras cuire douze galettes […], tu les placeras en deux rangées de six sur la table pure qui est devant YHWH. […] Ce sera l'aliment offert en mémorial ».

2.2.          Le pain de prémices faisait partie de l’offrande apportée à Chavouot, la fête des Semaines – Lv 23,17 : « Vous apporterez de vos demeures du pain à offrir en geste de présentation, […] à titre de prémices pour YHWH ». La formule « en geste de présentation » montre qu’il s’agit de signifier la reconnaissance du don divin, comme dans toute liturgie de prémices – Ex 32,16 ;19 : « Tu observeras la fête de la Moisson, des prémices de tes travaux de semailles dans les champs, et la fête de la Récolte, en fin d'année, quand tu rentreras des champs le fruit de tes travaux. […] Tu apporteras à la maison de YHWH ton Dieu le meilleur des prémices de ton terroir ».
Il revient tout naturellement au prêtre, représentant de Dieu – Lv 23,20 : « Les pains des prémices […] ce sont choses saintes pour YHWH, qui reviendront au prêtre » ; Ez 44,30 : « Le meilleur de toutes vos prémices et de toutes les redevances, de tout ce que vous offrirez, reviendra aux prêtres; et le meilleur de votre pâte, vous le donnerez aux prêtres pour faire reposer la bénédiction sur votre maison » ; cf. Nb 18,13.
C’est aussi une intention de reconnaissance qui inspire l’offrande du pain et du vin faite par le roi-prêtre au Dieu créateur – Gn 14,18 sqq : « Melchisédech, roi de Shalem, apporta du pain et du vin; il était prêtre du Dieu Très Haut. Il prononça cette bénédiction : Béni soit Abram par le Dieu Très Haut qui créa ciel et terre, et béni soit le Dieu Très Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains ».

2.3.          Les pains azymes
Depuis les plus anciens codes, les pains azymes accompagnent les sacrifices - Ex 23,18 et Ex 34,25:« Tu ne sacrifieras pas avec du pain levé le sang de ma victime» et constituent la nourriture d'Israël pendant la fête de printemps - Ex 23,15 et Ex 34,18 : « Tu observeras la fêtes des Azymes. Pendant sept jours tu mangeras des azymes, comme je te l'ai ordonné, au temps fixé du mois d'Abib, car c'est en ce mois que tu es sorti d'Égypte ».
Le levain était exclu des offrandes cultuelles - Lv 2,11: « Aucune des oblations que vous offrirez à YHWH ne sera préparée avec un ferment, car vous ne ferez jamais fumer ni levain ni miel à titre de mets consumé pour YHWH»; on y voyait vraisemblablement un symbole de corruption.
En tout cas, lorsque la fête agraire des azymes fut unie à l'immolation de la Pâque (voir page sur la Pâque), l'usage du pain sans levain fut mis en relation avec la sortie d'Egypte: il devait rappeler le départ hâtif qui n'avait pas permis de laisser lever la pâte - Ex 12,8: « Cette nuit-là, on mangera la chair rôtie au feu ; on la mangera avec des azymes et des herbes amères», 11: « C'est ainsi que vous la mangerez : vos reins ceints, vos sandales aux pieds et votre bâton en main. Vous la mangerez en toute hâte, c'est une pâque pour YHWH», 39: « Ils firent cuire la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte en galettes non levées, car la pâte n'était pas levée : chassés d'Égypte, ils n'avaient pu s'attarder ni se préparer des provisions de route».
Peut-être l'origine du rite est-elle simplement un usage de la vie nomade, abandonné dans la vie sédentaire en Canaan.
On y a joint par la suite une idée de renouvellement: le vieux levain doit disparaître - Ex 12,15: « Pendant sept jours, vous mangerez des azymes. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons car quiconque, du premier au septième jour, mangera du pain levé, celui-là sera retranché d'Israël».
Saint Paul reprendra cette image pour convaincre les baptisés de vivre en hommes nouveaux - 1Co 5,7 sqq: « Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car notre pâque, le Christ, a été immolée.Ainsi donc, célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité ».
L'emploi du pain dans le culte trouve tout naturellement pour les chrétiens son accomplissement dans l'Eucharistie: après avoir multiplié les pains avec des gestes liturgiques - Mt 14,19 sqq: « Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, il prit les cinq pains [...], leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules », Jésus ordonne pendant la Cène de renouveler l'action par laquelle il fit du pain son Corps sacrifié, et le sacrement de l'unité des fidèles - 1Co 10,16-22; 11,23-26.



3. Le pain de la Parole.

En annonçant la faim de la Parole de Dieu, le prophète Amos – Am 8,11 : « Voici venir des jours - oracle de YHWH - où j'enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d'eau, mais d'entendre la parole de YHWH » - compare le pain à la parole (cf.Dt 8,3, à propos de la manne : « Il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de YHWH »).
Plus tard, dans l'évocation du festin messianique, prophètes et sages parlent du pain, qui désigne la Parole vivante de Dieu - Is 55,2-3: « Pourquoi dépenser de l'argent pour autre chose que du pain, et ce que vous avez gagné, pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez, écoutez-moi et mangez ce qui est bon; vous vous délecterez de mets succulents. Prêtez l'oreille et venez vers moi, écoutez et vous vivrez. Je conclurai avec vous une alliance éternelle» - la Sagesse divine en personne - Pr 9,5: « Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j'ai préparé! Quittez la niaiserie et vous vivrez, marchez droit dans la voie de l'intelligence »; Si 24, 19-22: « Venez à moi, vous qui me désirez; et rassasiez-vous de mes produits. [...] Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif. ceux qui font mes œuvres ne pécheront pas

Pour Jésus aussi, le pain évoque la Parole divine dont on doit vivre chaque jour - Mt 4,4:« Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu
Au désir du pain mangé dans le royaume eschatologique - Lc 14,15: « L'un des convives lui dit : Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu !» - Jésus répond par la parabole des invités, qui vise d'abord l'acceptation de la Personne et de son message.
En situant le premier récit de la multiplication des pains dans un contexte d'enseignement - Mc 6,30;34: « Les apôtres se réunissent auprès de Jésus, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. [...] En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement », Marc semble suggérer que ces pains symbolisent en même temps la Parole de Jésus et son corps livré.

Selon saint Jean (voir  la présentation de Jn 6,1-69 à cette page), Jésus révèle le sens de ce miracle en affirmant qu'il est le pain véritable - Jn 6,32 sqq: « En vérité, en vérité, je vous le dis, [...] c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;  [...] Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim. »
Il se présente d'abord comme la Parole à laquelle il faut croire - Jn 6,35-47: « [...] Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. [...] Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi. [...] En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle .»
Parce que cette Parole incarnée s'offre en sacrifice, l'adhésion de foi comportera nécessairement la communion à ce sacrifice dans le rite eucharistique - Jn 6,48-58:
« [...] Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. [...] En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.[...] Voici le pain descendu du ciel ; [...] qui mange ce pain vivra à jamais .»

Aliment nécessaire et don de Dieu dans sa matérialité même, le pain demandé chaque jour par le fidèle à son Père peut signifier - avec le développement de la foi - la Parole divine et la personne même du Sauveur immolé, qui est le vrai pain du ciel, le pain de Vie, vivant et vivifiant.

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(Voir aussi la présentation des messes des 17ème à 21ème dimanches du temps ordinaire des années B à cette page ainsi qu'un enseignement sur "Les pains multipliés" à cette page)

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