Les Jeûnes
1. Jeûnes privés
On
appelle "jeûne privé" un jeûne qui ne concerne qu'un individu, ou un
groupe d'individus, qui à titre personnel décide de jeûner pour une
raison religieuse.
On classe dans cette catégorie:
- le jeûne des mariés, le jour du mariage du matin jusqu'à la cérémonie;
- le jeûne la veille du Nouveau Mois (Roch
Hodech), le lundi et jeudi en général, ou le lundi et jeudi situés dans
les semaines où est lue la paracha Chémot jusqu'à Michpatim (chovavim), les jours entre Roch Hachana et la veille de Kippour; - pour
un grand maître décédé, lorsqu'on fait tomber un
2. Jeûnes communautaires
- Mois de Tichri:
- Mois de Tevèt: Jeûne du 10 (voir ci-dessous)
- Mois Tamouz: Jeûne du 17
3. Pratique du jeûne
- Règle générale: les adultes en bonne santé – à partir de l’âge de bar et bat mitsva –
s’abstiennent de manger et de boire depuis l’aube jusqu’à la tombée de
la nuit.
- Les femmes enceintes et qui allaitent ne jeûnent pas.
Un malade doit
consulter un rabbin.
Cependant, ceux qui sont dispensés de jeûne, comme les malades
et les enfants, ne devraient pas consommer de douceurs en ce jour.
- Il est permis de se lever avant le début du jeûne pour manger quelque
chose, à condition d’avoir eu l’intention de le faire avant d’aller
dormir (voir plus bas, les dinim).
- Mais s’abstenir de manger et de boire est l’aspect superficiel d’un jour de
jeûne.
À un degré plus profond, un jour de jeûne est un jour propice, un
jour où l’Éternel est accessible, attendant le repentir.
4. Jeûne du 10 de Tevèt
(Cette année
5772/2012: le 5 janvier)
Historique:
Le
10 tévet en -587, le roi de Babylone commença le siège de Jérusalem; ce
siège s'acheva par la destruction du Temple et de la ville le 9 av -586.
Sens du jeûne:
Le jeûne du 10 Tevèt est lié au traumatisme de la destruction (hourban)
des deux Temples et de Jérusalem. Le choc fut terrible, non seulement à
cause des nombreuses victimes (Flavius Josèphe évalue à près d'un
million, le nombre de Judéens massacrés par les légions de Titus), mais
parce que cette catastrophe, et l'exil qui en découla, sapèrent toute
la vision du messianisme biblique que l'on avait reçue depuis Abraham.
En effet, le message spirituel d'Israël devait obligatoirement émaner
du peuple ayant reçu la Torah à partir de la terre des promesses.
L'exil
de 70 obligea le judaïsme à se reconstituer en une foi ardente sans
terre. La conquête du Livre remplaça la conquête de l'espace, et le
juif devenait «Bâtisseur du temps». Cependant, en orientant ses
synagogues vers son pays ancestral, en jeûnant le 3 tichri, le 10
tévet, le 17 tamouz et le 9 av et aux trois autres dates, Israël
affirmait - dans le drame de sa diaspora - son unité religieuse et
nationale. L'on peut comprendre pourquoi paradoxalement le 9 av est
appelé moed, jour de fête, « rendez -vous »… avec sa propre identité.
Rites, prières:
Au cours de la prière du matin, on récite les prières spéciales de seli’hotrelatives à ce jour.
Le “Avinou Malkeinoulong” est récité lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi.
La Torah est lue lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi.
La lecture – qui est la même pour ces deux offices – est Ex 31,11-14
et 34,1-10, et évoque comment, après l’incident du Veau d’Or, Moïse a
intercédé auprès de YHWH-l’Éternel en faveur des Israélites, jusqu’à obtenir Son
pardon pour eux.
Dans le rite ‘hassidique et le rite ashkénaze, après la
lecture de l’après-midi, la Haftarah des jours de jeûne est lue (Is
55,6 - 58,8).
D’après le calendrier juif, le 10 Tévet ne peut pas tomber un Shabbat.
Il peut toutefois tomber un vendredi et, lorsque tel est le cas, on
jeûne en ce jour jusqu’au kiddouche du Shabbat.
Dinim - Lois pratiques:
1
- Chaque membre majeur de la communauté devra jeûner le 3 tichri, le 10
tévet, le 17 tamouz et le 9 av et il est interdit de briser la barrière
de la Tradition.
(Maran 650, 1)
2
- Le jeûne commence au lever du jour jusqu'à l'apparition des étoiles.
Durant ce jeûne, il est permis de se laver, de se parfumer, de porter
des chaussures de cuir et de pratiquer l'intimité conjugale.
(Maran ibid. 2)
3
- Une femme enceinte ou qui allaite est dispensée de ce jeûne, elle
mangera cependant pour sa santé et celle de l'enfant et non par plaisir
(elle ne consommera pas des mets d'agrément comme des glaces, des
gâteaux, etc.). De même, une femme dans les 30 jours qui suivent la
naissance de son enfant est dispensée du jeûne.
(Maran 654, 5 et 6)
4
- Un malade est dispensé du jeûne, même si sa vie n'est pas en danger.
Il mangera cependant avec discrétion, et uniquement ce qui est
nécessaire pour sa santé et pas de mets d'agrément.
(Maran ibid. Michna béroura 11, Kaf hahaïm 33)
5 - Des jeunes mariés dans la semaine de leur mariage doivent jeûner, ainsi que le père le jour de la circoncision de son fils, le mohel et le porteur du bébé (sandak); le kiddouch sera alors bu par un enfant mineur.
(Resp. Yabia omer V, 40)
6 - A priori, on
ne se lavera pas la bouche et on ne se brossera pas les dents, sauf si
l'on ne supporte pas cette situation, auquel cas on fera attention de
ne pas avaler d'eau.
(Michna béroura 11, Kaf hahaïm 14, Kol Sinaï 9. Resp. Minhat Yitsak V,109).
7 - Il est licite de fumer, si on ne peut se passer de la cigarette, mais interdit de mâcher un chewing-gum
(Kol Sinaï 12, Resp Yaskil avdi VIII, 20. Resp. Yéhavé daat V,39).
8
- Afin de pouvoir manger au petit matin, il est souhaitable d'en poser
expressément la condition avant de dormir : « Si je me lève avant le
lever du soleil, je mangerai », car sinon le sommeil est considéré
comme début du jeûne.
(Maran 664, 1 et Rama)
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