Messe de la
Vigile de la Pentecôte
(Années ABC)
Introduction historique
De la longue Vigile de Pentecôte, comparable à celle de Pâques, la réforme
promulguée par Pie XII le 27 novembre 1955 avait gardé seulement la messe.
Le Missel Romain promulgué par Paul VI le 3 avril 1969 en donne un
formulaire enrichi.
Cependant, dans la plupart des paroisses on célèbre, comme d’habitude,
la messe du lendemain.
Il vaut pourtant la
peine de lire et de méditer tous les textes proposés pour cette Eucharistie
de la veille de Pentecôte.
Introduction théologique
Quatre pages de l’Ancien Testament pour la Première Lecture.
Chacune d’elle rappelle une étape
mémorable de l’Histoire du Salut dont le rapprochement avec l’événement
survenu « le cinquantième jour après la Pâque » (voir les pages sur
la Pâque et la Pentecôte juives) s’avère singulièrement suggestif.
• Lorsqu’ils rêvent de construire le monde et leur avenir sans Dieu, les hommes
vont à l’échec : c’est Babel (Gn 11,1-9). L’Esprit a été donné pour
permettre au monde de retrouver, grâce à la communion avec Dieu, l’unité
perdue, et aux hommes de la terre entière la possibilité de dialoguer et de se
comprendre au-delà de leurs différences de langues, de cultures, etc.
• La manifestation de Dieu sur le Sinaï et la promulgation de la Loi sont rapportées
en des termes et selon un « scénario » traditionnels, repris dans le
récit de la Pentecôte chrétienne.
• Avec des prophètes tels Ézéchiel et Joël l’annonce de l’effusion de l’Esprit
se précise. Par lui, le Dieu vivant remet debout des ossements desséchés,
dispersés, sans espoir de vie, sur la surface de la terre et dans les tombeaux
(Ez37,1-14). A ceux qui invoquent le Nom du Seigneur, il permet d’attendre
avec assurance le jour du jugement (Jl3,1-5a).
Ensemble, ces quatre pages révèlent comment, dans sa nouveauté, l’irruption de l’Esprit, le jour de la
Pentecôte, s’inscrit de manière décisive
dans la dynamique du Plan de Dieu : lorsque les temps furent
accomplis, il a envoyé dans le monde son Fils, mort et ressuscité pour le salut
de tous les hommes.
Maintenant, par le Christ
retourné dans la gloire du Père, l’Esprit poursuit son œuvre partout, jusqu’à
la fin des temps :
Deuxième Lecture et Evangile.
• Fleuve intarissable d’eau vive et vivifiante qui jaillit au cœur du
croyant (l’Esprit est gage d’adoption divine au jour, attendu avec
confiance, de la naissance au monde nouveau. Evangile : Jn 7,37-39),
• Cet enfantement se poursuit chaque jour dans les douleurs de la création
entière (Deuxième lecture : Rm 8,22-27).
Les Textes
• Première Lecture :
• Gn 11,1-9
Le récit de Babel * conclut – dans le même genre littéraire imagé – la
réflexion sur les origines de l’humanité, sur le péché et sur ses conséquences. Les hommes ne peuvent construire leur unité en-dehors de leur Créateur.
C’est Dieu qui les rassemblera tous, sans distinction de langues, races,
cultures – non dans une construction humaine, mais par son Esprit qui fera leur
unité dans la diversité.
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* Sur Babel = בבל , hébreu (de l’akkadien : Bab-Ilu = « porte du dieu »)
pour Babylone (du grec βαβυλων) ; ville,
pays et peuple de Basse-Mésopotamie (sud de l’Iraq actuel).
Aux débuts de l’Histoire,
Babel est la grande ville qui veut détrôner Dieu.
Le premier texte biblique qui
la mentionne est Gn 10,10 ; c’est l’une des capitales de l’empire
du héros mésopotamien Nemrod. Ici, en Gn 11,2-9, il est fait allusion à
ses fameuses ziggourats (temples-tours à étages) – surtout à celle du grand temple
de la ville.
Le texte hébreu rattache artificiellement son nom au verbeבלל, « brouiller »,
« confondre » - la confusion des langues étant regardée comme le châtiment
de l’idolâtrie et de la prétention des hommes à assurer l’unité de l’humanité
par un impérialisme politico-religieux dont Babylone aurait servi d’exemple :
- Gn 11,9 :
על־כן קרא שמה בבל כי־שם בלל יהוה שפת
כל־הארץ ומשם הפיצם יהוה על־פני כל־הארץ׃
Littéralement : על־כן – c’est pourquoi ; קרא – on appela ;
שמה – son nom ; בבל – Babel – כי – parce que ; שם – là ;
בלל – brouilla ; יהוה – l’Eternel ; שפת – la lèvre de ; כל – toute ;
הארץ – la terre.
« C'est pourquoi son nom fut appelé Babel (confusion); car l'Éternel y
confondit le langage de toute la terre, et de là l'Éternel les dispersa sur
toute la face de la terre. »
Remarque – LXX traduit le début de ce verset :
δια τουτο εκληθη το
ονομα αυτης συγχυσις – Littéralement : δια – à cause de ; τουτο –
cela ; εκληθη – fut appelé ; το ονομα – le nom ; αυτης – de celle-ci ;
συγχυσις – "confusion"
sans mentionner de nom propre géographique, Babel ou Babylone :
1- les Juifs de langue grecque, plus portés sur l’abstraction, ne font plus mention
de la ville sacrilège des hébraïsants, mais restent dans la légende plus que dans le
mythe biblique (mythe = légende rattachée à un/des élément(s) concrets(s) qu’elle veut
expliquer) ;
2- d’autre part, même si les rabbins auteurs de la traduction
connaissaient la fausse étymologie du nom hébraïque de la ville, ils ne s’en « encombrent »
pas, puisque la grande majorité de leurs lecteurs ne la comprendrait plus.
- Is 13,19 :
והיתה בבל צבי ממלכות תפארת גאון כשדים
כמהפכת אלהים את־סדם ואת־עמרה׃
Littéralement : והיתה – et sera ; בבל – Babylone ; צבי – l’ornement
de ; ממלכות – les royaumes ; תפארת – la beauté de ; גאון – l’orgueil
de ; כשדים – les Chaldéens ; כמהפכת – comme le renversement par ;
אלהים – Dieu ; את־סדם – de Sodome ; ואת־עמרה – et Gomorrhe.
« Et Babylone, l'ornement des
empires, la parure et l'orgueil des Chaldéens, sera comme Sodome et Gomorrhe,
que Dieu détruisit. »
Remarque – Ici, et dans les passages suivants, LXX traduit bien בבל par βαβυλων,
puisqu’il s’agit de prophéties concernant la ville et la civilisation babyloniennes, persécutrices du peuple juif - et non plus d'un mythe.
- Is 14,4 :
ונשאת המשל הזה על־מלך בבל ואמרת איך שבת
נגש שבתה מדהבה׃
Littéralement : ונשאת –
et tu élèveras ; המשל – la fable ; הזה – celle-ci ;
על – contre ; מלך – le roi de ; בבל – Babylone ; ואמרת – et tu
diras : איך – comment ?; שבת – a cessé ; נגש – un qui opprime ;
שבתה – a cessé ; מדהבה – la tyrannie.
« Tu commenceras ce chant sur le
roi de Babylone, et tu diras: Comment a fini le tyran, comment a fini
l'oppression? »
- Jr 51,41 :
איך נלכדה ששך ותתפש תהלת כל־הארץ איך
היתה לשמה בבל בגוים׃
Littéralement : איך – comment ? ; נלכדה – est investie ;
ששך – Shéshak ; ותתפש – et a été occupée ; תהלת – la célébrité de ;
כל – toute ; הארץ – la terre ; איך – comment ?; היתה – est devenue ;
לשמה – une désolation ; בבל – Babylone ; בגוים – parmi les nations.
« Comment Shéshac a-t-elle été prise? Comment a-t-elle été saisie,
celle que louait toute la terre? Comment Babylone est-elle réduite en
désolation parmi les peuples? »
Remarque – « La vierge, fille de Babel », « la fille des
Chaldéens », « le superbe joyau des chaldéens », « Shéshak »
sont les noms donnés à Babylone par les prophètes lorsqu’ils annoncent sa
chute, comme punition de Dieu vengeant son peuple opprimé.
- Jr 51,53 :
כי־תעלה בבל השמים וכי תבצר מרום עזה
מאתי יבאו שדדים לה נאם־יהוה׃
Littéralement : כי – quand ; תעלה – monterait ; בבל –
Babylone ; השמים – aux cieux ; וכי – et quand ; תבצר – elle rendrait
inaccessible ; מרום – l’élévation de ; עזה – sa force ; מאתי –
de ma part ; יבאו – viendraient ; שדדים – des dévastateurs ; לה –
contre elle ; נאם – déclaration de ; יהוה – l’Eternel.
« Quand Babylone s'élèverait
jusqu'aux cieux, et quand elle rendrait inaccessible sa forteresse, les
dévastateurs y entreront de par moi, dit l'Éternel. »
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Ou bien:
• Ex 19,3-8a;16-20b
Coups de tonnerre, nuée, bruit de « trompette puissante »
(en fait, de shofar*): autant de signes annonciateurs des manifestations du
Dieu Tout-Puissant.
Étonnement des témoins qui se
rassemblent mais se tiennent à une distance respectueuse.
Tel est, dans la Bible, le cadre traditionnel et quasi liturgique des
théophanies**.
Celle-ci remet en mémoire ce que Dieu a fait dans le passé ;
elle est promesse et gage de
bienfaits encore plus grands.
Mais l’attention doit porter sur la
Parole, l’ordre confié au messager choisi par Dieu pour les transmettre au peuple, exhorté à l’obéissance, et à la
conversion.
Tous ces traits invitent le chrétien à
faire le rapprochement entre la théophanie du Sinaï, qui eut lieu « le
troisième mois qui suivit la sortie d’Egypte » et celle qui eut lieu « lecinquantième jour après la Pâque » (Ac
2,1-11)***
Remarques –

*
Le shofar est une corne de bélier utilisée comme trompe. Cet
instrument possède une
symbolique très riche, puisque la tradition en fait
remonter l’usage au « non-sacrifice » d’Isaac. Lorsque Abraham « monta »
pour sacrifier son fils conformément à l’ordre divin, un ange intervint au
dernier moment pour arrêter sa main, et désigna un bélier qui serait sacrifié à
la place du jeune garçon. Ce geste marque une véritable révolution dans les
mentalités : désormais, il ne sera plus jamais fait de sacrifices humains
au sein du peuple de Dieu. En souvenir de cet animal qui sauva la vie d’Isaac,
et qui symbolise un moment si important dans l’histoire humaine, on sonne
symboliquement le shofar, la corne de bélier. (Voir les pages sur
Roch HaChana et
Kippour, et celle sur le
shofar).
** Théophanie :
manifestation de Dieu (du grec : θεος Dieu ; φανειν – (se) montrer) ;
je prépare un article sur les différents types de théophanies dans la TaNaCh (Premier
Testament).
*** Voir ci-dessous, en fin de page, le texte de Saint Bruno de Segni.
- Note sur leverset 5 –
Remarquer la binarité constituée par l’ « infinitif absolu », encore dit « accusatif
d’objet interne » par analogie avec les langues à déclinaison comme le
grec et le latin :אם־שמוע תשמעו – Littéralement : « si
écouter tu écoutes », pour dire « si tu écoutes bien ». L’infinitif
sert de complément d’objet direct au verbe ; ce complément d'objet direct (« accusatif ») est construit sur la même racine que le verbe
(« objet interne »).
Ou bien:
• Ez 37,1-14
Semblables à des ossements desséchés enfermés
dans des tombeaux ou disséminés dans une plaine : tel est le peuple où la
mort a fait son œuvre.
Et voici que le souffle créateur du
Dieu vivant va, contre toute espérance, lui redonner vie et le rassembler comme
« une armée immense »:
ותבוא בהם הרוח ויחיו ויעמדו על־רגליהם חיל גדול מאד־מאד׃
Le souffle vient en eux, et ils vivent.
Ils se dressent sur leurs pieds, une armée fort, fort grande ! (trad. Chouraqui)
Littéralement: ותבוא et vint; בהם en eux; הרוח le souffle; ויחיו et ils furent vivants; ויעמדו et ils se tinrent; על sur; רגליהם leurs pieds; חיל une armée; גדול grande; מאד beaucoup; מאד beaucoup.
Cette grandiose vision du prophète
adressée, au VIème siècle av. J.-C., aux déportés de Babylone, à rapprocher de
celle du « voyant de Patmos », saint Jean, dans Ap 7, donne la
mesure de ce qu’a fait l’Esprit du Seigneur en rassemblant « la foule
immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et
langues ».
Ou bien:
• Jl* 3,1-5a
ומי
יתן כל־עם יהוה נביאים כי־יתן יהוה את־רוחו עליהם׃
Littéralement : ומי – et qui ?; יתן – donnera ; כל – tout ;
עם – le peuple de ; יהוה – YHWH l’Eternel ; נביאים – des prophètes ; כי – et que ;
יתן – donne ; יהוה – YHWH l'Eternel ; את־רוחו – son souffle ; עליה
– sur eux.
« Plût à Dieu de tout, que le
peuple de l'Éternel fût prophète, et que l'Éternel mît son esprit sur eux! »
(Nb 11,29)
Ce souhait de Moïse va se réaliser
au-delà de ce qu’il pouvait espérer. L’Esprit sera répandu à profusion et sans discrimination.
Alors commenceront les derniers temps, au terme desquels le jugement sera jour de
délivrance pour ceux qui auront invoqué le Nom du Seigneur.
* Sur Joël (très peu lu
liturgiquement : moins de 5 versets éventuellement lus aujourd’hui – et 6 lors de la messe du Mercredi des Cendres :
Jl2,12-18!) : l’un des douze « petits prophètes » dont la date est
contestée – vraisemblablement après l’Exil.
A l’occasion d’une redoutable invasion de sauterelles, il appelle le peuple
à la prière et à la pénitence, et annonce
l’arrivée des temps derniers, caractérisés par la venue de l’Esprit sur tous les
membres du peuple de Dieu.
Ce texte est repris par Pierre à la Pentecôte (Ac
2,17-21).
• Psaume :
• Ps 103 (numérotation
hébraïque et liturgique ; LXX : 102), versets 1-2a ;1a ;24 ;27-28 ;29b-30
– antienne tirée de 30b
Prière et action de grâce pour le don
de l’Esprit, sagesse, souffle de vie, puissance de renouveau.
(Note sur le verset 1, cliquer ici)
• Deuxième Lecture :
• Rm 8,22-27
Les chrétiens vivent dans un état de
tension : sauvés, mais en espérance seulement ; promis à la
délivrance des entraves de leur condition mortelle, mais encore dans un monde
marqué par le péché.
C’est d’un véritable enfantement qu’il s’agit : douloureux, certes, mais dont l’heureuse
issue ne fait aucun doute.
• Evangile :
• Jn 7,37-39
Une des paroles de Jésus dont le sens
a été perçu après coup :
Unique
source de vie, il donne à ceux qui croient en lui d’y puiser à satiété, ainsi qu’il l’annonçait à la Samaritaine
venue chercher de l’eau au puits de Jacob (Jn 4,14).
On peut aussi penser au cœur du Christ transpercé sur la Croix,
d’où s’écoulent du sang et de l’eau (voir « Jean », à la page « Le
cœur dans la Bible 4 » - et les versets ci-dessous) – ce qui selon saint Jean - était annoncé dans
le Premier Testament ;
- annonçait l’effusion
de l’Esprit.
Pour prolonger la
méditation
- Du
Premier Testament :

« Le Seigneur dit à Moïse : Tu frapperas le rocher, il en sortira
de l’eau, et le peuple boira » (
Ex 17,6)
« Ivres de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut » (Is
12,3)
« Il ouvre le rocher, l’eau jaillit, un fleuve coule au désert » (Ps104,4)
« L’homme qui me guidait me fit sortir par la porte du nord et me fit
faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui regarde vers l’orient, et
là encore l’eau coulait sur le côté » (Ez 47,2)
« Il arrivera, dans ces jours-là, que des eaux vives sortiront de Jérusalem,
moitié vers la mer orientale, moitié vers la mer occidentale ; il y en
aura été comme hiver » (Za 14,8)
- Du
Nouveau Testament :
« Le Temple dont il parlait, c’était son corps » (Jn 2,21)
« Si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui lui aurais demandé, et il
t’aurait donné de l’eau vive » (Jn 4,10)
« Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt il
en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19,34)
« Tous, ils ont bu à la même source, qui était spirituelle ; car
ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher c’était le Christ »
(1Co 10,4)
L'Église connaît deux vies louées et recommandées par Dieu. L'une
est dans la foi, l'autre dans la vision ; l'une dans le pèlerinage du
temps, l'autre dans la demeure de l'éternité ; l'une dans le labeur,
l'autre dans le repos ; l'une sur le chemin, l'autre dans la patrie ;
l'une dans l'effort de l'action, l'autre dans la récompense de la
contemplation...
La première est symbolisée par l'apôtre Pierre, la
seconde par Jean...
Et ce n'est pas eux seuls, mais toute l'Église,
l'Épouse du Christ, qui réalise cela, elle qui doit être délivrée des
épreuves d'ici-bas et demeurer dans la béatitude éternelle.
Pierre et Jean ont symbolisé chacun l'une de ces deux vies. Mais
tous deux ont passé ensemble la première, dans le temps, par la foi ;
et ensemble ils jouiront de la seconde, dans l'éternité, par la vision.
C'est donc pour tous les saints unis inséparablement au corps du
Christ, et afin de les piloter au milieu des tempêtes de cette vie, que
Pierre, le premier des apôtres, a reçu les clefs du Royaume des cieux
avec le pouvoir de retenir et d'absoudre les péchés (Mt 16,19).
C'est
aussi pour tous les saints, et afin de leur donner accès à la
profondeur paisible de sa vie la plus intime, que le Christ a laissé
Jean reposer sur sa poitrine (Jn 13,23;25).
Car le pouvoir de retenir
et d'absoudre les péchés n'appartient pas à Pierre seul, mais à toute
l'Église ; et Jean n'est pas seul à boire à la source de la poitrine du
Seigneur, le Verbe qui depuis le commencement est Dieu auprès de Dieu
(Jn 7,38), [...] mais le Seigneur lui-même verse son Évangile à tous
les hommes du monde entier pour que chacun le boive selon sa capacité.